mercredi, 12 mars 2008
Elle, lui, eux: les innocents
*Elle, demande à ses clients si la musique d'Elvis Presley diffusée dans le bistrot ne les dérange pas.
*Lui, sexagénaire mal conservé et sus-dit client, affirme qu'on n'a rien fait de mieux depuis le King. Certainement pas.
*Eux, s'excusent en riant effrontément après que deux boules de billard ont traversé les lieux en planant, comme par magie, au-dessus de plusieurs tables. Nouvelle forme d'attentat?
*Elle, clame que la vingtaine, c'est beaucoup trop jeune pour avoir des enfants. Et d'ailleurs, il fallait bien que son congélateur serve à quelque chose.
*Lui, affirme avoir pensé que sa compagne faisait un brin d'humour en ayant répondu "notre bébé, mon amour", à la question "oh, chérie, on mange quoi à midi?"
*Eux, fervents militants anti-avortement, conviennent qu'il était peut-être mieux, finalement, que l'accusée ait procédé à l'IVG. Avec un peu de recul, ça ou qu'elle ait gâché le reste de son existence. Bah, il y a des cas isolés un peu partout.
*Elle, vraiment pas gâtée par la nature, commande timidement un grand café, ce lundi matin.
*Lui, employé simplet, raconte tout content le jour où il vola son jouet couinant à un chien. "Prends le, je n'en veux plus" qu'il m'a dit.
*Eux, chômeurs et alcooliques potentiels. C'est la faute à la société disent-ils. Ils ont, bien entendu, en partie raison.
*Elle, se lance dans la lecture de Proust durant ses quelques jours de congé.
*Lui, déclare qu'il n'aime pas téléphoner sur un portable. Cela coûte beaucoup trop cher.
*Eux, avouent leur innocence. Ils n'ont rien fait, bordel, rien fait. Ils le jurent. Tout comme une grande partie de la population carcérale.
*Elle, ne lit exclusivement que les tabloïds et les résumés de séries TV.
*Lui, au moment de l'accusation, s'écrie "Mais elle avait huit ans!"
*Eux, célibataires au foyer des Amis de Francis Heaulme, sont tous d'accord pour dire que les femmes ne sont que des putains que l'on ne paie pas.
*Elle, considère que les chats d'appartement sont une race à part entière.
*Lui, enfant de huit ans disant à son père "Papa, la madame toute nue dans ta chambre me fait peur."
*Eux, que presque personne n'avait prévenu qu'il y avait une grève des transports.
*Elle, qui parle toujours des mêmes choses.
*Lui, qui fait le grand nettoyage de son bistrot, parce qu'il n'y a personne.
*Eux, tenanciers d'un troquet totalement vide, et ex soixante-huitards pour qui ça a vraiment mal tourné.
*Lui, complètement à la masse. Mais vous ne pourrez jamais rien prouver.
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lundi, 10 septembre 2007
Elle, lui, eux: les ignorants
*Elle, femme, tout simplement, et féministe convaincue qui plus est.
*Lui, au comptoir du vivre, détient la vérité, toute la vérité, sur l'enrichissement social par la télévision.
*Eux, subviennent à l'avenir des prisons dorées, sous les bonnes paroles de leurs aînés, devant les tableaux noirs.
*Elle, affirme que rien ne vaut les critiques culturelles du programme télé.
*Lui, estime que le baroque est la seule musique valable.
*Eux, de même que précédemment, mais pour d'autres genres musicaux.
*Elle, démontre sa culture supérieure en ayant lu et relu Proust.
*Lui, retient un seul discours: Dieu le Grand, Maître horloger de Pères en Fils, est notre seul Salut.
*Eux, ont voté Sarkozy aver ferveur, pour quelques heureux euros de plus.
*Elle, ne jure que par la connaissance de son compagnon, chien père ou amant.
*Lui, pour qui ceux qui ne connaissent pas l'intégral des Monty-Python ne sont que des nuls.
*Eux, à l'Arsenal de Metz, jettent leur condescendance sur les jeunots pour qui l'art de la musique est inconnu, et ne sont là que pour en apprécier les émotions volantes.
*Elle, loue l'intellect, qui surpasse tout.
*Lui, itou pour la sensibilité.
*Eux, affirment hautetfort que l'effort physique est le seul travail digne de ce nom.
*Elle, adore lorsque l'on l'écoute dire qu'elle entre en histoire des arts.
