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mardi, 06 mai 2008
Quelques ressources
Je passai devant chez moi sans m'arrêter et me dis qu'aller rouler un peu dans la nuit me ferait le plus grand bien. Tranquillement je traverse les rues et ne peux m'empêcher de jeter un coup d'oeil aux rails plantés en-dessous du pont de la Horgne. Progressivement toutes les pensées de ces derniers temps s'estompent. A cette heure-ci la circulation est pratiquement nulle. En traversant le village de Magny, je ne peux encore m'empêcher de tourner en rond, me demandant ce qu'il m'arrivait, et comment m'organiser pour dompter toute cette paperasse, celle-la même qui patiente sur le siège passager.
Ce n'est qu'une fois les derniers lampadaires dépassés que tout s'envolait, en éclats, en fumée, en douceur. Seuls comptaient le pied pressant l'accélérateur et les lignes blanches signifiant les virages qui se tordent de plaisir. Ici il n'y a rien, aucune source de lumière, aucune douleur. Je ne suis plus qu'un esprit qui reprend pied dans le vide pour s'en extraire, intact. A l'entrée d'un village, je freine plus que nécessaire pour laisser un chat paresseux traverser. Et je reprends ma route, laissant tout se noyer dans le goudron qui défile dans les rétroviseurs.
Quelques minutes plus tard, je fume quelques cigarettes, garé devant un petit cimetière, le temps d'écouter La Célébration du Lézard. Des arbres dansent sous le vent léger, et les étoiles semblent être les nouveaux panneaux routiers.
Au retour je me perds sur des routes inconnues. Les sensations diffèrent et une certaine excitation se manifeste sous divers angles. Quitte à mettre plus de temps que prévu pour rentrer, je me mets à la recherche d'un troquet. Au loin toujours cette même image des réverbères alignés, qui enflamment un horizon de pudeur et de tourbillons de cendres. Traversant quelques villages, rien n'est ouvert à cette heure-ci et, étrangement, n'ayant pour aide que des panneaux indicateurs, je retourne au centre ville. La coïncidence est telle que je retombe pile sur ce boulevard, emprunté au minimum une fois par jour.
Je fatigue, cette ville n'est plus la mienne et j'ai l'impression d'y pénétrer pour la première fois, avec curiosité et angoisse. Cette sensation se poursuivra jusqu'à ce que je rentre, la tête reposée. Tout est maintenant recadré dans la poussière.
13:18 Publié dans Histoire de... | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écritures, écrits, poèmes, poésie, arts




































