vendredi, 09 mai 2008

Visites

Les spasmes
Avant le sommeil

L'espace
Post-Soleil

Entre deux
Mondes parallèles.

Mot sur la table

Passe une bonne nuit
Dans les labyrinthes
La fumée
Pour écharpe.

Je souhaiterai presque
Ecrire sur ton dos
Tout serait si simple.

Les miaulements du chat se feraient réguliers.

mercredi, 07 mai 2008

Machinations

Des incontournables vérités se découvrent au moment où l'on s'y attend le moins. Elles ne sont pas forcément utiles, ni même crédibles. Elles peuvent cependant servir à attendre patiemment que la Grande Faucheuse vienne relever les compteurs.

Par exemple, vouloir se noircir dans l'atmosphère d'un café m'est devenu des plus inconvenants. Lorsque l'on prend l'habitude de s'enfiler quelques verres assez régulièrement avant d'aller se coucher, le prix des consommations semble venir d'un autre monde, celui des Bisounours avec un cigare entre les dents, et le god ceinture gros format installé et prêt à l'emploi. A moins d'avoir un carnet plein de chèques-vacances, il me semble qu'il soit désormais proscrit de sortir d'un bar la gerbe au bord des lèvres, si ce n'est à cause de l'addition, acide et salée. En outre, il est devenu difficile de trouver des alcools qui cognent vraiment. Mettons que ces éléments sont d'un immense intérêt de santé publique. Maintenant, au lieu de rentrer en bagnole complètement ivre, l'on préfère acheter soi-même sa bibine pour des têtes-à-têtes nocturnes. Tout en se disant que l'on n'a aucun problème avec l'alcool. Evidemment.
Du coup, ce sont les piétons qui doivent être heureux. J'ignore la propension à saluer de très près des essuies-glaces une fois l'heure où les Cendrillons en bas et talons hauts commencent le boulot, mais ça ne m'étonnerait guère que cela ait baissé avec l'évolution du fascisme démocratique ambiant.

Arrêtez de fumer, de boire, et de manger. De même, ne collectionnez pas les MST comme des enfants s'échangent leurs cartes Panini dans les cours d'école. De plus, tous les troubles du comportements sont passés au crible fin, et présentés à la TV comme ce qu'il ne faut pas faire. Comment prévenir l'anorexie, les troubles de l'érection des hommes de plus soixante-dix ans (sic?), ou comment guérir de la dépression.
Dans ces cas présents, la boîte-à-conneries a réponse à tout. L'on vous présente des témoignages larmoyants de squelettes maquillés pour ne pas être transparents, les vieux ont le sourire aux lèvres depuis la chute libre du prix du Viagra (oui, vous ne rêvez pas: de plus en plus de médicaments ne sont plus remboursés à moins de prendre des génériques tandis que le plaisir de nos raisins secs est plus abordable.) et des spots publicitaires vous conseillent de consulter en cas de symptômes dépressifs.
Mais alors, quelle est la finalité de tout cela? Une hygiène de vie correcte, et la prétention de réduire considérablement les problèmes de santé. Grâce à cela, le trou de la Sécu peut se combler un minimum et surtout, vous serez en pleine forme pour aller au turbin. En fait, l'on vous choie au maximum afin que vous soyez opérationnels pour servir votre mère-patrie. Les anorexiques ainsi que les dépressifs sont inaptes au travail. De plus, les adeptes du régime permanent n'ont pas besoin de faire leurs courses régulièrement. Tout ça n'est pas très bon pour la production et le pouvoir d'achat. Quelqu'un qui n'est pas en mesure de travailler et de consommer, on l'éduque. D'ailleurs, cela se rapproche très bien de cette nouvelle politique d'assistanat, consistant à brosser le contribuable dans le sens du poil, tout en lui filant l'impression que l'on ne souhaite que son bien-être. Un bien-être certes aseptisé et paré de muselières, mais un bien-être tout de même. Et puis, le plus important reste de demeurer volontaire et responsable.

Être un instrument robotisé, sourire, en redemander.

