lundi, 07 mai 2007

Réquisitoire: contre demain

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Et dès la première occasion, je file chez un antiquaire m'acheter une chaîne et un boulet, car je sens que l'on en aura tantôt besoin. J'espère que ce beau pays de veaux et de flics, une ferme immense où il faudra bientôt la fermer n'a pas été trop aveuglé par sa cupidité et son égoïsme.

Je suis de mauvaise foi, et alors? Avec du recul, l'on peut dire que le Parti Socialiste n'a pas fait une bonne campagne. En rien, Royal n'avait montré qu'elle avait l'étoffe d'une Présidente. Elle tient des discours humains et sensibles, sourit lorsqu'il le faut et promet la restauration de l'égalité, de la fraternité et gnagnagna. Plusieurs lourdes erreurs auront contribué à ce cuisant échec, dont j'espère néanmoins que le PS se relèvera afin de préparer au mieux les législatives.
Royal a tout d'abord semblé jouer pendant un bon moment sur ce qu'elle pensait être un atout majeur: le simple fait qu'elle fût une femme. A aucun moment je n'ai eu l'impression que son discours avec une moindre consistance, ses meetings pouvaient se résumer à un grand sourire figé, les bras levés à la manière d'un messie. Et c'est sans parler de son spot publicitaire où l'on sent très bien qu'elle peut rendre grâce au prompteur. Sans oublier l'affiche électorale du premier tour, qui l'a faisait passer pour un timbre poste. Du coup, j'en viens même à me demander si cette idiote n'a pas empiété sur la campagne de Bayrou dont l'on peut maintenant attendre beaucoup mieux pour les années à venir. Il suffirait juste qu'il expose clairement les solutions qu'il aurait éventuellement à proposer et ce serait Toubon.

Il est évident que ce que proposait Sarkozy était des plus alléchants: un salaire à la hauteur du travail fourni, sans que l'Etat ne joue à la sangsue, la possibilité [devoir patriotique?] de travailler jusqu'à ce que mort s'en suive, la suppression des droits de succession.
Mais enfin bon, je suppose que vous connaissez, depuis le temps, le lien très étroit que j'entretiens avec le travail. Comme m'avait un jour dit un bon compagnon: "Dans travail, il y a aïe". Et ce n'est pas nouveau, je me contrefous relativement de gagner de l'argent à la pelle, surtout si j'ai une pioche à la place des bras et que je ne peux en profiter. Mais soit, admettons, je n'aurai peut-être pas à me plaindre un jour d'être dans la dèche.

Ce que le Français moyen que je suis craint en priorité, c'est la suppression de ses libertés qui lui sont chères. Je veux dire, avant de m'intéresser à des questions économiques, et tous ces discours larmoyants que je n'ai aucune foutue envie de comprendre, ce que j'attends d'un politique, moi, le Français moyen, souvenez-vous donc, c'est qu'il me foute avant tout la paix dans ma vie quotidienne.
Je ne veux pas voir de flics, qui vont d'ailleurs se sentir grandir plus encore d'ici demain, dans mon bistrot habituel, prêts à me suivre lorsque je rentre au bercail pour me coller une prune sous prétexte d'ivresse sur la voie publique. Sarkozy dénoncait l'assistanat de la gauche, mais je ne veux pas non plus de sa répression. Je ne veux pas que l'on m'interdise de fumer, ou plutôt que l'on m'en donne le droit divin, à domicile et les fenêtres ouvertes, à condition qu'il 'y ait pas un seul non fumeur à cinq-cents mètres à la ronde. Je ne veux pas avoir à me mettre au garde-à-vous devant un flicard ou un fonctionnaire et encore moins devoir surveiller moi-même mes faits et gestes à chaque respiration. Je ne veux pas voir un état de flics, où l'on apprend la Marseillaise dans les maternelles et aux frontières, avant d'organiser des rafles maquillées sous prétexte de renvoyer des vilains étrangers qui volent leur travail aux bons Français, alors que ce sont ceux-là même qui refusent d'exercer des tâches "salissantes". Je ne veux pas que l'on me fasse vivre pour et seulement pour une nation. Je préfèrerai bien plus quitter ce pays pour lequel je n'éprouve pas un amour particulièrement foudroyant. Va-t-on me laisser vivre comme je l'entends, ou m'asphixier encore plus?
Le nabot à l'ambition démesurée prône deux valeurs: le travail et la famille. Je le vois mal s'effacer devant son futur gouvernement, lequel a déjà fait ses preuves ces trois dernières années, malgré le fait qu'il n'en ait pas le choix. Je ne veux pas d'un homme qui pense que la délinquance et les maladies mentales, même des plus courantes comme la dépression, sont héréditaires. Il n'aurait alors plus qu'à s'appuyer sur Nietzsche et Darwin, cela serait presque normal et logique, après tout.
Je n'ai jamais aimé l'image de l'écrivain "engagé", cela m'a toujours semblé être du racolage, et j'en parlais déjà il y a un an, lors des manifestattions anti-CPE. Mais si j'ai encore la possibilité de cracher sur quelque chose, et que cela peut encore se diffuser, alors je ne me gênerai plus. Le droit de grève est presque aboli depuis un an et des poussières, les médias sont au service des divisions politiques. Ne reste que quelques journaux satirique, et notre liberté d'expression. Pour le moment. Et si, le 1er Mai 2008, en l'honneur de la fête du travail, l'on organisait un défilé de militaires et d'ouvriers, balayant les manifestations de syndicats et faisant passer pour de la contrefaçon celui du Front National.

