25.09.2009

Hypocondrie

Quelle connerie, je préfère fermer deux portes plutôt qu'une sur le parking désert. Demandez-vous donc ce que vous avez, finalement, à apportez aux autres. Nous nous dirigeons satisfaits vers une routine fadasse faite d'argent et d'hypothèses tellement tangibles que ça en devient poilant. Vous dessinez vous même vos propres barreaux et je remplacerai les bougies fanées par des néons pâles de chambre d'hôpital. Plus rien même ne vaudrait la peine de suivre la course du mégot à travers la nuit sans étoile, puisque chacun ne remarque que ses propres yeux. Je brûlerai mes doigts pour n'être plus capable de rien, ni d'entente ni de parole. Désirez-vous l'ivresse, la fuite du statique, le plaisir du présent? C'en est ridicule, levons mon verre à cette raillerie impitoyable.

22.09.2009

Baise-en-ville

Les gens fanfaronnent et vous tirent dans le cul à la première occasion. Tirent à vue en riant bien fort, rire gras rancunier qui maigrit grasse aux programmes-minceur des magasines estivaux. Ils baissent la vitre et gaspillent leurs jours, à fanfaronner en essayant de vous botter le cul avec des chaussures trop petites, qui leurs laissent des ampoules, aucunement économiques, certainement pas réversibles par les taxidermistes financiers. On encule son voisin à sec en s'auto-proclamant Roi du Monde. Parfaitement. On classe l'être sur une échelle de croissance sans barreaux. On fanfaronne, justement.

Oubliez les prophètes, les banquiers et vos aïeuls. Surtout les prophètes, planqués en réserve au cas où les choses tournent vraiment mal. Ils diraient: nous sommes la génération des derniers agneaux sacrifiés!

A une connerie de barbu que personne n'a jamais croisé en dehors d'un mensonge, d'une hallucination terrible ou la première marche de la descente.

Armé des sacs de bouteilles de vides, je pourrai me poster aux bordures des écoles et les balancer à la gueule des lycéens déjà auto-proclamés roi de la poussière, miettes qu'ils avalent en jouissant.

Vous n'avez
Aucun
Avenir!

Quelque part, lancer les dés au hasard remettrait les pendules à l'heure.

27.04.2009

Déchargement immédiat

Je désire boire le feu à en perdre la raison, quitte à aller rendre visite aux sorciers vaudous puisque je ne sais pas régler mes problèmes par moi-même. Alors vous fermerez votre gueule jusqu'à la fin, attendant béatement les jours de pluie après les chaleurs exténuantes, aussi bien que l'inverse. Tandis que nos grands dieux nous promettent d'avance des boîtes en pin pour remplacer nos carcasses de ferraille.

Boire le feu et s'entrelacer avec les murs, démolir les portes du statique tant qu'il est encore temps, et vous n'aurez jamais connu l'enfer, s'envoyer en l'air avec soi-même pour s'empêcher de tout détruire pour la simple et bonne raison qu'il n'y en a pas. Je ne sais ce que je suis ni ce que je veux précisément, alors je ne puis que me poser en tant que spectateur maladroit de mes excès, regrettant parfois amèrement la cruauté de certaines paroles sans pouvoir les empêcher de franchir le seuil de mes lèvres sans prendre auparavant la peine de s'essuyer les pieds sur le paillasson qui me sert de langue.

Je me ronge les ongles de plus belle en pestant contre chaque seconde qui passe, comme si cette léthargie ne devait jamais prendre fin, ni même garde que je me préserve un tant soit peu. Donc, que les vents échangent tous les lieux puisqu'ailleurs sera toujours plus plausible.

L'amour et les démons sont des générateurs électriques qui vous vident avant de vous insuffler une autre énergie, nouvelle, dangereuse et éphémère. Et ainsi de suite.

