14.05.2012
Les chasseurs
Feux de poubelles
En bas de la Terre
Nous avons imaginé
Peut-être même
Cru
Qu'il y avait une sortie
Un espèce de passe-droit.
[Dans l'alcool et les médicaments
Tout était plus supportable
L'ennui les gens la douleur
Et surtout moi-même]
Combats de chats organisés
Sous les lampadaires:
Le gagnant sera
Celui
Qui restera
Dans l'ombre.
Gomme le passé par le feu
Il y aura certainement
Ou au moulins l'illusion
Un élan nouveau:
Une fille
Un appartement
La voie ensoleillée.
Ou du napalm sur les rues
Et je me battrai
Seul
Avec les chats.
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09.05.2012
Jackpot
Pile
Dans les bus la ruelle automatique s'évapore jusqu'à l'épuisement des sens. Nous n'avions plus rien pour nous plaindre, plus rien pour espérer et il suffisait d'automatiser nos gestes et notre amour pour que les étoiles s'enlacent sans même y penser. Clarifier les pierres lancées à la tête du coupable alors que la guillotine s'entendait bien et mordait le coup de toutes ces femmes bienveillantes.
Les mères ont franchi les obstacles de la fin jusqu'au renouvellement de leur descendance. Je promets de ne plus me taire, d'agir sans foi ni toi puisque tu n'es plus là puisque je suis seul et ordinaire, malheureux et triste, enthousiaste et prêt à agir pour une cause qui ne serait jamais la mienne. Tout ça n'a pas de sens et quand bien même j'aurai oublié de placer une majuscule ce ne serait rien qui ne se rattrape derrière un point.
Le jour est ponctué de virgules, épisodes convulsifs d'angoisse et de douleur jusqu'au moment où tout s'efface et ne reste que la sentence du lendemain toujours impitoyablement présent, certain et sans aucune logistique de sérénité.
Face
Malgré tout il y avait largement de quoi entendre le chant des sirènes derrière les murs de plomb. Dans la souffrance nous avons malgré nous oublié qu'il y avait de la lumière au fond de chaque puits et l'architecture de notre être se base sur le coeur et l'instinct que nourrissent l'amour et l'argent. L'un des deux a été oublié durant le tirage au sort. Dis-moi: est-ce qu'on aurait vraiment pu s'entendre un jour ou tu n'y croyais pas toi-même?
J'ai l'avant-gout de la liberté sous la langue et ça fond sous la langue comme un anti-vomitif et l'air frais caresse mes bras alors que mes doigts n'ont qu'un clavier à caresser et lavent la tête de toutes les pensées qui parasitent l'élan. Je vois et j'imagine l'intégralité des scènes de bienséance.
Plus rien à décider tout à reprendre enfin jusqu'aux prières d'orgasmes. Je ne me suis jamais trop perdu dans les rues d'ivresse, à errer entre la mort et le vide. Les expériences constructives nous ont lassé et maintenant il ne reste que des obstacles à enrayer pour notre propre accomplissement.
J'ai laissé le passe-temps du futur derrière moi et j'admets que les arbres n'ont jamais été aussi paisibles et le héron de la Moselle n'a jamais eu si fière allure. Seuls les chemins qui se tracent prennent de l'importance et toutes les montagnes se creusent patiemment ou se contournent. Même Dieu n'a pas pu calculer son itinéraire, je suppose.
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03.05.2012
Nitrate
Quelque chose avait du céder pendant la nuit. Je me suis réveillé en milieu de matinée. Le soleil était là, et je n'avais pas mal. Même mieux, je n'étais pas angoissé. Avec tout ce que j'avais fumé la veille au soir, ce n'était pas vraiment étonnant mais, c'était le prix à payer, si je peux me permettre. Le premier café du mâtiné était savoureux et mes doigts enlaçaient délicatement ma cigarette. C'est à ce moment que je me suis rappelé ces mots: "J'arrêterai de me battre contre moi-même."
Ne plus éponger le passé et paniquer en cherchant un sens dans l'avenir ne valait vraiment plus le coup. Depuis un an je me battais, avec quelques belles défaites et aucune victoire flagrante. J'étais maintenant capable de m'en tenir à un seul verre si je le décidais et même, il pouvait s'écouler des semaines sans que je ne touche ne serait-ce qu'une bière. Bien sûr, lorsque j'en avais envie, je n'hésitais pas. Le travail m'apportait la plupart du temps à la fois une certaine satisfaction mais aussi et surtout une relative dose d'adrénaline.
