27.10.2009

Trilogie

≠1. Le chat regarde la TV
Bébé noyé sorti d'une baignoire.

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25.10.2009

Pause avant

Peut-être même que tu as eu faim en voyant que tu avais oublié de changer l'heure de l'horloge de la cuisine. Etait-ce frustrant, désopilant ou peut-être poilant comme le poivre moulu renversé sur la nappe. Et oui mon beau va falloir attendre. Tu vois tout vient comme ça doit venir, ni plus, ni moins. Surtout pas moins ça voudrait dire que tu ne tentes pas le coup.

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≠6. Sommeil brun

D'ordinaire, je pensais avant de m'endormir à tout ce qui avait été défait d'avance, aux échecs, aux chances que j'avais peut-être pu laisser passer. D'ordinaire, je pensais aussi que ce n'était finalement pas une bonne idée de délaisser mes études pour la quatrième année de suite, question de persévérance. Peut-être que j'avais bel et bien foiré quelque chose par le passé, quelque chose de déterminant et d'irréversible à tout jamais. Je songeais aux bons moments que ne seraient peut-être plus les mêmes, aux bouteilles avalées qui auraient dû être les dernières. Des fois, je pensais à Bukowski qui écrivait le ventre vide, et me disais aussitôt que j'avais dû louper le coche.

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24.10.2009

D'autres lectures ≠1: Vladimir Maïakovski


podcast


Vladimir Maïakovski (La guerre et l'univers, Prologue)


Ça va pour vous.
La honte n'atteint pas les morts.
Eteins
ta haine des assassins en allées.
La plus pure de toutes les humeurs
a effacé le péché de l'âme exhalée.

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22.10.2009

De circonstances

J'ai des cadenas dans le crâne
Et les chats ne dorment plus sur leurs gardes.

20.10.2009

Comme en 40

Il y en a qui se demande ce que peuvent bien foutre tous ces Allemands à Metz. D'autant qu'ils doivent être déçus: pas le droit de fumer dans les bars, pas grand chose à voir, prix excessifs en comparaison aux leurs. Chut, il y en a même qui chuchotent qu'ils viennent pour voler nos femmes et nos emplois. Ça ferait une vieille rengaine, mais certains écoutent. Enfin je n'en sais rien, je n'y suis pas, mais il est facile d'imaginer la scène.

"Regarde l'autre avec ses cheveux blonds et sa langue de merde. Ça leurs a pas suffit les branlées qu'on leurs a collées dans les tranchées?"

Son pote lui dit de se calmer mais il est déjà trop ivre pour entendre raison. Alors il se lève de son tabouret, trébuche et le renverse en tentant de s'y raccrocher. Il se dirige vers la table où une famille de trois sirote deux bières et un Coca.

"Eh, enfoirés de nazis, on aime pas les gens dans votre genre par ici. Vous croyez quoi, que Metz est encore annexée?!"

Personne ne fait attention à lui, on a l'habitude de le voir se mettre dans cet état. Le père de famille repose son verre et attend la suite.

"Alors enculé, toi et ta grosse Bertha on croit qu'on va nous envahir?"

Le mec reste impassible, comme s'il ne faisait rien d'autre que regarder le journal télévisé.

"Quoi, tu comprends pas ce que je te dis?"

L'autre continue de le regarder. Alain se dirige vers la petite et jette une pièce de deux Euros. Il marmonne en se frottant l'entre-jambe et montre du doigt la femme qui s'apprête à se lever.

La suite, je l'ignore, je n'y étais pas.

19.10.2009

≠5. Du temps à la route

C'est simple, je revenais du centre-ville, vite dépassé par la fatigue et le temps qui ne souhaite pas s'arrêter une seule seconde. Les gens klaxonnaient et auraient été prêts à s'entre-tuer si cela ne comportait aucun risque pénal. La semaine débutait à peine, et la plupart avait déjà les boules de revenir sans cesse du même boulot emmerdant, de se retrouver bloquer dans un embouteillage, tout ça pour retrouver leur femme et ses plaintes quotidiennes. Peut-être qu'aujourd'hui, après la chaudière et la machine à laver, ce serait la cafetière qui ne fonctionnerait plus. Ou bien la télévision, ce qui serait bien dommage puisqu'il n'y aurait ainsi pas de sujet de discussion possible jusqu'à l'heure du coucher.

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Nonchalante télévision

Il n'y a pas une dizaine de meubles dans la pièce. Un matelas au sol, à trois mètres d'une télévision taille réduite. Entre les deux se dresse une table basse comme un mur. Dessus, on peut voir deux tasses de café encore fumantes, une boîte de capotes dont le contenu s'est déversé au sol dans la précipitation, un cendrier qui ne demande qu'à être vidé. Silence, la télévision parle:

"Faites une analyse, on a retrouvé du sperme sur les meubles."

Mises à part les voitures qui traversent en trombe la rue, aucune bruit ne vient ajouter une note fatidique à cette déclaration. Dans la salle de bain, le chat gratte sa litière avec fureur.

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18.10.2009

Loterie gagnante

Il ne vaut mieux pas que tu meures
Ou il faudra tout recommencer
Depuis le début.

Chats de gouttières
Et papillons automatiques

Il n'y a pas meilleur abri que nous.

≠4. Voix de rédemption

Je rajoute de l'eau dans le café trop chaud sans apercevoir un seul chat. Je lui dis "Si, je suis alcoolique, il y a encore deux semaines, je me tapais quatre ou cinq verres de whisky tous les soirs." J'allume une clope, bois une gorgée de café. Depuis plusieurs jours, je tourne au café et à l'écriture, et je prends mon pied comme jamais.
Cette légèreté nouvelle est considérable. Le jour ne signifie plus seulement la longue attente du premier verre. Bien sûr, par certains moments, j'aurai tué pour un verre de whisky, glacé juste comme il faut, ou ne serait-ce qu'une gorgée, qui vous tapisse le gosier de feu et vous fait se convulser les méninges. Moins d'angoisse auto-proclamée, et surtout, plus de cette culpabilité du "demain, je m'y mets".
"Et les cours?" Je n'y suis pas allé depuis deux semaines, je règle d'abord mon alcoolisme, je me remets en forme, intellectuellement parlant. Et puis, j'essaie de pondre un roman pour un prix littéraire. Peu importe le résultat, parvenir à torcher ça avant l'échéance serait déjà pas mal.

"De toutes manières, ça restera ma priorité. J'ai pas envie de trop me prendre la tête sur des questions d'études et d'avenir professionnelle. Ça roulera comme ça devra rouler. A la limite, je jetterai l'éponge quand au moins cinq personnes me diront que ce que je fais c'est de la merde, et que je ferai mieux d'arrêter. C'est partout la même chose, il faut s'accrocher, persévérer, ne pas lâcher le morceau. Et surtout, ne pas être trop sûr de soi. A partir du moment où tu es trop prétentieux, tu es fini d'avance."

Systématiquement, procéder étapes par étapes. Qu'une seule personne y croit ou non n'a pas d'importance. Philippe, vous aviez raison, je n'écris que pour moi seul. La plume et le ciseau, exactement!

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