04.10.2009

Notes sur l'écriture (14)

En m'essayant à cet exercice, le roman semble d'une difficulté plus abordable tant il peut être totalement extérieur à soi. Dans ce cadre, je suppose que ce qui fait son succès (en opposition à la poésie par exemple) tient dans le fait que le lecteur se trouve juxtaposé aux personnages, dans une confrontation indirecte, à distance, presque amicale.

27.09.2009

Notes sur l'écriture (13)

Extrait de correspondance avec Ph. Leteissier.

La prochaine (et j'espère la dernière) version de VHS voit peu à peu le jour, preuve s'il en est que je ne fais plus que jacasser sans agir. Je plonge dans mes papiers et mes carnets à la recherche de pièces susceptibles d'être incorporées à l'une ou l'autre des parties. Comme j'ai dû vous le dire il y a quelques temps, chaque partie n'en comptera maintenant plus que 15, afin d'alléger le recueil dans son intégralité et de ne pas offrir à Lecture une importance qui supplanterait les autres sections. L'avantage du recul aidant, je prends cette fois-ci plus en compte, non pas la cohérence, le rythme des poèmes ou leurs thématiques, mais l'impression que je tenterai de laisser au lecteur à la fin de chaque section, sorte d'électrocardiogramme épileptique. Du moins, telle est là mon ambition et l'ordre des sections devient à nouveau une problématique d'envergure.
Je songeais dernièrement à inclure une sixième partie, sûrement nommée Enregistrement ou quelque chose approchant. Et finalement, dans mon espoir à long terme de travailler sur la lecture poétique (rendant ainsi à la poésie une part de son rôle premier) je me suis rendu compte que cette partie sera toute prête, sorte d'annexe au recueil. Comment ai-je pu ne pas y penser plus tôt ?! Mais je suis encore loin du compte.

01.12.2008

Notes sur l'écriture (12)

Le roman se veut voyage à travers l'être. Il ne doit pas seulement raconter, mais avant tout montrer - sans pour autant expliquer - les différentes possibilités issues d'une situation donnée. Il s'agit de déterminer les motivations dans diverses actions et relations.

07.08.2008

Notes sur l'écriture (11)

Outre l'observation et les ressentis, l'écriture naît parfois de visions issues de l'état de veille, durant lequel le sommeil frappe suffisamment l'esprit pour le détraquer.

 

Ces visions, bien loin d'être de simples hallucinations, sont égales sinon supérieures à celle que peuvent provoquer diverses substances. Elles viennent parfois de bien plus loin, pour ne pas dire de nulle part.

De ce fait, considérer l'apprentissage de celles-ci, tant pour les provoquer que pour les empêcher d'être par trop envahissantes.

 

Car comme le fait de se voir mourir en rêve, elles n'ont ni logique ni concrétisation matérielle.

04.07.2008

Notes sur l'écriture (10)

En prenant en compte le fait que l'écriture puisse être une recherche intrinsèque ; de même, tout ce qu'elle implique en tant que curiosité, démantèlement des sens personnels et observation complète, voilà la nécessité pour l'auteur de prose fictive comme pour le poète de se livrer tout entier pour et à travers ce qu'il crée.

De la même manière, cela implique l'acceptation du fait qu'il ne s'agisse pas seulement d'être acteur et spectateur, mais aussi -et presque en premier lieu- tableau que l'on examine et qui se doit de se laisser faire; ainsi que de lever tous voiles, tant dans le cadre intime et affectif, que créatif.

27.05.2008

Notes sur l'écriture (9)

L'écriture peut aussi naître de l'angoisse, celle du rendez-vous avancé avec la Grande Faucheuse.

L'important serait d'assimiler les angoisses. Elles nous plongent dans un état second et font apparaître le réel comme pour la première fois.

Nécessités de l'état de "transe", quels qu'en soient les déclics.

24.04.2008

Notes sur l'écriture (8)

En lisant la préface des Lettres à Lili Brik, de Maïakovski, et en songeant aux différents cénacles littéraires qui ont vu le jour suivant les époques. Exemple de l'orientation d'avant-garde conservatrice qu'essayait d'imposer Maïakovski, soutenu par les Brik. Courant synthétisant cubisme et futurisme (à préciser), sur fond de révolution de 1915.
De là découle une poésie plus orale en raison de la rupture de papier. Influence relative mais certaine des littérateurs quant à la Révolution de 1915.

A partir de cet exemple, il s'agit de savoir si un écrivain fait obligatoirement partie d'une mouvance littéraire, même malgré lui, comme le suggère le cas de Bukowski, très souvent assimilé au mouvement Beatnik.

De nos jours, peut-on dire que des groupuscules se créent grâce aux avancées technologiques de ces vingt dernières années, notamment à travers le biais de communautés crées par le biais d'Internet.

22.04.2008

Notes sur l'écriture (7)

L'un des rôles de l'écrivain est de tirer profit des différents possibles d'une situation donnée.

Quant à son issue, elle se détermine bien souvent à partir de sentiments prédominants. La chute d'une nouvelle (ou même ne serait-ce que son développement) est étroitement liée au caractère que choisit d'attribuer l'écrivain à ses personnages.

D'où la nécessité de les vivre comme soi-même, et ce afin que leurs sentiments, dont découle une grande part de la personnalité, permettent une mise en oeuvre complète et réaliste d'une intrigue.

16.04.2008

Notes sur l'écriture (6)

L'écriture demande bien plus qu'une maîtrise de la langue. Et avoir matière à écrire grâce à l'observation (dont découle aisément la compréhension ainsi que la retranscription d'un réel déformé) n'est pas non plus l'essentiel.

Il faut pouvoir ne faire qu'un avec la ponctuation et la signification des mots, qui sont finalement beaucoup plus que de simples ustensiles. Ils doivent d'eux-mêmes prendre vie et divulguer les secrets enfouis derrière les façades plastiques de la réalité.

Ne faire qu'un et ce de la même manière qu'un musicien avec son instrument.

A l'observation et au dérèglement des sens s'ajoutent l'écoute et l'explosion des sentiments, dernier ingrédient permettant que la magie de l'alchimie de l'écriture opère.

Chaque mot, chaque ponctuation doit avoir son intimité / autonomie.
Ainsi, la subversion procurée par la rage (de vivre, d'écrire) permet la prompte diffusion du réel par des mots instinctifs, et sans aucune soumission. Sans cesse retravaillées, les phrases (ou les vers) perdront de leur éclat procuré par l'unique instant de création. D'où la nécessité de frapper juste, si possible au premier essai. Il y aura toujours le besoin de corriger ou d'arranger, mais il faut en conserver la valeur instinctive.

Les mots doivent d'eux-mêmes flotter, voire lacérer la page.

07.04.2008

Notes sur l'écriture (5)

L'on reconnaît un romancier hors-pairs en ce qu'il est ses propres personnages. Outre le fait qu'il les crée et les modèle suivant sa volonté, il en est aussi chaque pensée, chaque allure, chaque acte, et ce à la manière de l'acteur de talent qui se confond avec le personnage qu'il devrait jouer.

De la même manière, le poète doit se faire réceptacle d'un ensemble; réceptacle dont il est le centre.
Les mots-émotions doivent émaner de cet ensemble chaotique (dans la plupart des mythologies, le Chaos donne naissance à l'ordre établi.) ,jusqu'à paraître palpables.

Nécessité pour le poète de mêler environnements internes et externes, de ne pas succomber à l'égocentrisme d'une poésie subjective, celle-là même dont parle Rimbaud dans sa lettre à Georges Izambard, datée du 13 Mai 1871.

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