06.02.2010
En revue
Chapiteau sous la pluie
Et dromadaires muselés
Il est encore temps
Pour les enfants
De s’approcher des clowns sans indifférence.
16:26 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
05.02.2010
Rôle ta bosse
Tout ce que je fais ressemble à un long et méthodique suicide. Certains ont la toute-puissance d'une vérité malheureuse, d'autres le réconfort de quelques piécette mendiées. Moi je n'ai plus rien. Depuis l'enfance je vis seul en me débattant avec des fantômes inconnus. Fantômes, démons, défauts ou tares, appelez ça comme vous voulez.
Fumant une roulée au tabac plus sec que du foin, je tente des économies de bout de chandelle, avec quelques perspectives auxquelles je m'accroche, pour me dire qu'un autre horizon est encore possible. J'ai presque omis tous mes excès, pensant qu'ils étaient les déclencheurs de ce qu'il me semblait être un début de folie. Je n'ai trouvé ni la cocaïne ni la sodomie si extraordinaires que cela, mais cela ne m'empêcherait pas de réitérer ma chance, par principe ou par entêtement.
02:45 Publié dans Histoire de... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
03.02.2010
A table
Sont gratuits ces bonbons à la menthe? Non parce que je me demande vu que le fric est tellement important. Pour avoir un toit sur la tête, pour bouffer un peu normalement, se faire un peu plus plaisir, faire des études. La lumière divine nous a tous abandonnés depuis des lustres, et on ne s'en ai rendu compte que trop tard. A mais peut-être que c'est du pareil au même, ou qu'il y a des différences indéniables. Le mec en costard cravate doit valoir beaucoup plus que n'importe qui.
Je m'enfile mon verre pour libérer mon esprit des parasites. Le malheur, l'impuissance, et on vient me parler de miroir que je ne tourne pas. Comme si je ne portais pas suffisamment ma croix, en silence, depuis tant de temps. J'avale un autre antalgique pour faire taire les douleurs au dos et tape machinalement sur le clavier. Je veux que ce monde soit heureux au moment de partir en flammes. Conneries de planètes, tout ce que vous dites est bidon, on n'en sortira jamais. C'est pessimiste comme constat, ça ne vous plaît pas et vous croyez encore au soleil de ces prochains jours.
Et bien non. Il fait froid, il pleut et le ciel est plus gris que jamais. Je m'efface, je ne suis rien de plus qu'un fantôme qui se débat dans l'encre et dans son propre quotidien. Hier, dans l'amphi, une connasse derrière moi parlait des économies qu'elle pourrait faire avec son copain qui a eu une obtention. Ils pourraient économiser 10K € par an pour acheter un bien immobilier. Moi je suis assis sur mon cul et sur un plan épargne plus que confortable. Je n'ai rient demandé, ni la souffrance, ni la facilité. Je veux juste la tranquillité. Alors je me débats en silence en avalant parfois n'importe quelle merde pourvu qu'elle me fasse décoller et penser à plus rien d'autre. Je veux passer la journée de demain à me détruire et à baiser. Savourer la pipe du siècle parce que le reste du monde est heureux (indifférence, lumières divines ou simple conformisme).
On me donne des chances de-ci delà que je saisis. La moitié du temps ça foire et je me dis que j'aurai plutôt à ma place dans le tombeau de mon frère. Etrange solitude d'une certaine incompréhension. Alors je me détruis en construisant des montagnes. Du moins c'est ce que je pense. Je n'ai aucune vérité au sujet de quoi que ce soit.
Je vois des couples qui se trimballent heureux alors que je veux tuer mon père et ma mère. Et qu'on ne m'évoque pas un complexe d'Oedipe mal placé. J'emmerde la famille, les moralistes, les savants, les littéraires.
Je ne parviens plus à écrire quoi que ce soit de valables depuis plusieurs semaines. Alors je déconstruit le cerveau, quitte àne pas avoir droit à une minimum de sérénité. Le monde court à sa perte sans le savoir, et je suis totalement impuissant.
Evidemment, je ne mérite pas l'amour qu'on me porte et les bonnes intentions, je suis un lâche doublé d'un connard fini. J'ai parfois envie de crever enfoncé dans un arbre en feu alors que la vie vaut vraiment la peine d'être vécue. Il y en a qui vivent dans la rue sans un sou en poche, ni même des gogues correctes où aller poser leur pêche. Il faudrait une pluie de bombe A, des orgasmes à n'en plus finir, sans pleurs, avec la seule certitude que tout ira mieux à partir du moment où l'on l'aura décidé.