Je n'aime pas les communistes, et n'ai aucune réelle conviction politique. Mais s'il est une chose que je me refuse à faire, c'est de regarder l'industrialisation de l'être humain. Un jour, seul le napalm dans les rues pourra changer quelque chose, et il sera trop tard. Sous Vichy, l'on trouvait une jolie devise sur les pièces de monnaie (oui, vous ne connaissiez pas mon penchant pour la numismatie, n'est-ce pas): Travail, Famille, Patrie. Un air de déjà vu? Certains diront que je suis d'une bien belle mauvaise foi, voire extrème dans ce que j'avance, et alors.

Bérurier Noir "Manifeste"


Je haïs mon pays et je haïs la France,
je haïs la patrie et je haïs les gens,
je n'suis qu'un survivant de l'armée rouge soldat,
ne crois plus comme avant et suicide toi.

Je haïs le pouvoir et je haïs les ordres,
je haïs les lois et je haïs la force,
je n'suis qu'un survivant de l'armée noire soldat,
je n'suis qu'un survivant et suicide-toi.

Je haïs l'armée et je haïs la guerre,
je haïs les curés et je haïs haïne,
oh je haïs les armes et je haïs les larmes,
je haïs les jouets et je haïs les bombes,
je n'suis qu'un survivant de l'armée bleue soldat,
je n'suis qu'un survivant et suicide-toi.

mardi, 02 janvier 2007

Requisitoire: contre le tabac

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On le trouve partout: dans les rues, les cafés et restaurants, les cours d'école. Le tabac est ce fléau moderne, pareil à une peste noire, qui obscurcit les poumons de tous, des fumeurs, pauvres fous qui décident eux-mêmes de leur propre mort, et des autres, passivement intoxiqués.

L'on ne le répètera jamais assez: le meilleur moyen d'arrêter de fumer, c'est de ne jamais commencer. Beaucoup avouent que leur première cigarette, fumée durant les années collège, était "pour faire comme les copains". Et puis s'ensuivent plusieurs autres, puis un paquet, un autre, jusqu'à ce que le pré-pubère pense ne plus pouvoir jamais s'arrêter. L'expérience montrera que l'augmentation régulière du tabac lui sera d'une aide utile. Il n'étais pas si rebelle que cela, après tout.

