05.08.2008
Exercice digital (4)
Voilà, ça y est, le point de rupture est atteint et il n'y a plus rien à considérer. Juste se laisser exploser avec un flingue sur la tempe, comme pour vous dire "Vis maintenant ou tu vas crever". Y'a des trucs simples que je ne suis pas capable de faire moi-même. C'est une bonne question même pas utile. Alors on pourra continuer et recommencer, et j'irai souffler sur les réverbères qui rampent le long de la route, les yeux rivés sur le compteur de vitesse qui me ramène chez moi.
Voilà, ça y est, point de rupture, l'esprit a pris sur la gueule et court d'un oeil à l'autre. Des fois, il frappe aux fenêtres de mes lunettes pour me montrer ce que je n'avais pas vu: ces conversations désenchantantes et sucrées comme du poison. Et j'irai faire l'esclave-bénévole jusqu'à ce que l'on me dise: "Va-t'en, tu peux disposer". Et j'aurai eu le sentiment d'avoir été foutrement utile. D'avoir été, comme l'hiver qui se répand sur les parchemins de ma langue. J'ai entendu tout ce que vous disiez.
Par mégarde je gerbe une partie de mon repas de midi en me brossant les dents. Certains auraient compté les morceaux ou regardé ce que j'avais avalé de bon. Me suis contenté d'asperger le tout d'eau. Hop, bon débarras, on passe à autre chose.
12:45 Publié dans Exercice digital | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, poèmes, poésie, arts, deathpoe |
Facebook
03.07.2008
Exercice digital (3)
Il me faisaient bien marrer tous les deux à se regarder dans le blanc des yeux alors que je me trouvais juste à côté, la jambe reposant négligemment sur le genoux opposé, planquant un sourire derrière la fumée de ma cigarette. Oui voilà, ça y est, cela commence: il s'appuie contre son épaule puis se terre dans les plis de son cou comme le ferait un chiot avec sa maîtresse. Il est touchant, mais aussi très certainement ridicule.
Elle, par contre, serait bonne à cogner. Elle affiche un air de supériorité des plus agaçants, avec son maquillage de camion neuf et ses bijoux du plus mauvais goût, que l'on dirait fauchés à une grand-mère naît dans les années 20. L'on peut très bien penser qu'elle se sente grandie d'être à ce point l'objet de toute son attention. Un animal de cirque à qui l'on lance des cacahuètes ne ferait tout bonnement pas preuve de plus de satisfaction.
Voilà qu'il lui donne la becquée. C'en est risible mais il faut se taire, se soustraire à ces instants où la vérité serait éclatante, douloureuse. Voilà même que des messes basses sont chuchotées aux oreilles. Voilà, je préfère, m'enfuir.
21:58 Publié dans Exercice digital | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe, arts |
Facebook
26.06.2008
Exercice digital (2)
Elle s'est installée une chaise sur le balcon afin de regarder les voitures passer ainsi que les ouvriers qui arrachent des plaques de trottoir à l'aide d'une pelleteuse.
Tout est à refaire. tout est à refaire depuis le début en attendant la fin. Nous ne sommes plus immunisés contre la chaleur et des myriades de moustique se nourrissent de notre sang sucré. De même ces écrans nous pompent le cerveau jusqu'à ce qu'il coule par terre, en une flaque grise finalement phosphorescente à force d'avoir été irradié de lumière artificielle.
14:22 Publié dans Exercice digital | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe, arts |
Facebook
25.06.2008
Exercice digital (1)
La chaleur et l'attente m'avaient mis de mauvais poil. Dehors, les ouvriers finissaient de recouvrir de goudron les trottoirs qui n'étaient plus que des amas de cailloux.
J'ai d'abord débranché le téléphone du chargeur avant de le plaquer au sol et de lui coller deux coups de talon, bien secs. Si cela avait été nécessaire, le but aurait été de tuer. Je m'en foutais, mes pompes me protégeaient. Et la douleur n'est qu'un stimulant de plus. Deux minutes plus tard, sans raison, ni une ni deux, le voilà qui traverse d'une traite le salon pour aller rebondir contre le mur du couloir. Voilà qu'il agonise comme un mouton que l'on vient d'égorger.
Quant à moi, j'ai plusieurs univers à bâtir de mes propres doigts, et des montagnes visuelles et de papier à parcourir. Le voilà qui agonise. Je n'ai plus assez de temps.
15:49 Publié dans Exercice digital | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : littérature, écriture, écrits, poèmes, poésie, deathpoe, arts |
Facebook