*Lui, effondré par sa rupture / encensé par sa relation.
*Eux, en petite troupe, et chacun s'affirmant que le copain de gauche est un demeuré.
*Lui, pour tout ce qu'il reste à apprendre et découvrir, et les secrets de la vie n° 15 498 et 15 499.
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jeudi, 31 mai 2007
Elle, lui, eux: entre les étalages
*Elle, à la caisse, râle lorsque son compagnon demande un sachet plastique pour n'emballer qu'un paquet de gâteaux. Et les dauphins, qui y pense, à la fin?
*Lui, qui traîne le caddie typique du célibataire: litrons de rouge pas cher, une salade, quelques plats préparés, et nourriture pour chats.
*Eux, s'arrêtent à la sortie des caisses pour discuter de tout, surtout de rien, occupant un maximum de place. Alors que, derrière, une mère de famille se démène avec ses marmots et ses achats en pagaille.
*Elle, hésite à savoir envers qui porter ses envies de meurtres: ses marmots qui ne peuvent "rester tranquille un instant, nom de dieu!", la caissière aimable comme une porte de prison un lundi matin, ou "ces vieux cons qui n'ont rien de mieux à faire que de bloquer le passage! La canicule aura votre peau!"
*Lui, célibataire, obligé d'aller faire ses courses pour refaire des réserves de papier-rose et de litière parfumée. C'est dans ces moments-là que l'on regrette la présence d'une gentille petite femme, soupire-t-il.
*Eux, quinze ans et jeunes rebelles, ne connaissent du supermarché que les rayons de biscuits apéritifs et de bière bon marché. S'exhibant avec un pack format familial sur l'épaule, ils iront au bord de la Moselle, à deux pas du campus, pour un après-midi de folie, ahah.
*Elle, ne mange pas pour vivre mais vit pour manger grâce aux réductions, dont est plein son sac à main de bonne femme. Mais elle ne va pas jusqu'à peser les sacs de riz, se défend-elle.
*Lui, vagabond rencontré à Metz le lendemain matin du solstice d'été de l'an passé, connaît par coeur le rayon Vin de l'Atac du Centre Saint-Jacques.
*Eux, enfants d'hommes pressés et turbulents, consignés au rayon "Littérature jeunesse" afin de ne pas traîner dans les pattes des aînés.
*Elle, se plaint constamment des employés qui rangent les yoghourts et l'empêchent d'accéder à ceux dont elle est fanatique, et qui facilitent le transit intestinal.
*Lui, au moment de passer en caisse avec sa femme, la délaisse prétextant une petite commission au rayon mécanique, et s'en file directement aux toilettes du grand magasin, y enfiler sa maîtresse. J'en connais une qui rangera toute seule les courses dans le coffre.
*Eux, couple bien rôdé, n'ont aucuns scrupules à laisser leur fiston de quatre ans avec grand-maman, sur un ban, à l'entrée du grand magasin. Un peu de tranquilité, il était grand temps.
*Elle, la soixantaine, préfère aller chaque jour faire ses commissions, principalement aux heures de pointes. Après tout, elle fait ce qu'elle veut, elle est indépendante. Et un peu de marche est toujours bon à prendre pour l'arthrose. Même en plein mois d'août, vers quatorze heures?
*Lui, retraité, choisit sa caisse en fonction de son hôtesse, la plus souriante, la plus sympathique, la plus, tout, quoi. Lui permettrait-elle même de retrouver un peu de sa vigueur juvénile, qu'il y retournerait.
*Eux, les deux comparses, inventent un nouveau concours de beauté, l'élection de Miss Salade, lorsqu'ils aperçoivent au rayon fruit et légume une fille pulpeuse bien qu'un peu vulgaire et qui pourrait être, à n'en pas douter, l'employée du mois. Mais seulement si elle s'applique lors de ses fellations au poissonnier, seulement.
*Lui, qui n'est retourné seul au supermarché que pour y acheter un long pain. L'attente interminable à la caisse, une petite vieille qui lui frôle les fesses, par mégarde espérons, et une caissière aussi aimable qu'une contractuelle. Sur le retour, rien n'a changé. Comme quand il était enfant, il grignotait le croûton du pain. Ah si, une différence: morceau de pain, bouffée de cigarette, bouffé de cigarette, morceau de pain, bouffé de cigarette et caetera.