14.11.2008

Labyrinthiforme

Attentifs l'on signera les lettres de démission dans la plus grande logique qui soit. Le soir j'approuve, je désespère, j'attends de retrouver cette étincelle et la vision transparente de l'ensemble du tableau. Parvenir à me défaire de l'idée que tout ça est vain et voué à l'échec est des plus difficile. Cela me colle à la peau comme du napalm, et je ne puis empêcher mes yeux douloureux de s'affaisser lourdement sur moi-même.
L'on construira et l'on évoquera peut-être même certains dieux. Notre compte en banque sera fourni et les femmes que nous aurons baisées bien nombreuses. Notre famille et nos amis sont chaleureux, ils peuvent bien sûr compter sur nous. Et l'inverse est valable, bien sûr.
Et puis quoi? Rien, il n'y aura plus qu'une dernière réunion, un café et une part de tarte aux pommes en guise de retrouvailles avant que l'on ne parle plus de vous. Des pans entiers de votre existence se seront effondrés d'un seul coup. D'ailleurs, toute votre vie, et ce en incluant les neuf mois précédant votre naissance, se seront évaporés.
Du temps de leur vivant, beaucoup sont déjà retournés à l'état de poussière. Ou plutôt à celui de pierre, leurs membres alourdis d'achats traînant au sol, rallongés asphyxiés. Démesurés grands comme la taille des phallus qui assiègent les statues de coton. Penser à la possibilité d'une entité karmique post-mortem me fait sourire. C'est un trop gros pari pour que l'on y songe seulement.
Alors je me demande s'il y a seulement un intérêt à tout cela. Les rats boufferont nos os et perpétueront la tradition, tandis que les lycéens continueront de prendre le bus comme si la Terre continuer encore de tourner. Mieux, cette idiote, qui devait avoir à peine quatorze ans, restera persuadée qu'elle peut plaire, malgré ses affreuses dents de devant, qui risqueraient bien de lui causer quelques problèmes pour ses premières pipes.

Il y a bien le froid et les prochaines heures à venir. Il faudrait que ces labyrinthes gèlent sur place et s'effondrent définitivement.

Noir Désir "L'appartement"

"Avec ou sans toi, j'ai quelques problèmes
Tu t'en fous, Laura, j'suis désolé quand même
Si tu vas par là, ça me convient aussi dépose-moi

Encore une fois, c'est d'en bas que j'appelle
Elle se penche parfois de son nid d'hirondelle
Daigne me recevoir, ne me laisse pas de place pour m'asseoir

Elle a su, simplement,
Changer les clefs de son coeur et de l'appartement

Attends toi, à c'que je me traîne
A tes pieds, Laura, en attendant je sais
Que le jour viendra, où je pourrai en mourir de rire."

06.10.2008

Lyophilisation

Non, très bien, il ne faut pas que j'y pense. N'y pense pas, n'y pense pas, avale une autre gorgée de café, voilà, très bien, encore une, allume une clope, n'y pense pas.

Surtout
N'écoute pas
Ces sentiments
Qui font les putes
Sur le trottoir de tes artères

D'accord, tout est au poil, termine ton café. Encore un ou deux, et la caféine va te rendre givré, ça fera naître mille éclairs sous tes doigts, et tu seras incapable de penser à une seule chose à la fois. Parfait, tape encore sur le clavier, les doigts sont précis.

Ne pense
A rien d'autre
Qu'aux doigts qui glissent
Sur les touches

Eh! tu m'entends? Allez, écoute. Ne regarde pas par la fenêtre, tu vas t'égarer. Au pire, range-toi sur le bas-côté:

Replie-toi sous toi-même
Voilà sur le pas de la porte
Tu as accepté
Ce que d'autres auraient
Catégoriquement refusé!
(Et ça ne fera pas de toi un être hors-du-commun
A peine un chien qui s'ébroue
Sous un lampadaire éteint)

Chute dans le mur il se recule, on épuisera ceux qui ne parviennent pas à dormir. Frappe bien la cuisse, tu penseras à autre chose. Oui, oui, oui! Bon dieu, quelle énergie, quel souffle, profites-en pour dresser des montagnes de poussière. Bordel, oui, cogne, continue, frappe, tranche, déchire. La page est un ciel à exploser. Lève-toi, allume une clope, prépare du café. Tout passe. Une bouteille de vin, et tout passe.