Et puis, il y a la première cigarette, simplement par curiosité. L'on y prend goût quelques temps, puis la délaisse jusqu'à ce que l'on tombe définitivement dans la marmite, plus tard. Le tabac prend alors une place importante dans la vie quotidienne. La cigarette d'après-repas n'a plus à prouver ses vertues, le moment du café-cigarette, en guise de petit-déjeuner ou d'encas à toute heure est un bonheur à toutes épreuves. Le buraliste, ou vendeur de mort pour les intimes, devient un ami. On le voit d'abord une ou deux fois par semaine, puis tous les deux jours jusqu'à ce que ses yeux semblent dire, lorsqu'il vous tend le paquet de blondinettes et vous rend votre monnaie "à demain".

Ainsi, pourquoi donc aller se plaindre de l'interdiction générale de fumer dans les lieux publics? Quitte à vivre dans un monde de Bisounours, assez bancal et aseptisé, autant que l'on puisse y respirer convenablement. D'ailleurs, fermons aussi toutes les usines, du moins les quelques survivantes à la banqueroute passée, histoire de réduire encore la pollution, et interdisons l'utilisation des véhicules privés. Allez hop, tout le monde dans des mini-bus Wolksvagen, comme chez les Hippies.

Plus sérieusement, cette nouvelle interdiction, qui ne fait en fin de compte qu'appliquer la Loi Evin, n'est aps une mauvaise chose en soi. Elle permettra aux pauvres non-fumeurs de ne plus voir leurs poumons salopés par les méchants truands de la cigarette, et aux sapeurs invétérés de continuer de donner constamment le biberon à leur cancer.

Le tabac est devenu un problème de santé public. Même d'un point de vue personnel, il reste une maladie qui ronge. L'on en arrive à ne plus vouloir courir après un bus pour ne pas avoir à reprendre sa respiration un quart d'heure durant, à se lever le matin en toussant, ou à être complètement lobotomisé lorsque l'on a pas sa dose, comme dirait mère-grand. Arrêter est l'une des choses les plus difficiles qu'il soit, malgré tous les traitement présents, patchs, gommes, et répression.


Sérieusement, vous avez cru à toutes ces foutaises? Car moi, j'aime fumer. Tout cela n'est qu'une interdiction de plus. Les vrais fumeurs, je veux dire, ceux pour lesquels le tabac est réellement un produit de plaisir, de consommation quotidienne, savent très bien quels risques ils encourent en tètant leurs tubes. Il est intéressant de remarquer que le complot entre des "victimes innocentes", comprendre les tabagistes passifs, et les médecins, pour faire pression sur les politiques quant à une répréssion totale des fumeurs, a plutôt bien fonctionné, à moins d'un an des prochaines présidentielles. Il est intéressant d'ajouter que l'on ne remarque là qu'un coup de marketing supplémentaire. En effet, les principaux lieux visés par cette interdiction, cafés et restaurants, ont un délai suffisant avant de devoir s'en inquiéter. En attendant, les cons de droite se sont mis des voix de côtés, après celles lâchement amassées "grâce" à la sécurité routière et aux expulsions.

En attendant, c'est sans compter sur le fric que l'état se met en poche grâce aux ventes d'alcool et de tabac.
De mon côté, j'aime fumer [bis]

Gainsbourg "Dieu est un fumeur de havanes"

Dieu est un fumeur de havanes
Je vois ses nuages gris
Je sais qu'il fume même la nuit
Comme moi ma chérie

Tu n'es qu'un fumeur de gitanes
Je vois tes volutes bleues
Me faire parfois venir les larmes aux yeux
Tu es mon maître après Dieu

Dieu est un fumeur de havanes
C'est lui-même qui m'a dit
Que la fumée envoie au paradis
Je le sais ma chérie

lundi, 04 décembre 2006

Requisitoire: contre les maisons de jeu

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C'est un masque de vice que revêt le joueur maladif. Selon lui, c'est un beau jour de chance: l'on est le premier samedi du mois et Saturne et dans la maison du Capricorne, alors que la vierge est visible. Il connaît par coeur le chemin du casino. A l'entrée, il peste contre cette nouvelle loi qui impose de montrer sa carte d'identité à l'entrée. Pourquoi devrait-il faire cela? Il n'a pas de problème avec les jeux d'argent, lui, ce n'est qu'un plaisir.