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mercredi, 16 mai 2007
Elle, lui, eux: en voiture
*Elle, qui lorsqu'elle dit qu'elle reprend sa bête en main en apprenant à la rentrer au garage, se voit toujours obligée de préciser qu'il s'agit bel et bien de sa voiture.
*Lui, qui ne comprend pas la vengeance de son épouse sur sa chère et tendre, après qu'elle a appris ses infidèlités. "Mais merde, on ne touche pas à la bagnole d'un homme!"
*Eux, qui n'ont pas encore le permis de conduire, mais stoppent les riches automobilistes la nuit, en semaine, pour leurs dire "Ouah, respect la caisse monsieur, même le GPS et tout et tout, respect monsieur."
*Elle, jeune sexagénaire, n'hésite pas à monter sur un trottoir avec sa 305 pour passer une intersection durant les heures de pointes.
*Lui, prend son pied à bord de son 4X4 flambant neuf, fume un cigare au feu rouge et en tape les cendres avec dédain sur le capot d'à côté.
*Eux, qui passent leurs soirées à parler de leurs amours, pensant que leurs bonnes femmes pourront en profiter pour parler chiffons et produits ménagers. "Leurs trucs à elles, quoi!"
*Elle, passe son temps à vérifier son maquillage, tandis que le feu passe au vert, le truc classique. On klaxonne, elle s'énerve, d'autant qu'elle vient de se faire jeter par son prince charmant et qu'elle a la ferme intention d'emprunter l'autoroute à contresens.
*Lui, qui trouve la conductrice qui le précède bien jolie, ne comprend en rien la nécessité de se refaire une beauté au feu rouge et joue de l'avertisseur sonore comme pour dire en morse "Je ne vous connais mais déjà vous aime!"
*Eux, qui prennent à la rigolade les publicités de prévention routière, font les fiers vantant leur conduite parfaite, dans n'importe quelle situation. Et hop, trois grands sacs-poubelle à fermeture Eclair je vous prie.
*Elle, ne se prive pas des bons plaisirs de la vie, durant les heures de pointe, et n'hésite pas à grignoter du chocolat dont la tablette est posée sur le siège passager. Elle se sent coupable lorsqu'elle remarque qu'une demoiselle en noir, dans le bus de la file de gauche, la regarde en souriant gentiment.
*Lui, exagérant quelque peu, peste contre les interdictions au volant: "Mais attendez, ni manger ni fumer une clope, bientôt vous verrez, on ne pourra même plus se faire sucer!"
*Eux, n'hésitent pas, le vendredi soir, à se garer comme un convois de charretiers Place de la République. De toutes façons "Y'a pas de poulets ici, ils préfèrent foutre des prunes là où y'a personne." Elementaire.
*Elle, effectue un créneau parfait, et ce, dès la première tentative. "Héhé, qui a dit que les femmes ne savent pas conduire?" Ce qu'elle ne sait pas, c'est la tôle froissée à l'avant et à l'arrière de son véhicule, et dont elle n'a entendu le bruit à cause de l'autoradio qui beugle.
*Lui, jette son mégot par la vitre grande ouverte, sans pour autant être sûr qu'il se soit bien envolé loin derrière. Jusqu'au moment où il aperçoit une légère fumée venant de son entrejambe. L'on aura frôlé la catastrophe.
*Eux, effarés lorsqu'ils remarquent, pour la troisième fois en un laps de temps restreint, des flics qui enclenchent volontairement des gyrophares pour griller un feu rouge.
*Lui, qui aime à rouler hors de la ville, à travers les campagnes, où il y a toujours de chouettes coins à découvrir. En passant par la Lorraine...
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mercredi, 14 février 2007
Elle, lui, eux: les englués
*Elle, derrière son comptoir, discute avec les clients, fascinée par leurs vies pas rose du tout, et leur donne des conseils, avec la sagesse de celle qui a tout vu, tout entendu. Elle, derrière son comptoir, toujours à la même place.
*Lui, cloué sur sa coix depuis depuis plusieurs siècles, et le paysage ne change jamais.
*Eux, qui ne se lavent pas les mains à la sortie des toilettes, si vous voyez ce que je veux dire.
*Elle, qui déprime en voyant la pluie, derrière la fenêtre, et se dit qu'elle ne fera rien de sa journée.
*Lui, en pleine contemplation devant un tronc d'arbre, dans les jardins du Temple protestant. Et sa femme, de soupirer "pfff, regardez, il s'est fait avoir par cet attrape-nigauds".