Milieux d'après-midi, je descends place Saint-Jacques et me dirige vers la pharmacie. Puisque je jouis de toute la liberté possible, autant le faire avec arrogance. En passant devant un bar-restaurant je me demande si les serveuses qui y travaillent ne sont pas embauchées pour leur cul. Aucune importance, il y a du soleil et je passe entre les gens en restant invisible.
Des couples d'étudiants qui rient bêtement à la bibliothèque universitaire. J'essaie de rester concentré sur mes phrases fragiles, qui d'un coup se découpent beaucoup moins bien que ce que j'avais imaginé quelques minutes auparavant. Dès lors que je n'aie plus que des suppositions concernant mes lendemains, il n'y a plus qu'à essayer de s'empiffrer d'instants présents. En regardant la réalité en face. En trompant la solitude, cette impression de marcher dans des sables mouvants sans pouvoir esquisser un seul soupir. Limitant la souffrance et l'inutile émotion subjuguante des sentiments illusoires. Et en trompant la mort.
Tout ça ne pouvait certainement pas être pire que la routine.
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24.04.2012
Chapitre 2 (Tentatives)
Là où j’ai merdé à coup sûr, c’est que je ne savais pas m’exprimer. L’écriture était mon seul réel moyen de communication et, jamais, je n’ai su exprimer ma souffrance par la parole. Pourtant, ce douze Décembre 2011, je n’ai rien laissé: pas une lettre, pas d’extrait d’un roman que j’aurais relu une dizaine de fois, pas même un post-it. J’étais en train de me suicider et en expliquer la raison, ou même tout simplement me mettre à écrire une dernière fois était bien le dernier de mes soucis.
L’après-midi même, lors de la première des deux séances hebdomadaires chez le psychiatre, je n’avais rien évoqué. Non, je ne souffrais pas spécialement plus que d’habitude, je m’ennuyais juste. Et j’étais fatigué, épuisé, crevé. Je ne sais pas si c’est cela qu’on appelle la sensation d’être au bout du rouleau. J’avais peut-être juste perdu mon énergie vitale. Plus de feu sacré et même plus l’attente d’un je-ne-sais-quoi. Je l’admets, j’avais prémédité le fait de passer commande de médicaments. Je n’avais pas pensé à la manière de demander, mais je me suis dit qu’il me suffisait de faire comme d’habitude, en plaçant juste le somnifère en flacon entre les deux autres, qu’il se fasse le moins possible remarquer:
«Bah, ce n’est pas avec ça qu’on se drogue. avait-il plaisanté
-Non. Mais c’est avec ça qu’on dort et, je vous l’ai dis, je suis épuisé.»
En sortant de chez le psychiatre (je ne savais pas encore que c’était là la dernière fois que je le voyais), je me suis allumé une cigarette et ai calé mes écouteurs dans les oreilles. Je remontais tranquillement la rue. Ma jambe me faisait mal mais la prévision du soulagement rendait la douleur presque charmante. Je suis entré dans la pharmacie, ai enlevé mes écouteurs. Béni soit ce jour, il n’y avait qu’une seule personne avant moi. J’ai tendu l’ordonnance au préparateur:
«Je vais vous chercher ça Monsieur.»
Il me donnait du Monsieur et j’avais presque l’impression d’être quelqu’un. Je veux dire: pas un pilier de bistrot ou un héroïnomane prêt à tout pour son fix, moi je me camais avec classe. Oui. Je faisais un chèque de quarante-et-un euros au psychiatre et je tendais ma Carte Vitale à la pharmacie où on me remerciait et me souhaitait une bonne journée en me tendant mon sachet de dope et mon plastique vert.
Devant le bureau de tabac d’à côté il y avait encore une fois les punks et leurs chiens, pour le moment encore tous en à peu près bon état ce début d’après-midi. Je parle bien évidemment des maîtres. celui au teint basané, avec sa casquette et ses yeux noirs qu’on prendrait facilement pour un regard méchant discutait avec un enthousiasme modéré en restant accroupi, les jambes pliées et tout le corps soutenu par la pointe des pieds. Il avait comme toujours dans la main une bouteille d’eau où l’on devinait le doux mélange de la vodka-orange, les deux achetées le moins cher possible au supermarché situé au sous-sol du centre commercial à deux pas.
Je n’ai même pas pensé à lui demander du Skenan 200mg. J’avais déjà de quoi faire et je tenais à ce que les prises de cette merde soient des plus exceptionnelles possibles. J’ai eu envie d’acheter du tabac à mâcher, une boîte rouge, ce que j’ai demandé à la buraliste.
