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jeudi, 01 mai 2008
Ecueils-commanditaires
[Pour tout ce qu'il n'a pas accompli, et ce manque évident d'ambition, on dirait aisément de lui que c'est un raté. Et l'on aurait très certainement raison.]
Il me faut accoucher au plus vite de ces vers qui me rongent le côté gauche du crâne, depuis des jours. Là s'y entassent visions électriques et sensations corporelles. Ma plume s'est vue remplacée par une nouvelle identique. Je ne parviens à faire couler ce long poème que je frôle avec difficulté. Alcool, drogues douces, musique écoutée à plein volume ou masturbation, rien n'y fait, ça reste coincé derrière une porte sans que je puisse faire quoi que ce soit. Depuis toujours cette sensation incarne la frustration. C'est pourtant là, presque au bout des doigts, je ressens presque les lignes me déchirer la main avec férocité pour que je les laisse aller librement.
Alors je me contente de quelques vers griffonnés ça et là, tout en me disant que j'ai encore une chance d'y parvenir. L'écriture est ingrate. Les musiciens savent qu'ils tiennent leur public dans un étau, et ne s'étonneraient pas des cris et sous-vêtements lancés sur scène. L'écrivain est face à sa feuille et à lui-même. Il lui faut se défaire de toutes contraintes, et parvenir à accumuler des émotions les plus épurées, ainsi qu'engendrer des images poétiques dont il se défait car elles en deviennent insupportables. Il faut pouvoir faire naître tous les sentiments, et les mots doivent ressembler au sourire d'une femme au lever du jour, à la frayeur des longues routes arpentées de nuit. Il faut l'exploration pertinente des cris, des lumières artificielles, de la fumée qui s'échappe.
Maintenant, alors que le sentiment d'urgence s'intensifie de jour en jour, il va falloir soit abandonner une fois de plus, quand bien même cela serait le pire des échecs; soit trouver des alternatives permettant enfin de parvenir à un résultat valable.
The Doors "When the music's over"
"
Cancel my subscription to the Resurrection
Send my credentials to the House of Detention
I got some friends inside
The face in the mirror won't stop
The girl in the window won't drop
A feast of friends
"Alive!" she cried
Waitin' for me
Outside!
Before I sink
Into the big sleep
I want to hear
I want to hear
The scream of the butterfly"
Au préalable
A la lumière noire
Nous traînerons
Les étoiles
Dans la boue.
A la fin surgir
plongeant les mains
dans les braises
de l'angoisse
le tord-boyaux
l'explosion du doute
Et les yeux
n'auront pas vu
le masque mortuaire.
13:38 Publié dans Vers masqués | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écritures, écrits, poèmes, poésie, arts




