*Eux, dont leur existence sur cette bonne vieille Terre ne sert qu'à servir une cause.
*Elle, qui lorsqu'elle fait le constat de sa vie sentimentale, proclame "les musiciens, finis pour moi!"
*Lui, qui n'en démord pas, affirme être fier d'être un fils de mineur. Il fut d'ailleurs profondément choqué par la fermeture des dernières mines de Lorraine.
*Eux, qui s'attroupent pour observer policiers et pompiers en plein travail, derrière les banderoles rouges et blanches, rue Serpenoise.
*Elle, qui organise sa vie suivant les prévisions de sa voyante habituelle, avec laquelle elle tisse des liens amicaux où le porte-feuilles n'a rien à voir, ça non.
*Lui, terne et le nez dans sa bière, débarasse les tables des autres clients. Il faut bien s'occuper.
*Eux, pour qui rien ne vaut un pique-nique au bord du lac Symphonie.
*Elle, qui attend son prochain homme selon des critères spécifiques: riche, serviable, et impuissant.
*Lui, le frère laissé à la tombe. S'il savait tout ce qu'il a manqué.
*Eux, livrant un match à mort pour observer les résultats des partiels.
*Elle, assise dans la salle d'attente des urgences, attend avec impatience que l'on vienne lui annoncer le début de son veuvage.
*Lui, qui ne veut pour rien au monde quitter son tendre amour. Si, vous savez, celle de la salle d'attente.
*Eux, qui attendent le bus, le train, le début des cours, leurs fins, le week-end, les vacances, la vie professionnelle, les marmots, la retraite. Vivons heureux en attendant la Mort, avait écrit Desproges. Pour eux, ce n'est pas le cas.
*Elle, qui n'a pas manqué un seul épisode des Feux de l'amour, depuis leur première diffusion en 1973.
*Lui, qui n'est jamais revenu auprès de sa femme et de ses enfants. "Mais il était seulement parti acheter un paquet de cigarettes", répètent-ils, les yeux larmoyants.
*Eux, qui ont ouvert les yeux grâce à la campagne anti-tabac, "sauvons la santé publique". Flanqués de leurs patchs en sortant de la pharmacie, et alors qu'ils traversent sur un passage piéton, un automobiliste leur prouve que la campagne auto-routière, quant à elle, n'a pas encore totalement fait ses preuves.
*Lui, qui patauge certaines fois avec difficulté. Mais, "Chut! Secret defense".
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mardi, 26 décembre 2006
Elle, lui, eux: fêtent Noël
*Elle, pour qui les fêtes de foin damné sont l'occasion de jeter un regard sur sa vie ratée: vieille fille, aucune famille, toutes ses amies sont mariées. Mais il lui reste ses trois chats, et les enfants qu'elle guette de derrière le rideau.
*Lui, même cas que la précédente, mais qui a en plus raté sa vie professionnelle, n'a pas le courage d'aller voir les enfants issus de son divorce, et passera Noël en compagnie d'un pack de bière et d'une flasque de whisky. Peut être même aussi de Bretzels, parce que c'est Noël, faut bien fêter, bordel.
*Eux, qui ne tergiversent pas longtemps pour se dire qu'il ne faut pas inviter nos deux amis précédents, parce que non, ça ne se fait pas d'étaler son bonheur aseptisé aux yeux de ceux qui restent seuls.
*Elle, qui s'y prend deux ou trois mois à l'avance, pour tenter de se faire inviter par le plus de gens possibles, grâce à un numéro de chien battu bien rôdé, et décider ensuite de "où c'est que c'est qu'on mangera le mieux."
*Lui, qui pense à son père décédé il y a deux ans, et qui serre les poings lorsqu'il apprend que sa mère passe le réveillon avec son nouveau copain. Chez les Anciens, après la période de deuil d'un an, les principes moraux font leurs bagages.
*Eux, qui dans l'après-midi du réveillon vont boire un coup à leur bistrot préféré, parce qu'ils ne supportent pas les préparatifs.
*Elle, qui dit qu'elle ne veut aucun cadeau, car elle pense aux enfants défavorisés. Elle déchantera bien vite lorsqu'à minuit elle s'apercevra que l'on la prise aux mots, et qu'elle n'a rien. "Merde, s'écrie-t-elle, j'ai pas à me faire aovir à cause d'eux, c'est pas de ma faute s'ils sont pauvres ces cons, j'ai pas à me priver pour ça!"