Pour favoriser l'équilibre au sein d'une communauté, il est nécessaires que des enfoirés de ratés soient là. Contrairement aux quelques partiels qui viennent de se terminer, je réponds cette fois à l'appel.

De fait

Lumière agressive
Nous cherchons notre royaume
Seulement un peu
D'ombre au soleil.

mardi, 06 mai 2008

Quelques ressources

Je passai devant chez moi sans m'arrêter et me dis qu'aller rouler un peu dans la nuit me ferait le plus grand bien. Tranquillement je traverse les rues et ne peux m'empêcher de jeter un coup d'oeil aux rails plantés en-dessous du pont de la Horgne. Progressivement toutes les pensées de ces derniers temps s'estompent. A cette heure-ci la circulation est pratiquement nulle. En traversant le village de Magny, je ne peux encore m'empêcher de tourner en rond, me demandant ce qu'il m'arrivait, et comment m'organiser pour dompter toute cette paperasse, celle-la même qui patiente sur le siège passager.

Ce n'est qu'une fois les derniers lampadaires dépassés que tout s'envolait, en éclats, en fumée, en douceur. Seuls comptaient le pied pressant l'accélérateur et les lignes blanches signifiant les virages qui se tordent de plaisir. Ici il n'y a rien, aucune source de lumière, aucune douleur. Je ne suis plus qu'un esprit qui reprend pied dans le vide pour s'en extraire, intact. A l'entrée d'un village, je freine plus que nécessaire pour laisser un chat paresseux traverser. Et je reprends ma route, laissant tout se noyer dans le goudron qui défile dans les rétroviseurs.
Quelques minutes plus tard, je fume quelques cigarettes, garé devant un petit cimetière, le temps d'écouter La Célébration du Lézard. Des arbres dansent sous le vent léger, et les étoiles semblent être les nouveaux panneaux routiers.


Au retour je me perds sur des routes inconnues. Les sensations diffèrent et une certaine excitation se manifeste sous divers angles. Quitte à mettre plus de temps que prévu pour rentrer, je me mets à la recherche d'un troquet. Au loin toujours cette même image des réverbères alignés, qui enflamment un horizon de pudeur et de tourbillons de cendres. Traversant quelques villages, rien n'est ouvert à cette heure-ci et, étrangement, n'ayant pour aide que des panneaux indicateurs, je retourne au centre ville. La coïncidence est telle que je retombe pile sur ce boulevard, emprunté au minimum une fois par jour.

Je fatigue, cette ville n'est plus la mienne et j'ai l'impression d'y pénétrer pour la première fois, avec curiosité et angoisse. Cette sensation se poursuivra jusqu'à ce que je rentre, la tête reposée. Tout est maintenant recadré dans la poussière.

lundi, 05 mai 2008

Truchement

Donnez-moi ma plume-revolver
La page n'est qu'un miroir.

J'arrache les noeuds
De mes cheveux
Pour les refaire
Autour de ma gorge.

Donnez-moi ma plume-revolver
La page n'est qu'un miroir.

Honteux ponteur

L'appel au feu encore une fois. Au volant je grillai un feu rouge en ne m'en rendant compte qu'une seconde plus tard. Toutes ces pensées se bousculaient, des phrases dites, des démons qui resurgissent comme sortis de leur écrin. Il me semble que mes yeux et mon coeur refont des leurs, mais cela ne doit tenir qu'à une hypothétique hypocondrie.

A peine rentré je jetai deux cachets effervescents, et me précipitai pour avaler une gorgée d'absinthe pure. Beaucoup d'événements auraient pris une autre tournure si j'avais su comment réagir. Ou si j'avais tout bonnement réagi. Pour ne plus penser aux supposées douleurs, même celles dont je n'aurai pu être la cause, j'avalai deux somnifères et quelques verres. Une vingtaine de minutes suffirent à anesthésier l'esprit. Le réveil sera une fois de plus des plus douloureux.

Ordonné

Sois prudent
Et crève sans rien dire

Faux homme
Comme ongle rongé
S'écaillent les démons
L'auto-souffrance volontaire

Sois prudent
Et crève sans rien dire.