jeudi, 24 avril 2008

Notes sur l'écriture (8)

En lisant la préface des Lettres à Lili Brik, de Maïakovski, et en songeant aux différents cénacles littéraires qui ont vu le jour suivant les époques. Exemple de l'orientation d'avant-garde conservatrice qu'essayait d'imposer Maïakovski, soutenu par les Brik. Courant synthétisant cubisme et futurisme (à préciser), sur fond de révolution de 1915.
De là découle une poésie plus orale en raison de la rupture de papier. Influence relative mais certaine des littérateurs quant à la Révolution de 1915.

A partir de cet exemple, il s'agit de savoir si un écrivain fait obligatoirement partie d'une mouvance littéraire, même malgré lui, comme le suggère le cas de Bukowski, très souvent assimilé au mouvement Beatnik.

De nos jours, peut-on dire que des groupuscules se créent grâce aux avancées technologiques de ces vingt dernières années, notamment à travers le biais de communautés crées par le biais d'Internet.

mardi, 22 avril 2008

Notes sur l'écriture (7)

L'un des rôles de l'écrivain est de tirer profit des différents possibles d'une situation donnée.

Quant à son issue, elle se détermine bien souvent à partir de sentiments prédominants. La chute d'une nouvelle (ou même ne serait-ce que son développement) est étroitement liée au caractère que choisit d'attribuer l'écrivain à ses personnages.

D'où la nécessité de les vivre comme soi-même, et ce afin que leurs sentiments, dont découle une grande part de la personnalité, permettent une mise en oeuvre complète et réaliste d'une intrigue.

mercredi, 16 avril 2008

Notes sur l'écriture (6)

L'écriture demande bien plus qu'une maîtrise de la langue. Et avoir matière à écrire grâce à l'observation (dont découle aisément la compréhension ainsi que la retranscription d'un réel déformé) n'est pas non plus l'essentiel.

Il faut pouvoir ne faire qu'un avec la ponctuation et la signification des mots, qui sont finalement beaucoup plus que de simples ustensiles. Ils doivent d'eux-mêmes prendre vie et divulguer les secrets enfouis derrière les façades plastiques de la réalité.

Ne faire qu'un et ce de la même manière qu'un musicien avec son instrument.

A l'observation et au dérèglement des sens s'ajoutent l'écoute et l'explosion des sentiments, dernier ingrédient permettant que la magie de l'alchimie de l'écriture opère.

Chaque mot, chaque ponctuation doit avoir son intimité / autonomie.
Ainsi, la subversion procurée par la rage (de vivre, d'écrire) permet la prompte diffusion du réel par des mots instinctifs, et sans aucune soumission. Sans cesse retravaillées, les phrases (ou les vers) perdront de leur éclat procuré par l'unique instant de création. D'où la nécessité de frapper juste, si possible au premier essai. Il y aura toujours le besoin de corriger ou d'arranger, mais il faut en conserver la valeur instinctive.

Les mots doivent d'eux-mêmes flotter, voire lacérer la page.

lundi, 07 avril 2008

Notes sur l'écriture (5)

L'on reconnaît un romancier hors-pairs en ce qu'il est ses propres personnages. Outre le fait qu'il les crée et les modèle suivant sa volonté, il en est aussi chaque pensée, chaque allure, chaque acte, et ce à la manière de l'acteur de talent qui se confond avec le personnage qu'il devrait jouer.

De la même manière, le poète doit se faire réceptacle d'un ensemble; réceptacle dont il est le centre.
Les mots-émotions doivent émaner de cet ensemble chaotique (dans la plupart des mythologies, le Chaos donne naissance à l'ordre établi.) ,jusqu'à paraître palpables.