09:47 Publié dans Personne ne parlera à ma place | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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17.04.2012
Boiteries
Visage-douleur
Nous avons su
Nous en accommoder
Pas commun
Mais ainsi
Il n'y a que
Certitude
Avancer à tâtons
Presque en rampant
(Mue de serpent laissée en arrière
Initiales gravées
Sur une bouteille
Au dos d'une boîte
D'anti-douleurs
Je ne suis plus
Lui.)
Mes yeux caressent la poussière des mots
Non-dits silence
Et j'étouffe mes cris
A chaque faux mouvement
Trébucher ou prendra la course
Fuite en avant?
Certainement
Remonte du sous-sol?
Pour sûr
Et après?
13:05 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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15.04.2012
Tranche-pièce
Pas que le mariage
Ait une signification
Mais surtout le papier
Est sacré
Les mots dis
(Comme nous l'avons été)
Ne s'effacent pas
Se succèdent
Mais
Je ne veux plus
De ces allers-retours
Qui n'étaient pas
Ceux du sexe
(En corps le souvenir de ton souffle-désir)
Mais des paroles
Des sentiments jamais vraiment
Exprimés
Tout en terme
De non-lieux.
Où suis-je?
Au bord d'un gouffre
Duquel je recule
Dans un lit une place
Sans mon nom
Assez de déchiffrer
Fausses interprétations
De ma part
Assez d'allers-retours
On n'a pas encore connu l'orgasme.
Je te manque?
Dis-le.
Tu veux être avec moi?
Peut-être
Que je le voudrais aussi
Mais dis-le
Parle
De sentiments
Et non juste
Du fantôme que je suis
Ou du fait
Que je sois
Autre chose
Qu'un putain de masque
Ou que de la poussière.
Je peux même crever
Avant ma mère
Je n'attends pas
Qu'on me ramasse
Sur la route
Mais déjà dit
Juste voir
Quel bout de chemin
A faire ensemble
Je n'ai pas encore trouvé la fin
Maintenant
Et alors quoi?
18:39 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Régulation
Depuis le début du mois
J'enchaîne garantie sur garantie
Sans regarder mes chiffres
L'important est que je m'oublie
Dans les factures
Dans les chiffres
Voir à la seconde près
Lorsque le client cède
Ne pas avoir les mains qui tremblent
En signant les feuilles de régulation
Pour les accessoires que j'offre
Après acceptation du cadre.
Parfois
Même si je ne le
Montre pas
Ce combat est exténuant
Mais c'est là que je prends mon pied
Je signe pour le danger
Rapide détour aux toilettes des employés
Un coup de flotte sur la gueule
Une chique de tabac
Et avaler cette merde de codéine
Tout ça me tuera
Certainement
Un jour.
Les factures peuvent
Se ressembler
Mais chaque vente
Est différente.
Parfois les clients
Me serrent la main d'eux-mêmes
Comme nos baisers d'au-revoir
Avant que je prenne le bus
Ou le train.
[A coup sûr
On a certainement raté un coche
Moi j'ai fouetté les yeux du cheval
Car je savais tes dires vrais
Je puis être une merde de première
Sans rentrer dans les détails
Qu'on connaît déjà
Les closes de garantie
Et le miroir
La fumée d'un cigar
Me disent silencieusement
Que je ne suis pas quelqu'un d'exceptionnel
Même si Célia le pensait
J'ai oublié cette illusion depuis longtemps.]
Le formulaire d'adhésion
Exemplaire au client
On garde le double-carbone
Chacun sa part
Implique le donnant-donnant
Les avantages de la fidélité
Un certain lien
Comme lorsque des clients reviennent me voir
(j'en ai honte
mais parfois
il me faut
un certain temps
pour me souvenir d'eux.)
Reformuler et analyser les besoins
C'est la base
Jouer cartes sur table.
De la même manière
Je sais
Que les Gervais se mangent par deux
Que tu aimerais une longue tresse
Signe d'amour heureux
Si je ne me
Si je ne nous trompons.
Ta manière de régler le volume sonore
Ressemble à la mienne
En te faisant écouter Wumpscut
Je pensais à l'ironie du sort
Oui, c'est elle qui m'avait fait découvrir
Et je me disais que
Dans cette histoire
C'était à mon tour de claquer
Même si j'espérais
Une happy end
Comme on dit.