*Lui, qui une fois qu'il aura eu le dernier jeu vidéo sorti, restera terré dans sa chambre jusqu'à la fin du réveillon, et toute la journée du 25, et du 26, si c'est un dur à cuire.
*Eux, qui tous les ans jouent leur anti-noël, pour certains parce que cela fait rebel, pour d'autres parce que c'est la carte d'identité de tout intellectuel qui se respecte.
*Elle, qui attache plus d'importance à la perfection des préparatifs qu'à la bonne entente familiale.
*Lui, qui une fois dans l'an parvient à mettre de côté metro et boulot et à se rappeler le nom de ses deux enfants.
*Eux, dont la famille les débecte tellement qu'ils se font passer pour mort à l'approche de mi-novembre.
*Elle, qui chaque jour va à la cathédrâle pour suivre l'avancée de la crèche de Noël, bien plus fidèle que celle place de la gare.
*Lui, qui plaisante sur le fait que son enfant, né un 25 décembre, puisse finir sur une croix pour ses trente-trois ans.
*Eux, qui profitent des fêtes pour faire du bénévolat avec zèle, et ainsis s'éviter toute culpabilité, et par la même laver les mauvaises actions de l'année.
*Lui, pour qui ces fêtes ne changent pas grand chose mais qui en profite pour dresser un " très très rapide" bilan de l'année, tenter de renouer avec son peu de famille, tout en regrettant l'innocence passée. D'ailleurs, une fois dans l'an, l'on ne va pas en faire un drame, si seulement cela ne commençait pas trois mois en avance.
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mercredi, 13 décembre 2006
Elle, lui, eux: clientèle des bars
*Elle, la cinquantaine, divorcée, quelques enfants, passe ses dimanches soirs à boire au bistrot du coin, vin rouge en fin de mois, Ricards© après le jour de paie. Son cabot, qu'elle cajole à tout va, c'est son homme, sa vie. Ses enfants? Le plus petit (13ans) se débrouille très bien tout seul. Lundi matin, l'on déplore plusieurs morts suite à un incendie dans le quartier.
*Lui, petit vieux timide, semble débarquer dans un autre monde lorsqu'il s'approche du comptoir, tente de se faire entendre de la serveuse qui prépare mon café, pour lui demander "un vittel menthe pas trop froid s'il vous plaît"
*Eux, mettent plusieurs minutes à se décider quant au choix des whiskies, pour la dégustation spéciale.
*Elle, qui connaît la patronne et sympathise avec, comme une deuxième mère.
*Lui, ronchonne, accoudé au comptoir, et ne dit pas merci lorsque l'on lui sert son demi. Une jeune personne lui signale que son téléphone portable est tombé à terre, il se contente de jeter un regard froid, avant de le ramasser.
*Eux, qui jouent au Yams pour pimenter une soirée,et n'hésitent pas à signaler tout haut leur victoire.
*Elle, jolie jeune femme, s'enivre dans un petit coin. Un chagrin d'amour, sans doutes. Besoin de réconfort, mademoiselle?
*Lui qui, ivre, déclame à qui veut l'entendre que le 17 janvier 2007, il ne boit plus un verre, et tapera sur la gueule à celui qui lui proposera une tulipe.
*Eux, habitués du dimanche soir, et qui enchaînent les parties de billard pour ne pas rester sur une égalité. Un peu d'amour propre, voyons.
*Elle, en grande Dame prend possession du bar et des clients, avant de s'allumer une cigarette, dont elle jette la fumée droit dans les lampes, et de s'enfiler son troisième verre de rosé, déclarera qu'elle n'a jamais été si heureuse.
*Lui, expose sa théorie selon laquelle "ouai l'état, il ferait mieux de nous dire ce que l'on a le droit de faire plutôt que d'ajouter des interdictions, c'est vrai, quoi!". C'est du plus logique, non?
*Eux, chaque jour, à la même heure, viennent entre collègues, cravates et chaussures cirées, accompagnés de leur repas à emporter made in Macdo. Une seule personne paie la tournée, et le lendemain, c'est au tour d'un autre. Merde, il faut bien briser la routine.
*Elle, dont les yeux fuient les regards. Je n'en mènerais pas large non plus, à sa place.