Nécessité pour le poète de mêler environnements internes et externes, de ne pas succomber à l'égocentrisme d'une poésie subjective, celle-là même dont parle Rimbaud dans sa lettre à Georges Izambard, datée du 13 Mai 1871.

jeudi, 03 avril 2008

Notes sur l'écriture (4)

La poésie ne demande pas à être découverte et maniée avec préméditation. Elle doit être imprégnée de sensations, pures, simulées ou même alambiquées.
De ce fait la poésie dans sa forme le plus simple et naturelle peut imbiber son réceptacle de la même manière qu'un alcool enivre. Certaines femmes ont ce caractère poétique, capables de transposer le réel pour en faire une alchimie de l'instant.

Dans l'idéal, la poésie est un ticket vers des mondes parallèles.

 

Confer: Notes sur l'écriture 

           Notes sur l'écriture (bis)

           Ecritures-objections

dimanche, 16 mars 2008

Ecritures-objections

L'ultime cruauté est certainement de mettre les personnes face à elles-mêmes. Ni reproches, ni constat de ce qu'ils sont incapables d'éprouver ou de faire; simplement les dépeindre dans leur généralité la plus grotesque, jusqu'aux détails les plus spongieux. Créer le miroir de leur hantise: le manque de reconnaissance élogieuse.

Quitte à pousser les comportements primaires (vanité, ambition fastidieuse, besoin constant d'un public, méchanceté strictement due à l'ignorance) à leur paroxysme. Paroxysme dont ils sont néanmoins capables.

L'écrivain, pour accéder à un minimum de crédibilité et de "permission" d'agir, doit tout d'abord avoir été lui-même le sujet d'une auto-analyse sans concessions.

Pour que l'ensemble forme une sorte de théâtre des cruautés. Sans que cela ne donne l'impression de représenter le tableau dans son intégralité.

jeudi, 06 mars 2008

Notes sur l'écriture (bis)

Considérer que la poésie devrait, autant que possible, se rapprocher d'une explosion. Ou d'une implosion.
Le choc susceptible d'être produit doit bombarder le lecteur et le remplir d'images, d'impressions inscriptibles au fer rouge, de sentiments.

De la même manière, elle peut purger en lui ses démons et ses beautés; faire resurgir de l'intérieur sentiments / impressions et caetera, profondément enfuies, dont l'on aurait pas même conscience ou sur lesquels il est difficile de poser des mots.

jeudi, 11 octobre 2007

Notes sur l'écriture

Rien n'apprend à écrire, que l'on en convienne, et l'écriture semble un mélange subtil et délicat entre ressentis et techniques du verbe. Il s'agirait dans un premier temps d'expulser les bases de l'être, qui nagent à la surface de la peau et de la parole en tant que partie émergée de l'iceberg commun.

Il ne s'agit souvent que de cela, de l'expression impure et par trop simpliste de fausses spécificités de l'individu, de celui qui s'essaie à la création et n'a pour seul objet que la dépendance propre à son égo. Voilà qui déteint sur l'envie immuable de produire, et les déconvenues sont peu remarquables: racontards de sentiments sans profondeurs et descriptions puériles dont l'épicentre n'est situé qu'à la commissure des lèvres, de ce qui peut être dit sans escales. Par là, il ne s'agit pas de raconter à un ensemble limpide des exhalaisons de joies ou de mélancolies singulières mais le but est trop souvent de se montrer et de faire remarquer à une tierce personne, bien ciblée, les fondements de traits personnels, ayant plus particulièrement pour bases une souffrance légère, minime en petits bobos que le monde connaît déjà bien, et par la même, exagérée.