Il n'y a aucune différence entre le début et la fin du mois. Il va retirer une certaine somme en liquide, au distributeur qui se trouve à proximité de la maison de jeu: déjà en froid avec la banque depuis plusieurs années, il ne faudrait pas que celle-ci se rende compte qu'il joue. Au milieu des tintements intempestifs de pièces, de la foule qui erre dans les allées des machines à sous, il se dirige droit vers la caisse pour chercher de la monnaie. Tout est disponible, il n'a qu'à choisir. Sa préférence va pour les machines n'acceptant que les pièces de 50 cents. Mais l'on trouve aussi des machines à 20 cents, pour les joueurs plus modestes. Ca, c'est pour ceux qui ne sont pas ambitieux, dit-il à l'assemblée. Les machines à 1 euro? Vous croyez que je croule sur l'or, moi, ou quoi? Dès lors, il attend que sa machine attitrée se libèr. Attitrée, pas vraiment, mais il a gagné une ou deux fois dessus, et puis, si il y a bien un bandit-manchot qui doit lui prendre tout son fric, autant que ce soit celle-là.

Il commence de jouer, insérant ces pièces de 50 trois par trois. Bon enfant, il discute avec ses voisins. La roulette russe commence ses tours fatidiques: pertes, gains, pertes, gains, pertes pertes pertes, gains. Il tient fermement le gobelet de pièces, de la taille des verres de soda grande taille, que l'on vous sert dans un cinéma. On peut en mettre ed la monnaie, là-dedans. Et puis, la machine lui a tout pris. Le visage se transforme, comme fasciné par les lumières et le vice du jeu qui sévit à chaque coin d'allée. Plus de prudence cette fois-ci, il va directement au distributeur que met, dans un acte grâcieux visant à économiser vos forces, à disposition. Nouvelle perte. Retourner retirer de l'argent, l'offrir à la machine.

Certains disent que l'on trouve de tout dans ces maisons de jeux. Vrai, en partie. Bien évidemment, il y a des couples âgés, à la retraite aisée, qui sortent tout juste d'un resto huppé du coin, lui en costume-cravate et elle à l'apparat de bijoux, nécessaire lorsque l'on sort en public. Ce n'est qu'une partie de plaisir pour eux, une simple sortie qu'ils s'autorisent de temps à autres, pour se distraire. Ils ne joueront pas des sommes astronomiques, de totues façons, ils ont de quoi ne pas avoir à s'inquièter. Il y a aussi les petites vieilles qui viennent par groupes de deux ou trois. Celles-là ne puent pas le fric à plein nez, avec leur fringues modestes et leur mine sévère, facilement abrutie par le jeu. Elles prévoient plusieurs porte-monnaie, pour mettre de côté les quelques recettes, ou pour garder de quoi faire les courses le lendemain. L'on ne peut dire si leur retraite est confortable ou non mais l'on peut à coup sûr affirmer que si les gains ne sont pas à l'appel, les cadeaux de Noël des petits-enfants seront en commité restreint. Il faut savoir faire des concessions dans al vie, non?

L'on trouve aussi des jeunes actifs. Certains, encore une fois, viennent seulement prendre une partie de plaisir, après la pizzeria et avant la boîte de nuit. Ils viennent en groupes, prévoient chacun une petite somme et dont la perte ne les affectera pas plus que cela. S'ils gagnent, cela permettra de s'amuser encore un peu sur le site touristique, le restant de la soirée, s'ils perdent, ils ne demanderont pas leur reste, l'on s'amuse, c'est l'essentiel et tant mieux. Et il y a leurs compères, aussi de jeunes actifs, mais dans une situation moins favorables. ILs ont peut-être déjà une petite famille à nourrir, leurs parents ne peuvent les aider régulièrement, leur CDD va bientôt expirer. La solution miracle: gagner le super-jackpot. Après quelques dizaines d'heureux euros de perdus, ces jeunots aux tripes facilement vacillantes préfèrent partir, la mine déconfite, dégoûtés d'avoir pu croire en la chance. Ils ne remarquent pas leur bonne étoile, ils sont partis "à temps", eux.

