27.09.2009

Notes sur l'écriture (13)

Extrait de correspondance avec Ph. Leteissier.

La prochaine (et j'espère la dernière) version de VHS voit peu à peu le jour, preuve s'il en est que je ne fais plus que jacasser sans agir. Je plonge dans mes papiers et mes carnets à la recherche de pièces susceptibles d'être incorporées à l'une ou l'autre des parties. Comme j'ai dû vous le dire il y a quelques temps, chaque partie n'en comptera maintenant plus que 15, afin d'alléger le recueil dans son intégralité et de ne pas offrir à Lecture une importance qui supplanterait les autres sections. L'avantage du recul aidant, je prends cette fois-ci plus en compte, non pas la cohérence, le rythme des poèmes ou leurs thématiques, mais l'impression que je tenterai de laisser au lecteur à la fin de chaque section, sorte d'électrocardiogramme épileptique. Du moins, telle est là mon ambition et l'ordre des sections devient à nouveau une problématique d'envergure.
Je songeais dernièrement à inclure une sixième partie, sûrement nommée Enregistrement ou quelque chose approchant. Et finalement, dans mon espoir à long terme de travailler sur la lecture poétique (rendant ainsi à la poésie une part de son rôle premier) je me suis rendu compte que cette partie sera toute prête, sorte d'annexe au recueil. Comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ?! Mais je suis encore loin du compte.

25.09.2009

Hypocondrie

Quelle connerie, je préfère fermer deux portes plutôt qu'une sur le parking désert. Demandez-vous donc ce que vous avez, finalement, à apportez aux autres. Nous nous dirigeons satisfaits vers une routine fadasse faite d'argent et d'hypothèses tellement tangibles que ça en devient poilant. Vous dessinez vous même vos propres barreaux et je remplacerai les bougies fanées par des néons pâles de chambre d'hôpital. Plus rien même ne vaudrait la peine de suivre la course du mégot à travers la nuit sans étoile, puisque chacun ne remarque que ses propres yeux. Je brûlerai mes doigts pour n'être plus capable de rien, ni d'entente ni de parole. Désirez-vous l'ivresse, la fuite du statique, le plaisir du présent? C'en est ridicule, levons mon verre à cette raillerie impitoyable.

22.09.2009

Baise-en-ville

Les gens fanfaronnent et vous tirent dans le cul à la première occasion. Tirent à vue en riant bien fort, rire gras rancunier qui maigrit grasse aux programmes-minceur des magasines estivaux. Ils baissent la vitre et gaspillent leurs jours, à fanfaronner en essayant de vous botter le cul avec des chaussures trop petites, qui leurs laissent des ampoules, aucunement économiques, certainement pas réversibles par les taxidermistes financiers. On encule son voisin à sec en s'auto-proclamant Roi du Monde. Parfaitement. On classe l'être sur une échelle de croissance sans barreaux. On fanfaronne, justement.

Oubliez les prophètes, les banquiers et vos aïeuls. Surtout les prophètes, planqués en réserve au cas où les choses tournent vraiment mal. Ils diraient: nous sommes la génération des derniers agneaux sacrifiés!

A une connerie de barbu que personne n'a jamais croisé en dehors d'un mensonge, d'une hallucination terrible ou la première marche de la descente.

Armé des sacs de bouteilles de vides, je pourrai me poster aux bordures des écoles et les balancer à la gueule des lycéens déjà auto-proclamés roi de la poussière, miettes qu'ils avalent en jouissant.

Vous n'avez
Aucun
Avenir!

Quelque part, lancer les dés au hasard remettrait les pendules à l'heure.

15.09.2009

Note dinformation

Je bois pour oublier que je n'ai pas d'avenir. Pour oublier que je suis en vie et ce que je ne serai jamais. Je titube dans l'escalier qui rétrécit et me rends compte que la prochaine seconde sera peut-être déterminante. Ou la suivante. A mon âge, certains rêvent d'une maison splendide, d'un travail méritant, de la femme et du chien qui vont avec.
Bien entendu, je ne m'imagine pas révolutionner le monde en racontant ces quelques sornettes. Ce sont des faits, et rien de plus que cela. Voir les mots se former un à un sur l'écran est une sensation pour le moins satisfaisantes, presque orgasmique. Il suffirait de ne pas avoir à regretter sans cesse le passé pour que le quotidien se révèle à la hauteur des attentes jamais formulées. Mais je suppose que c'est déjà trop demander. Ce ne sont que des faits, et rien de plus que cela.

03.09.2009

Vieillesse express

La liberté d'expression implique-t-elle le devoir de s'exprimer?
Ca me ferait marrer qu'on réponde à cette question, et puis, au bout de quelques minutes, ça ne m'intéresserait plus.

Il y a trois ans j'étais aux portes de la majorité. Jeune, insolent, sûr de moi, presque improbable. Et puis j'ai connu la fatigue, la sensation de trahison, la frustration, la mort, les insomnies. De façon plus récente, la sérénité, l'amour inconditionnel, les tapis roulants qui avancent toujours vers un lendemain presque sûr.
Toujours est-il que je vais prendre deux ans dans les dents. Cette impression me fait sourire: je suis vieux, j'ai le double de mon âge terrestre. Ce n'est rien, je m'y suis habitué, et cela a quelques avantages.

Non, cette sensation de vieillesse tient surtout de ces projections nouvelles dans l'avenir. Il faudrait brûler toutes les pages de calendrier. Comme tout le monde, je vais faire les courses, j'attends ma fiche de paie, je surveille mon compte à découvert. Je commence même à regarder les vitrines d'agences immobilières.
Voilà, on y est. Où est l'instant, le pur instant, la fuite entre deux secondes? Je passe mon temps à déployer tous les efforts possibles pour revenir dans cette unique réalité: le présent.

Alors, en contrepartie, j'écris, je baise et je bois. Non pas qu'il n'y ait que ça dans ma vie, mais ça me fait me sentir jeune. Je suis un vieillard qui recherche les débris de ses vingt ans.

Maintenant nous pouvons rire.

02.09.2009

Auto-suggestion

Fuis la mort autant que tu veux
Avec un lit défait
Et une porte à verrou

La curiosité de la fin
Nous inscrit dans un annuaire aléatoire.

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