A ma façon, je visite d'autres planètes pour trouver d'autres secours, juste un endroit où me cacher, qui me ferait croire que tout n'esst pas si catastrophique que cela. Alors je m(en prends plein la gueule, à droite et à gauche. Je suis responsable de l'immensité des marécages. J'oublie tout ça en avalant un anxiolytique et en commandant une pizza deux heures en avance. Que le fric s'envole, je n'en ai plus rien à foutre. Quitte à crever, je m'investirai à fond dans tout ce qui est possible. Plus de fuite, juste des affrontements chirurgicaux. J'ai la souffrance et les tords, vous avez la bienséance et les couilles molles. Très bien, qu'on ait quelque chose à redire, ça me justifiera d'autant plus.
17:14 Publié dans Histoire de... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
30.01.2010
Sursaut et sursis
Le chat me regarde et agite sa clochette alors que je ne trouve pas le sommeil. A cet instant j'attends l'aube sans espoir, douleur lancinante dans le dos et la tête perdue ailleurs. La fumée de ma cigarette brouille la route, sans sommation. Il passe d'une pièce à l'autre en tournant en rond, alors que je continue de me mettre en joue, et je ne saurai dire si mon rapport à la réalité n'est pas encore plus décalé que d'ordinaire.
05:23 Publié dans Histoire de... | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
Raccourci
Clients de nulle part
Nous bénéficions d'un don naturel
Pour la capitulation.
Sans sommation
J'ai été fantôme
L'inégalable crash dans la brume
Parfaitement orchestré.
Je m'accroche décroche raccroche
Raccommode visages incertains en sueurs
Retourne dans la boîte-à-musique du silex.
Les étoiles n'ont jamais existé.
A bord du ciel acide
Les cavaliers plongent leurs membres amputés
Dans une marre de carbone
Pour prendre une décision.
La roulette russe m'a réconcilié.
00:58 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
13.01.2010
Donnant-donnant
D'un point de vue gigantesque
Nous sommes allés éclater les bulles de napalm
Que Dieu lançait en s'amusant.
L'air est gris
Il neige du sperme et de la cendre
En continu
J'invoque ta bouche autour de mon sexe
Celui de l'humanité.
03:35 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
11.01.2010
Terrassette
Je jette ma clope et entre dans le café sous les prières. Etrange, ça me rappelle quelque chose, pourtant d'assez récent. A la télévision, l'enterrement de Séguin. Effectivement, le ton est donné. Pas de quoi sauter au plafond, pas de quoi non plus ramener plus de monde dans ce bistrot. A part peut-être vicelards et inconditionnels.
15:57 Publié dans Histoire de... | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
31.12.2009
Cartes automatiques
Allons bon, alors c'était ça le jeu. Le mien, où on se croise avec d'autres, sans être bien certains de ce qu'il se passe. Je n'avais pas vraiment de règles, aucune prévision à faire. Une tricherie de temps en temps, comme quand on joue à la bataille quand on est môme.
Sauf que là je ne suis plus un enfant, et ni mes parents ni personne ne me laisseront gagner gratos. Pas de règles, rien. Un peu de logique, un peu de morale, quelques principes pour pas être totalement paumé. Comme dans n'importe quel jeu, impossible de savoir ce qu'il va se passer au prochain tour.
Alors voilà, c'était ça le jeu. Je voyais mon père qui n'arrêtait pas les allers-retours entre le boulot de nuit, la maison, et celle de sa mère mourante. Alors tout se résumait à ça: on naissait, après on s'en prenait plus ou moins dans les dents, ou on profitait dès que possible, le temps d'attendre l'addition. Ça je le savais déjà, je suis né avec la fin en moi, ou plutôt, à mes côtés. Alors dès que possible j'ai lu, écrit, fumé, bu pour deux.
On perd notre temps à gesticuler comme des pantins idiots. On passe notre tour, juste par dépit: le boulot à la con mal payé; la maladie; la fatigue, tout ça réduit notre endurance. Allez, voyons simplement jusqu'où nous sommes prêts à aller. Quels sacrifices, quelles mises? Bordel, quand est-ce que vous arrêterez de passer votre tour pour tout mettre vraiment en jeu, vous compris?
Au tour suivant il y avait l'orgue et la barbarie. Des flûtes à champagnes pleines d'eau ou de napalm, et les invités au banquet ont les yeux bandés. A chacun son tour, on trempe sa cuillère dans les oeufs en neige et la pluie remonte vers le ciel. Invités, votre cravate ne tient pas debout et des papillons font des noeuds aux néons-hérissons accrochés au sol. L'ordre s'est établi lorsque chacun a perdu sa place.