Et il y a les autres. La trentaine ou la quarantaine, cela fait plusieurs années déjà qu'ils sont dans la mouise. D'ailleurs ils ne se souviennent plus avoir eu un mois facile ces cinq dernières années. Après le jour de paie, ils vont au casino dans l'espoir de mettre un peu de beurre dans les épinards. En fin de mois, afin d'échapper à l'inéluctable découvert. Dans les deux cas, qui sait de quoi sera fait leur repas du lendemain, si repas il y a. Couples ou vieux célibataires, ils viennent puiser ici une sorte de "dernière chance". Que dieu les écoute, ils travaillent dur, ont en général déjà élevé leurs enfants. Mais pareil, le amrché du travail n'est pas au top, et il y a les crédits. Un cercle infernal. Ils ne peuvent se contenter de gains dont se contenterai un joueur occasionnel et remettent le tout dans la machine. Leurs enfants, déjà partis de la maison, auraint bien besoin de cet argent. Oui, mais si l'on joue, peut-être gagnera-t-on le gros lot, et l'on pourra leur donner plus, non? Que dieu leur pardonne. En attendant, ils jouent et perdent, et n'ont pas même un petit quelque chose pour aider leurs progénitures.

Le casino s'emplit de masques. Joies simples et sincères, anxiété, rage. Toutes les émotions humaines se représentent ici. Il y a l'ennui de ceux qui accompagnent les joueurs invétérés, car ils portent chance, paraît-il. Pattes de la pin à la superstition malveillante. Tout est fait, restez ici, bonne gens. La climatisation tourne à plein régime. La fumée des cigarettes est vite évacuée, en même temps que se vident les centaines de gobelets plein de pièce. Au milieu du boucan des machines, des conversations (cris, pleurs, désespoirs, jubilation peut-être, tout peut arriver), l'on n'entend pas la musique diffusée par une radio de la bande FM.
Chacun de ces joueurs mordus est seul. Laissons-le en compagnie de sa machine, qu'il fixe d'un oeil vide. Laissons la magie de l'argent obtempérer, et évitons de croiser son regard lorsqu'il aura perdu, ce serait une décharge d'émotions que peu peuvent supporter. Laissons-le, bien à lui, que la chance lui sourie un jour, au moins.


L'on ne peut accuser ces gens de jouer, cela fait partie d'eux. Peut-être n'avaient-ils jamais eu un attrait pour le jeu, l'appât du gain a fait le reste. Moquons nous plutôt des mesures hypocrites prises pour empêcher les "gros joueurs" d'avoir accès aux maisons de jeux, quelques centaines d'individus, tout au plus. Rions aussi de cette formule nouvellement inscrite sur les tickets de jeu:

"Sachez vous arrêter, restez maître du jeu.", qu'il disait.

En image, la devanture du casino d'Amnéville, près de Metz. Et regardez voir sa description alléchante.

Pink Floyd "Money"
Money, its a crime.
Share it fairly but dont take a slice of my pie.
Money, so they say
Is the root of all evil today.
But if you ask for a raise its no surprise that theyre
Giving none away.

Huhuh! I was in the right!
Yes, absolutely in the right!
I certainly was in the right!
You was definitely in the right. that geezer was cruising for a
Bruising!
Yeah!
Why does anyone do anything?
I dont know, I was really drunk at the time!

jeudi, 02 novembre 2006

Requisitoire: contre l'anti-démocrate

Non pas que mon inconscience politique tende vraiment à vouloir s'exprimer, mais j'ai reçu cela au réveil, par l'intermédiaire d'une chaîne. En soi, cela me fait déjà sourire, que ce genre de chaînes servent à cela. Imaginez, du temps où j'étais jeune (wah, 16ans, la loose, crise d'adolescence et tout et tout), je recevais plutôt des trucs à la con qui ont provoqué ma vie malheureuse et mélo-dramatique, ou mono-drolatique, selon moi et suivant le point de vue. Rendez-vous compte, inconscients, une chaîne brisée équivalait à l'époque à cinq miroirs bousillés. Ahah, et beh je n'en suis pas sorti, mais nous verrons cela une autre fois, voulez-vous.