Ou comme j'espérais certains samedis
Te voir entre les rayons
Te reconnaître
Robe noire talon rouge à lèvres
Pas juste pour mieux profiter
Discrètement
De ta bouche et de tes jambes
Mais pour voir
Quel reflet nous aurions ensemble.
A chaque fois que je signe
Ou que je me mets mon code-vendeur
Je prends la responsabilité
De mes réussites
De mes erreurs.
Avec ce mois d'avril venteux
Je me dis
Qu'il doit être trop tard
Même si tout aurait pu
Être tellement simple
Parce que finalement
Je ne cherche rien de plus
Qu'un doux foyer
Une chouette fille
Et limiter la souffrance.
Les mots en filigrane
Se sont croisés
Non?
16:00 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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12.04.2012
Mektoub
J'avais pris rendez-vous
Juste pour un bout de papier
Et j'attendais dans la salle de retard
Le doc m'a pris entre deux
Histoire de régler ça au plus vite.
J'ai déposé l'ordonnance dans la boîte-à-lettre:
Bien sûr que j'allais
De mieux en mieux
Mes yeux gonflés à cernes d'optique
Et la pâleur du visage
Le disaient aussi.
Je n'attendais plus personne
Et me demandais pourquoi je continuais à écrire?
La semaine dernière j'avais cédé
Et repris mes sales habitudes:
Retour aux quatre boîtes par jour
Et au boulot
Toujours au moins deux plaquettes
Dans la poche interne droite
Du gilet
Entre les mémos-vendeur
Et les cartes de visite
De bons clients.
Mektoub.
Je n'ai évidemment rien dit au médecin
J'avais entendu assez de sermons dans ma vie
Mais toujours pour mon bien.
Bien sûr?
J'attendais mon acompte et l'acceptation
D'un crédit
Pour prendre au plus vite
Un appartement
(j'avais l'impression que
la souffrance et l'amour de ma mère
m'étouffaient de plus en plus
Occupaient toutes les pièces du foyer
Que je n'avais vraiment
Plus rien à foutre là.)
J'avais peut-être envie de crever
Une nuit sur deux
Comme ça
Sans prévenir
Mais je tenais
Certainement plus que beaucoup
A la vie
Et j'étais trop curieux de voir ce
Qui allait se passer.
Deuxième boîte verte
Je rattrape mon retard de ce matin.
Chaque soir j'épluchais
Les petites annonces de logements
Trouver un endroit au coeur de la ville
Pour la voir s'épanouir
Être à deux minutes du boulot
Avoir enfin un endroit à moi
Il était de toutes manières grand temps.
Et chaque nuit j'écrivais
Entre deux et cinq pages
Qui finissaient
Invariablement
A la corbeille:
Je n'avais plus l'ambition
D'être reconnu dans l'écriture
Attendre mon nouveau contrat
M'allait finalement
Très bien.
Et sans le vouloir
J'écrivais de plus en plus
Et
En même temps
Je donnais raison à tout le monde:
On ne pouvait pas me faire confiance
Je n'étais qu'un camé cruel pervers malsain
Et caetera et caetera.
[L'amour inconditionnel
D'une fille ou d'une mère
Est de la connerie
C'est la spécialité des femmes
De ne pas vouloir votre bien
Mais plutôt de croire
Qu'elles peuvent vous changer
Sous ce prétexte.]
Je n'avais
Fondamentalement
Pas à me plaindre
Mais je souffrais trop
Et ne faisais qu'essayer de me débattre
D'être heureux pour deux
De me donner
De partager
Enfin tout ça
Et ça finissait toujours
De la même manière.
Mektoub.
17:07 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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11.04.2012
Réflexes
On passait le pont des travaux
Et j'ai murmuré
Qu'il devait bien y avoir
Un oasis quelque part.
J'étais rayé de la carte
Une fois que j'avais voulu faire bien
On m'oubliait
Soit j'étais l'alcoolique soit le givré
Je n'avais qu'un seul ennemi
Mon ombre
Mais même elle demandait
De temps en temps
"Comment ça va ?"
D. était aussi triste que moi
J'ai payé les croissants et les cafés
Avec mon dernier ticket-restaurant
En attendant un acompte sur salaire.
On regardait le ciel gris à travers la vitre
Les gens tirer la gueule sans savoir pourquoi
Les femmes persuadées d'être le plus belles
Et celles qui l'étaient vraiment.