*Lui qui débarque, clope au bec, dépose sa saccoche de cuir, commande un café, paie, avale son café, pose sa blonde sur le cendrier, passe aux toilettes, reviens, termine son café et demande un verre d'eau, bu illico presto, écrase ca sigarette, reprend ses affaires, s'en va. Durée de la transaction: une dizaine de minutes, tout au plus. Et prendre le temps de vivre, dans tout cela?
*Eux, qui confondent café et chambre d'hôtel, et passent leur temps à se rouler des pelles sur la banquette en bois. Bien sûr, l'on n'interdira pas les gestes d'amour mais il ne faut pas confondre tendresse et exubérance.
*Elle, atterit et découvre l'endroit où il passe tant d'heures. Mais elle se retiendra de demander au serveur quel est son alcool favori.
*Lui, le futur ex-alcoolique de tout à l'heure qui vient demander à la demoiselle qu'il voit si souvent, dont il vient d'ailleurs d'apprendre que c'est un "beau" jeune homme, s'il "pourrait lui prendre une cigarette s'il te plaît, j'ai du tabac mais plus de feuilles, j'irai en acheter après." Depuis cet échange de fumeurs invétérés, il vient lui serrer la main chaque fois qu'il arrive.
*Eux, qui lors des samedis après-midis, se postent en sentinnelle et occupent la grande table du fond. Des rebelles en treillis, Rangers et T-Shirt de groupes à la mode, n'ont rien à faire, rien à se dire mais enfin, ils boivent "euh, ouah, un demi s'vous plait".
*Elle, qui manque à cette table, en face de lui.
*Lui, l'habitué des lieux depuis deux ans, vient à n'importe quel heure, avec ses inséparables mots et cigarettes, puiser inspiration et réconfort, ou observer, tout bonnement, des instants de vie simples et merveilleux.
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mercredi, 13 septembre 2006
Elle, lui, eux: les plus seuls
*Elle, levée à l'aube, fume ses trois cigarettes de petit-déjeuner et s'en va travailler, laissant son appartement, vide.
*Lui, petit gros à lunettes en cul-de-bouteille, qui joue aux fléchettes, contre lui-même, au fond d'un bistrot.
*Eux, qui se groupent en communauté, communion de la masse béante, pour s'oublier.
*Elle, qui lave ses vitres en pleine nuit.
*Lui, jeune étourdi, discute avec le serveur comme s'ils étaient de vieux amis.
*Eux, nichés dans des idéologies, brise-glace de leurs peurs, fachos-gauchos, une rime nouvelle.
*Elle, mère de famille et ménagère de moins de cinquante an, consacre son existence à ses quatre enfants: changer les couches du plus petit; emmener le suivant à l'école primaire et attendre qu'il y soit bel et bien rentré; raser les premières moustaches duveteuses du collégien; s'occuper du stock de serviettes hygiéniques de la lycéenne. Toute une vocation, je vous le dis.
*Lui, qui sombre en dépression, car Michael Schumacher prend sa retraite à la fin de la saison. Personne ne peut rien pour lui, alors il consacre un autel à son héros et "ne veut voir personne, c'est trop dur à vivre, qui pourrait comprendre", dit-il.
*Eux, qui se croisent chaque matin dans le bus et préfèrent tourner la tête plutôt que de s'adresser franchement un regard inquisiteur.
*Elle, chienne du lycée et qui se rappelle ses "ex-mecs" pour oublier sa fécondité sentimentale, quel exploit. Ce qu'elle ne dira pas, est le fait qu'elle ne pense pas et que son coeur ne bat que pour les soldes.
*Lui, que j'ai rencontré à l'arrêt de bus, et qui m'a vanté l'importance de sa collection de 500 films d'action et de guerre. Je lui signale que son bus est arrivé, il jette sa cigarette, me tape sur l'épaule en me disant "allez, salut, grand". Précisons que je ne le connaissais pas.
*Eux, les acharnés du travail scolaire, car il n'y a rien de mieux à faire, rien d'autre à découvrir, ni personne à rencontrer. Triste.
*Elle, qui s'accroche, coûte que coûte, à sa machine à sous. Le casino est noir de monde, mais autour d'elle, il n'y a personne.
*Lui, vieux grincheux qui fait littéralement "chier son monde", et cela lui plaît.
*Eux, alcooliques et drogués, qui aiment à rentrer dans un monde du dénaturel, pour s'oublier, et se perdre, définitivement. Pour les fous amoureux, cela marche aussi.