Cette vidéo est un joli panel des crasses dont le roquet teigneux est capable. Je vais pas m'étendre sur le personnage, on le connaît déjà, et puis c'est déjà trop à la mode chez la jeunesse d'aujourd'hui que de cracher sur Sarkozy, je n'ai pas non plus envie de tomber dedans. Mais il y a simplement que je trouve que tout ce qu'il a fait n'est pas forcément très humain, ou alors justement, cela l'est trop.
Alors, pourquoi diffuser cette vidéo, même si ma conscience politique me permet tout juste de choisir entre la peste et le choléra, que je ne suis pas dans les rangs des militants aguéris (pardonnez-moi mais, de nos jours, je trouve que c'est vraiment plus un effet de mode qu'autre chose, ou alors simplement histoire de se donner l'impression d'un flash-back vers la bonne époque des 60'-70'), que je ne me préoccupe pas encore spécialement de l'avenir économique de notre beau pays (pas besoin de tergiverser très longtemps pour savoir que dans la merde, on y est déjà, je le vois autour de moi, j'ai pas besoin de plus d'arguments). Et bien ma foi, c'est simplement que je ne trouve pas très chic la façon dont la droite se conduit d'une manière générale. Le dernier coup de pute effectué dans les règles: le renforcement de la loi Evin. Et là, vous voyez, je me sens tout de même vachement plus concerné, non pas que les autres coups foireux m'indiffèrent totalement, simplement, je veux dire que là, ça me touche directement. C'est égoïste, et alors, allez voir là-bas si j'y suis.
Ce que je ne trouve pas très sympa, c'est d'avoir, une fois de plus, pris une décision sans avoir vraiment demandé son avis au peuple. Ou alors, c'est juste que je devrais regarder les infos plus souvent, ou sortir de ma grotte, mais je me souviens pas d'avoir choisi, juste vu une date limite, et après cela, il y a de grande chance pour que je passe facilement la moitié de ma journée enfermé dans un emballage Tetra Pack© grandeur nature. Alors qu'il soit interdit de fumer dans les bus, trains (quoique là encore, dans tout le train, pas exagérer non plus, surtout pour les trajets de plus d'une demi-heure), cinémas, administrations, bâtiments d'enseignement, je suis d'accord, mais alors là, interdire la clope de façon intégrale dans cafés et restaurants, je trouve cela bête et totalitaire, c'est tout. D'autant que les espaces non-fumeurs sont déjà suffisants. Okay, ils n'empêchent en rien aux sacros-saints connards anti-fumeurs de ne pas recevoir un peu de goudron dans leurs poumons déjà crasseux de polution, mais c'est déjà pas mal. Et puis l'excuse du "le serveur n'a pas à être enfumé", et bien je réponds "mais merde à la fin, c'est son boulot". C'est bête et méchant? Je m'en fous, mais tout ce que l'on tente de faire, en plus de nous sucrer ce genre de libertés quotidiennes, c'est de trouver un nouvel électorat. Les petits vieux sont déjà largement acquis par la droite grâce à la politique de sécurité urbaine et aux grandes portions de nuggets que l'on peut régulièrement observer dans les villes. Les vieux, c'est acquis, ce sont ceux qui ne sortent pas le soir après 20h (tisane, suppo, et dodo), qui n'ont pas à rentrer à pattes du centre ville, qui n'ont plus à se préoccuper de leur avenir si ce n'est dans le choix des poignées (dorées/argentées), du bois (sapin/chêne) ou alors inhumation/crémation. Alors maintenant c'est au tour des monsieurs tout le monde de se dire "hey mais c'est vrai cela, pourquoi le connard de jeune qui fume devrait m'emmerder avec sa clope, j'ai le droit à de l'air frais", juste avant de vider d'un trait son verre de rouge et d'aller renverser les petits vieux sus-dits en bagnole. Et bien évidemment, les médecins sont de la partie. D'ailleurs, ils vont bien ensemble, médecins et politiques: ils essaient de faire peur, d'interdire un max. Les pires sont certainement les généralistes, quant aux spécialistes, il y en a quelques uns qui sont vraiment utiles. Mais du reste, le concours des médecins pour m'empêcher de vivre, je trouve cela crade d'autant que, vous pouvez me croire, des blouses blanches j'en ai déjà vu une bonne lampée, et ils ne sont pas toujours des dieux, pour preuve, il a fallu que je dise à ma pneumologue que je fumais "cinq cigarettes par jour depuis deux ans" pour qu'elle se rende comtpe de quelque chose, alors que je fume comme un pompier volontaire et que mes poumons en ont déjà une bonne claque dans la gueule, alors lorsque je vois ce genre de cons aller militer pour que l'on enferme les fumeurs dans des cages en plexiglas, cela me fait rire.