19.09.2008

Bourgeon-dynamite

Les notes concentrées en puissance de l'acide. Plus rien ne peut se dissoudre dans le verre si ce n'est du sel explosif, de celui qui vous amène à l'inconscience pure, le savoir de la fin et des rapprochements universaux. Les tables sont maintenant toutes bancales et il n'y a plus rien à faire. L'on pourra s'évanouir sous le plaisir qui attend la neige de septembre.

Le ciel se fait sec, presque glacial. Les métamorphoses reprennent sans besoin de soleil. Les cigarettes ont un autre goût et ce n'est certainement pas l'automne qui s'installe. L'on ne demande que des émotions capables de nous faire fuir. Se barrer d'ici à la vitesse de l'éclair en étant incapable de se retourner. Il y aura là-bas les sursauts de l'angoisse, de celle qui comble votre attente du sommeil alors que toutes les lumières alentours sont éteintes, que les fenêtres sont plombées. L'on empêche les violeurs d'approcher vos petites filles. soyez en heureux, ce sera votre dernière chance.

Le triomphe des cartes ne sied bien que dans le cendrier que l'on n'a pas vidé depuis quelques jours. Elles sont toutes froissées, cornées et se ratatinent sur elles-mêmes en attendant leur dernier tours, une gorgée de whisky crachée d'un trait. Avant d'y mettre le feu, le feu, le feu, la myriade de possibles qui apparaît sur le tableau refourgué aux ordures, les objets encombrants de l'incertitude qui vous étouffe la nuit.

A nouveau, je suis une épilepsie congénitale.

17.08.2008

L'écume parallèle

Nous savons que le dimanche est mort un samedi soir. Les dernières voitures quittent des parkings dont les gardiens enfilent tongs et shorts colorés; les rideaux de fer s'abaissent en emprisonnant quelques badauds imprudents maintenant piégés dans le gris du centre-ville. 

Pour tout vous dire, même le Soleil s'est fait la malle, un baluchon au coin d'un rayon. Une roue qui file et prendra son pied à se faire attendre. Voilà, il n'y a plus qu'à compter les voitures pour s'endormir, alors que la Lune (oh, juste un maigre croissant) pique du nez au lieu de continuer de tenir les étoiles à leurs places.

 

L'ajournement des procédures du ciel ne permettrait plus que l'on se trompât à l'excès. Les escaliers ne faisaient plus que monter et se trouvaient à ce jour des tapis roulants sur des trottoirs bordés de lave, où s'entassaient quelques étoiles, qui s'étaient défilées du puzzle. La clef au bout du doigt était une pièce manquante, et il aurait même fallu aller jusqu'à retrouver la serrure néantie.

 

En ajoutant des microfilms aux yeux l'on pourrait prolonger l'horizon et le soustraire à la vue des immanquables caprices des songes. Les souterrains étaient emplis de bulles de savon, ondes alpha meurtrières qui, agglutinées sur mon cuir chevelu, se faisaient source à la fois de souffrances et d'étincelles stupéfiantes.

 

Une drogue que l'on s'injecte à chaque inspiration.

16.08.2008

Pansements

Epuisé et furieux je n'hésite pas à fumer cigarettes sur cigarettes, et je peux ainsi rôder dans mon crâne et y puiser le silence, alors que la nuit est claire et fraîche, hésitante comme une consomption singulière. Mes yeux se sont faits microfilms prêts à envisager n'importe quel point de vue. J'entrevois à nouveau tous les possibles avec précision. Des paroles tourbillonnent en feu. Mes cheveux sont des fils électriques à l'air libre et je refuse à présent de voir la maladie se profiler comme une faucheuse de second ordre.