Il est bien évidemment difficile d'envisager l'acte d'écrire. Ce qu'il implique est complexe à discerner et ne se résume certainement pas au fait d'écrire proprement dit, c'est-à-dire coucher et aligner quelques mots. Cette partie du jeu est en soi la plus simple, car il y a avant tout une recherche constante et qu'il faut sans cesse diversifier. Recherche se situant en ce qui a déjà été fait, mais pas seulement dans le strict domaine-cocon de la littérature. C'est un ensemble -cohérent ou non, qu'importe- qui participe à l'aboutissement, d'avance vain, de cette recherche. Envisager ce tout de manière universelle: littérature, cinéma, musique, ars graphiques mais aussi, car ce sont là des éléments non négligeables de la société actuelle, l'ensemble des médias, les phénomènes dits "populaires", le système dans ses grandes ou plus petites lignes, ainsi que les lois morales ou sociales qui le régissent.
Ne se trouvent là que les matériaux de l'écriture, ses sujets de recherche ou de silence volontaire. Il est inutile de discourir sur les techniques ou diverses méthodes déployées afin de maner au mieux le Mot, communément regroupées sous l'étiquette du "style", ce dernier n'ayant de rapport qu'à la subjectivité et l'appréciation de tout un chacun. Outre la richesse dans le nombre ou la diversité de l'objet à écrire, celui-ci se devant dans l'idéal un caractère universel, non-restrictif et encore moins élitiste, il y a un autre point important à considérer: la perception.

Cette dernière doit pouvoir être libérée de toutes contraintes, physiques, idéologiques ou tout bonnement communautaires. Si l'un des buts premiers de l'écriture, mise à part la simple communication, est de montrer (et d'une certaine manière, éduquer à observer/comprendre), il serait par conséquent inutile de s'astreindre à un seul point de chute, à un objet unique, ou ne serait-ce même qu'à une seule catégorie d'objets. Il est convenu que dans l'idéal, l'écriture et son résultat se doivent d'être diversifiés. Par là-même, la perception se libère au gré de l'indifférence à un genre ou sous-catégorie. Bien entendu, il serait des plus fastidieux, voire tout bonnement impossible de montrer le Monde dans son intégralité, mais il est tout de même possible d'en extraire de nombreuses subtilités. L'on peut aussi accorder aux différents psychotropes (drogues, caféïne, nicotine, alcool, et caetera) le privilège de rendre la perception de ce qui est interne et externe à l'être beaucoup plus assidue. Pour cause, l'on connaît les effets principaux de ces substances, incluant une intensification des couleurs, sons, enchassements des pièces d'un puzzle, sens "nouveaux" et une compréhension presque sans limite. La visualisation d'un tableau d'ensemble, bien qu'exagérée par l'état second, frôle l'intensité parfaite.

L'écriture peut dont se considérer comme un cri de l'être, qui se permet l'expression intégrale de ce qu'il était, est, ainsi que de son désir d'être ou d'un vouloir-vivre retrouvé. De la sorte, l'on peut comme Bukowski envisager qu'il s'agit de poser ses tripes sur une table.
Mais ce dernier a aussi le mérite de montrer, par la même occasion qu'il s'exprime, ce qu'est le monde. L'écriture se doit de ne pas être seulement individuelle, ou ne serait-ce même que de l'expression pure, d'autant plus lorsqu'elle s'adresse à un lectorat minime et particulier.
N'oublions pas non plus que l'écriture a pour vocation vertueuse, outre celle du voyage et de l'évasion à bas prix, celle d'éduquer, non pas une élite ou l'homme médiocre, mais l'individu, quel qu'il soit. Cela peut avoir rapport à son mode de pensée ou à son intimité la plus profonde. C'est pourquoi l'acte d'écrire se fait ouverture au monde, afin d'en tirer un certain apprentissage, quant à la sensibilité ou à la manière de vivre. Apprentissage qui ne trouverait tout son sens que lorsqu'il est communiqué, qu'il se prouve de lui-même à l'être écrivant comme finalité de son produit, comme ayant-droit au but de montrer les choses de façon toute autre que celle par laquelle elles ont été inculquées. Cela peut passer par une sorte de visée documentariste mais aussi en ce que l'objet décrit, transfiguré par le biais des mots peut conduire à une appréhension différente du monde réel. Dans une stricte utopie, l'on pourrait suggérer que l'écriture puisse amener son public, ou même l'individu, à remettre en cause ce qu'on lui a appris et, mieux, par le mélange des genres et des sujets traités, à tenter de se trouver lui-même, en une maïeutique qui se voudrait de plus en plus consciente. L'écriture en tant que simple vecteur du réel.