Tout cela pour dire que je ne fais pas particulièrement cas de l'inhumanité dont la droite fait preuve à travers son leader court-sur-pattes, mais plutôt de leur bêtise, et puis, prendre des décisions sans demander quoique ce soit au peuple, mais simplement serrer les fesses en attendant de voir si cela passe ou casse, je trouve pas cela très chic. Et surtout, car enfin il faut bien que tout cela m'apporte quelque chose, j'espère simplement que si le PS vient à sortir en 2007 (même la bonne femme, je m'en fous, cela fera une raison de plus pour les autres pays de se foutre de notre gueule, ahah), il dégagera cette foutue loi anti-tabac, c'est tout. L'on pourrait dire que la seule chose que j'invite à faire, c'est de ne pas se tourner à droite, et pas trop à gauche non plus, en y reflechissant bien.
Et hop, voilà la vidéo en question.

Renaud "Où c'est que j'ai mis mon flingue"

  J' déclare pas, avec Aragon,
 Qu' le poète a toujours raison.
 La femme est l'avenir des cons,
 Et l'homme n'est l'avenir de rien.

 Moi, mon av'nir est sur zinc
 D'un bistrot des plus cradingues,
 Mais bordel, où c'est qu' j'ai mis mon flingue ?

 J' vais pas m' laisser emboucaner
 Par les fachos, pas les gauchos,
 tous ces pauvr' mecs endoctrinés
 Qui foutent ma révolte au tombeau.

(...)

 Moi j' crache dedans, et j' cris bien haut
 Qu' le bleu marine me fait gerber,
 Qu' j'aime pas l' travail, la justice et l'armée.
 C'est pas demain qu'on m' verra marcher
 avec les connards qui vont aux urnes,
 Choisir celui qui les f'ra crever.
 Moi, ces jours là, j' reste dans ma turne.
 Rien à foutre de la lutte de crasse,
 Tous les systèmes sont dégueulasses !
 J' peux pas encaisser les drapeaux,
 quoi que le noir soir le plus beau.
 La marseillaise, même en reggae,
 Ça m'a toujours fait dégueuler.

mercredi, 27 septembre 2006

Requisitoire: contre la Poste

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Songeons à l'inefficacité de la Poste Française.

Il y a quelques semaines de cela, j'avais fait, une enième fois, l'amer constat suivant: les gens ne s'écrivent plus. Bien évidemment, l'on doit cela à la sacro-sainte technologie, qui privilégie la rapidité et une prétendue efficacité à toutes épreuves. Malgré son caractère totalement impersonnel, ça a la cote depuis quelques temps. Je ne vais certainement pas cracher sur le déifié Internet, j'en use sans abus, et dois bien avouer qu'il est parfois foutrement utile. Je ne vais pas non plus tergiverser inutilement sur les ravages que produisent ordinateurs et portables sur la langue française, je n'ai pas l'âme d'un vieux lutin à collier énorme autour du cou. Seulement, le constat est là: les gens ne s'écrivent plus, bis repetita dixit.

Il est tout d'abord aisé de remarquer qu'il est bien plus facile de taper sur des touches numériques plutôt que de prendre cette bonne vieille plume d'oie, ou stylo Bic, selon les goûts. Mais enfin, qu'ont donc ces foutues machines devant le plaisir d'ouvrir une enveloppe avec le vieil Opinel N°8 de grand-papa, d'en sortir les feuilles manuscrites, et de se plonger dans une lecture qui semble comme un dialogue en tête-à-tête. Cela revient au même après tout, la lettre étant beaucoup moins impersonnelle et je dirais, "vulgaire", qu'un écran. Mais c'est certainement sans compter le prix du timbre, du papier et de l'encre, tout simplement exhorbitant lorsque l'on les compare à une saloperie de machine dernier cri. Vous riez, hein, mais il m'est une fois arrivé de m'esclaffé du prix des timbres.