Un samedi, précisément le 12 Décembre, peu de temps après avoir écrit ces lignes, les invités arrivèrent. Je laissais mes perturbations de côté, me servais un deuxième verre. Une fois assis, on m'avait servi une bière. Très bien, ce sera bière et whisky, l'alternance, le manichéisme et toutes ces foutaises. De toutes manières, personne n'aurait eu la réponse à cette question: quel est le but de ce putain de jeu?
Je buvais en silence. Mère-grand était morte la nuit précédente, mon père perdait tous ses repères et je me sentais plus seul que jamais, malgré tout. Là, ça riait sans négociations, avec une tonne de compromis et des petites habitudes tranquilles. Chacun va crever à son tour, et l'idée de la fin n'effleure personne. Avant ça, peut-être bien qu'on ne fait que perdre notre temps. C'est ça l'ironie du sort. J'étais allé vomir une fois avant le début du repas, je commençais à être bien, purifié de toutes questions, comme si certaines concessions avaient été mises en place, méthodiquement. Ce soir là, après le repas, ils s'étaient foutu de ma gueule pendant plus de deux heures, avec acharnement, sans que je bronche une seule seconde. Ça aurait été trop facile, une tricherie de plus. A un moment, je retournai m'accouder aux toilettes gerber la raclette et l'alcool. La mort de la vieille ne m'avait pas ébranlé pour un sou. J'étais attristé de voir mon père dans cet état, mais tout cela était parfaitement logique, compréhensible, normal. Juste un mauvais tour, les dés lancés aux prochains seraient certainement plus prometteur. Elle vient me rejoindre et me demande si ça va. "Voilà tout ce qu'ils veulent, ce n'est qu'une cible, et je tiens parfaitement ce rôle." C'était tout ce que j'avais trouvé à redire, l'esprit retourné par le whisky et la bière. Elle ne comprenait pas ce que je voulais dire, et je m'étais rarement senti aussi seul, avant de m'effondrer dans son cou, en pleurs. Une vérité que je connaissais déjà venait de s'abattre sur moi, plus cruelle que jamais. "Alors c'est ça le but de ce putain de jeu! On vit on crève et plus rien.". La question me turlupinait depuis quelques jours, m'empêchait de dormir. Le pire étant de ne pas savoir ce qu'il se passera au tour suivant. Le quitte ou double, sans que l'on ait vraiment son mot à dire. Je m'étais fait couper les cheveux l'après-midi même, comme pour me faire une nouvelle peau, encore une autre. Misez trop gros et ça vous conduira immanquablement à votre perte, soyez modérés et peureux et un mécanisme parfait dictera votre vie et votre mort.
Cette après-midi, j'étais devant la machine à sous, sans illusions, sans regrets. Le vice du jeu est encore l'un des seuls auquel je n'ai pas succombé. Ce n'était qu'une occupation, rien de plus. Je sors du casino en n'ayant perdu qu'un tiers de ma mise, soit presque rien, alors qu'il y a quelques mois j'aurais tout rejoué, jusqu'à la résignation. Je ne bois plus que de manière occasionnelle et cherche par tous les moyens possibles un échappatoire, un moyen de contourner ces foutues règles sans trop de dégâts. Je sirote un deuxième verre pour éviter de penser aux partiels qui approchent et que je n'aurai eu le temps de préparer convenablement. Parce qu'évidemment, seule l'écriture m'intéresse, et la course au temps.
02:08 Publié dans Histoire de... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
23.12.2009
Rimbaud
Lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871, extrait.
Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant.
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, -et le suprême Savant!- Car il arrive à l'inconnu! Puisqu'il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu'aucun! Il arrive à l'inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l'intelligence de ses visions, il les a vues! Qu'il crève dans son bondissement par les choses inou et innommables: viendront d'autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l'autre s'est affaissé!
19:56 Publié dans En coin de page | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe, rimbaud |
Facebook
Colonies lunaires
Enfants sur une luge dans la neige
Futur chiens de traîneau de l'état.
Le monde a des métastases
La table ronde prévoit
Quelques degrés en désaccord.
L'homme de la terre
Ira essouffler le soleil
Se brûler les ailes:
fusées colonisatrices implosent
Casques lunaires étoiles-filantes
La gravité de la situation
(notre poids est multiplié par X facteurs)
Nous pourrons applaudir
En voie d'extinction.
15:21 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook
18.12.2009
Passe-clinquant
Pour ma dernière nuit sur terre
J'aurai été enfant acteur et mourant
Je voudrai le grésillement de la codéine
Dans le ciel plein d'étoiles
Et les enseignes de bar les néons des vitrines
A côté d'un distributeur d'argent
Notre fin a cette perfection de l'automatisme
Sans demie-Lune
Inféconde permanence.
19:14 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe |
Facebook