Au fond de moi-même je savais bien
Que quelque chose clochait chez moi
D'autant que j'avais toujours voulu
Vivre en accord avec ça
Ou essayer de limiter les dégâts.
J'ai aperçu le soleil entre deux nuages
Me suis dit
Que tout ce que je voulais
C'était un toit, de quoi manger
Une fille qui m'aimerait et écrire
Tout simplement
Juste avoir la paix
Putain ça ne pouvait pas être
Aussi compliqué que ça.
Je n'attendais plus rien
Chaque jour tenté par une nouvelle descente
Ras-le-bol de l'attente
De ne rien comprendre à toute cette merde.
J'ai répété
"Il doit bien y avoir un oasis quelque part."
18:21 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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07.04.2012
Les nouveaux maîtres (essai d'improvisation)
22:30 Publié dans Vocalismes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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04.04.2012
Mon ami de demain (extrait)
Je me suis simplement dit que je parlerai au premier des deux qui me répondrait. Ce n’était pourtant pas compliqué, mais j’avais hésité avant d’envoyer ce simple message Comment vas-tu?. Tellement banal, anodin, vide de sens et pourtant important. Ça signifiait tout et rien: je pense à toi; est-ce que tu penses à moi? ; je pourrait être nous. Enfin bref, ça ne nous concerne pas et toujours est-il que je ne me souvenais plus des six premiers chiffres: 06-91-51-xx-xx? C’est le premier numéro auquel j’ai jeté mon espoir. Et puis, iMessage ne me disant pas que le texto a été distribué, j’ai douté: et si je m’étais gouré de chiffres? Alors j’ai tenté l’inverse: Comment vas-tu? 06-51-91-xx-xx voir si iMessage tout ça tout ça.
J’ai laissé l’iPhone sur le canapé et je suis allé à la fenêtre. Le studio d’étudiant que je louais depuis déjà deux mois donnait plein vue sur le centre ville. J’ai allumé une clope en attendant un passant, un combat de clochards ou des flics passer. Qu’importe. juste quelque chose qui démente l’endormissement de Metz à cette heure. Je tendais l’oreille pour percevoir ou non le vibreur du portable. Que dalle. J’avais l’impression que cette attente pouvait durer des heures. J’ai pris ma veste sur le porte-manteau de l’entrée, y ai cherché mon paquet de Gitanes brunes avec filtres. A la place j’ai déniché une tablettes de Klipal, que j’ai avalée avec un fond de vodka. Certainement, je me la jouais trop jeune-trou-du-cul à la manque, mais qu’est-ce que ça pouvait foutre? J’ai trouvé le paquet bleu, ai craqué une allumette et suis retourné à la fenêtre. A Metz, je pouvais être L’Etranger. Mes yeux se perdaient au-dessus de la cathédrale, où la Lune montrait sa tronche à moitié. Aboiements de chiens et cris de soulards. Je me suis contenté de sourire. J’ai écrasé ma brune sur le bord de la fenêtre, ai remis le vinyle des Doors au début: break on through to the other side, yeah
Peut-être aussi que j’étais au bout du rouleau et que parler avec quelqu’un m’aurait sûrement aidé. Bon. j’ai attendu, mis le portable dans ma poche pour être sûr de ne pas rater une éventuelle réponse. J’avais mal au dos, pour ne pas changer. J’ai avalé d’autres bonbons et allumé la télé sans le son. Sur toutes les chaînes des personnages jouant et feignant la réalité. Et je n’étais pas mieux à essayer de recontacter une fille que j’avais perdue de vue. Certainement il y a quelques années on savait où retrouver une personne avec qui les liens avait été rompus par le temps: son bar préféré, son banc fétiche voire son boulot. Maintenant tout ce qu’il nous restait, après avoir effacé tous les sms, les mails, les messages Facebook et supprimé la personne du carnet d’adresse, des appels passés, des appels manqués, de Facetime, il reste une chose que l’on ne peut pas effacer: le numéro inscrit dans notre mémoire. On ne sait pas pourquoi, surtout avec tous les moyens de fausse communication qu’on a à disposition, mais l’on apprend le numéro presque par coeur. Peur que ça se termine mal plus rapidement que prévu? Peur que la Déesse Technologie nous fasse faux-fond au mauvais moment? Enfin toujours est-il qu’invariablement on finissait par retenir certains numéros et que, un jour comme celui-ci où on ne sent pas bien, on essaie de se raccrocher à quelques poussières.
«De toutes manières, je parlerai à la première personne qui me répondra.»
19:47 Publié dans Histoire de... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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