C'était à l'occasion de ma participation à un foutu concours de nouvelles. Bien évidemment, il fallait envoyer le chef d'oeuvre en trois exemplaires, cela les emmerderait de faire des photocopies, et vlan, il faut bourrer, comme une dinde mal farcie, l'enveloppe A4, spécialement achetée au bureau de poste. Il me semble, pour une enveloppe et une bonne demi-douzaine de timbres qui font ressembler le tout à un puzzle incomplet, cela avait bien dû me coûter un peu plus de deux euros. Non, ce n'est pas un quelconque instinct communiste qui ressurgit, loin de moi ce genre d'inepties, mais seulement, je trouve que cela fait cher payé, la communication. En fait, je crois que cela me paraît invraisemblable que de devoir payer pour communiquer. Paye-t-on pour parler avec quelqu'un, en chair et en os? Bien sûr, pour parler avec mon auguste personne, c'est le tarif fort, mon temps est précieux. Ah, et pour les putains cela marche aussi, mais sinon. Payer pour communiquer, alors que l'on a déjà bien du mal à se parler, à s'exprimer, à s'écouter, à se comprendre, s'ajoute à cela le problème pécuniaire. Je trouve cela fortiche, tout de même.
L'on pourrait me rétorquer, et à juste raison, que le papier, cela se paie, tout comme les facteurs, leurs véhicules, et l'essence. Tiens, l'essence, voilà, j'ai trouvé, le prix du timbre qui augmente de dix centimes par an, c'est la faute aux Arabes, évidemment.

Le facteur, parlons en. Lorsque l'on lit "Le Postier" de mon bien-aimé Bukowski, l'on en vient facilement à épprouver de la sympathie pour ces fonctionnaires au service du peuple et de la nation, qu'il pleuve, vente, neige. C'est un métier physique, où l'on risque de se faire arracher les couilles par un chien galeux, de glisser sur une plaque de verglas faite maison par mémé teigneuse, et il faut connaître chaque recoins de la ville.
En France, je n'ai pas vraiment l'impression que le métier de facteur soit aussi insurmontable. Tout d'abord, j'ai appris, mais je ne sais si c'est le cas dans toutes les villes de notre bon patrimoine, qu'il n'y a qu'une seule levée par jour. Ainsi, beaucoup de travail, peut-être effectué en une seule fois, mais sinon, il faut user de stratégie pour que le courrier que l'on veut urgent prenne des ailes le jour-même.
Et puis, le facteur, avant, c'était le bonhomme à moustache, sur sa bicyclette jaune, et qui traînait son sac plein de cartes diverses, postales, d'anniversaire, de condoléances. Maintenant, il conduit son Kangoo jaune, avec à l'arri!re la mignonne étiquette "Arrêts fréquents". Mieux, dans les Vosges, où il n'y a qu'un patelin à une dizaine de kilomètres à la ronde, j'ai eu un jour l'occasion de voir un fonctionnaire en pleine action, dans un vieux bistrot miteux, à s'enfiler deux ou trois verres de rouge avant de reprendre sa tournée.

Alors, je ne m'étonne plus de trouver que le courrier circule avec la même rapidité que votre serviteur trottinant après son bus. Bien sûr, n'allez pas m'imaginer en train de guetter l'arrivée du képi, mais seulement, au vu de ces quelques éléments, n'allons pas nous étonner que les gens ne s'écrivent plus. Du fait, si internet permet d'accomplir tant de choses, je me demande s'il me serait possible d'avoir dans les cinq minutes qui viennent, un paquet de tabac et des feuilles à rouler.

Très bien, je m'en vais donc fumer et vous souhaite d'agréables moments, n'oubliez pas d'ouvrir les yeux, toujours.