 

Les Mots sont des chevaux en train de mourir.

22.07.2008

Exils

Mettez la en veilleuse ne serait-ce que deux minutes et placez-vous devant le miroir. Y a-t-il encore quelque chose derrière ce visage? Êtes-vous vraiment vivants? Existez-vous? Que ceux qui n'ont trouvé aucune réponse à cela retournent immédiatement se coucher.

J'attends avec impatience le point de rupture, le moment où quelque chose se brisera en mille à l'intérieur, et où s'expulseront les paroles non-dites, et tous les excès de sensations possibles. Et laisse tranquillement s'amonceler les agacements divers dans un puits sans fond. Vous ne voyez-toujours pas? Réfléchissez-y encore un petit peu, avant de vous endormir.

Je n'ai présentement d'ordres à recevoir de personne et la fumée de ma cigarette crève le plafond pour aller s'enfuir vers les nuages. Dites-vous bien qu'il y aura toujours un après. Le prochain répondra peut-être à toutes les exigences sans en perdre le sourire, la pluie sera peut-être bénéfique et effacera l'encre qui tâche les doigts.

Mettez maintenant de côté ce à quoi vous tenez le plus en ce moment. Pas depuis votre naissance, ni jusqu'à votre dernier souffle. Non, maintenant. Inscrivez sur vos murs l'hypothèse selon laquelle vous pouvez perdre tout cela n'importe quand. Cela réveille, n'est-ce pas?

Surtout, continuez de vous taire, encore un peu. Fouillez, allez à la rencontre de ce qui vous effraie le plus. Pas ce qui vous effrayait il y a une seconde, mais maintenant, seulement maintenant. Les éléments de votre quotidien que vous n'aimeriez perdre pour rien au monde sont révélateurs. Nous pouvons aisément nous destituer de tous pouvoirs, et nous contenter de donner. Il faut cependant le vouloir. Les photos et les tickets de caisse s'effaceront si on les quitte des yeux trop longtemps.

Que ceux qui n'ont trouvé aucune réponse à cela retournent immédiatement se coucher.

13.06.2008

Plasmateur

Alors oui bien sûr l'on peut s'imaginer qu'il n'y aura jamais de fin, qu'il suffit de continuer comme ça, attendre jusqu'à ce que le bouts de doigts brûlent à s'en détacher du reste de la main. Faire croire au sourire puisque l'on ne fait plus semblant de rien, puisque l'on ne fait plus rien et que rien n'a jamais eu d'importance, jusque dans les méandres du verre à la mixture doucement brune relevée par la saveur du lait.

Le glaçon y fait un bruissement au contact de l'alcool, pareil à la mitrailleuse des coeurs qui n'hésite pas à anéantir toutes les attentes. Alors bien sûr dans le mouvement régulier l'on peut continuer celui de la paume et s'imaginer qu'il n'y aura plus de problèmes, s'enrouler autour des draps en espérant qu'ils soient des serpents électriques prêts à fondre dans l'orage.

Il grille cigarettes sur cigarettes en attendant une explosion dans le ciel, le feu sacré que beaucoup ont déjà perdu. Avec le dos qui s'avance et se recule comme désarticulé de toute espèce de réussite avant la panne sèche et les cris de désarroi. La seringue qui pénètre la veine et le sang-essence qui s'y glisse.

Il n'y a plus que des cendres et des images derrière les paupières à coudre. Les dés du dernier jeu ont été descendus en flèche lors du précédent échec. Je n'étais pourtant pas un roi tout juste le mendiant du coin de la rue trop fier pour demander quoi que ce soit. Alors je place mes espoirs dans la prochaine fois qui n'a pas lieu, dans la boîte-à-lettres du lendemain, à l'entre midi.

Et puis il y a ces verres à boire, ces cigarettes à baiser jusqu'à l'épuisement, et le tête-à-tête avec l'écran moqueur, mauvais reflet de ce qui n'est plus. Ou de ce qui devient.

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