*Elle, professeur incompétente de langues mortes, et dont on dit qu'elle vit seule avec un chat qu'elle aurait nommé Aristote. D'ailleurs, l'on s'évertue à imaginer les différentes tentatives de suicide du félin.
*Lui, honorable professeur de latin, qui aime à parler de l'émission qu'il a vu la veille sur Arte, ou l'avant-veille sur Planète et qui, en fin d'année, nous gratifie de jeux de mots ou de mots croisés, en latin. Célibataire, à n'en pas douter, je ne veux pas finir ainsi, pour sûr.
*Eux, qui ne s'accordent pas le bénéfice du doute, et s'évertuent à penser que, quoiqu'ils fassent, ils ne sont jamais seuls. Ils ne s'approprient pas leur propre existence, profonde solitude.
*Lui, vautré sur le banc en bois, odeur de café chaud et fumée de cigarette, et qui écrit, jusqu'à s'en vider l'âme, un peu plus, encore.
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samedi, 15 juillet 2006
Elle, lui, eux: les usagers des autobus
*Elle, vieille femme maigrichonne, qui n'a aucun scrupule à s'asseoir sur un maxi-siège, alors que l'obèse qui est debout en a bien plus besoin.
*Lui, qui se place toujours à la même place, debout, devant la porte de sortie.
*Eux, qui chaque matin s'entassent dans cette conserve sur roue et se disent que le lendemain, ils prendront le bus suivant.
*Elle, qui attend son "copain" tous les matins à la descente du bus. Son amante à lui, elle, l'attend sur la descente de lit.
*Lui, qui peste contre le retard du bus, s'allume une cigarette, et se voit finalement obligée de la jeter de suite. "Putains de lois de Murphy", ainsi grommelait-il.
*Eux, qui s'asseyent constamment aux places du fond, parlnt fort, et embêtent les vieilles dames.
*Elle, qui galère toujours à sortir du bus avec sa poussette maxi-familliale, spéciale jumeaux et armatures en fer, convertible en Caddie.
*Lui, qui l'observe et sourit, en train de se démener avec les doubles-portes du bus, alors qu'il pourrait ne serait-ce que tendre le bras et appuyer sur le bouton. Salopard, va.
*Eux, qui courent ensemble pour ne pas louper le bus et qui, ensemble, en voient les portes se fermer devant leur nez.
*Elle, la vieille dame, qui installe un sachet plastique sur le siège avant de s'asseoir. Effectivement, le risque de contamination du virus HIV ou H5N1 est important, putes et poulets prennent tous les jours le bus.
*Lui, qui fait chaque jour la moitié du chemin à pied, alors que, dans tous les cas, le bus arrivera toujours à la même heure. Ingénieux, non?
*Eux, les vieillards, qui prennent chaque jour le bus à la même heure, parce qu'ils doivent aller faire tous les jours uen course, et qau'il faut bien profiter de la carte vermeille.
*Lui, l'obèse qui se tient à la poignée de caoutchouc, et qui fait regretter à chacun d'avoir des sensations olfactives "si développées".
*Lui, qui sans cesse prend le bus seul, jette sa cigarette lorsqu'il arrive, et que personne n'attend à son arrêt de descente.
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lundi, 10 juillet 2006
Elle, lui, eux: les supporters de football
*Elle, qui regarde le foot pour les purs fantasmes de ces mâles en short, pleins de sueurs.
*Lui, qui joue son anti-football, parce que ça fait intellectuel.
*Eux, heureux de pouvoir faire ressurigir leur chauvinisme primaire.
*Elle, qui dans ses peudos MSN inflige honte et déshonneur pour ceux qui sont pour le camp adverse. La connerie raciste sous toutes ses formes, vous avez dit?
*Lui, chauvin, qui place toutes ses économies dans les paris sportifs. Ruiné.
*Eux, qui pleurent à chaudes larmes la défaite des leurs. Constance de leur vie ratée?
*Elle, qui promène ses gamines dans le quartier, le tout en criant "Allez les bleus".
*Lui, de double nationalité, supporte les deux finalistes, et finalement triomphera "comme ça l'arrange" dit-il.
*Eux, entassés au bistrot prêt à s'émouvoir à la moindre occasion.
*Elle, qui s'ennuie à mourir devant le foot, mais bon, c'est monsieur qui porte la culotte, parole d'Adam, qu'il dit.
*Lui, jeune ou vieil aigri, qui peste et vocifère contre tous ces klaxons et toutes ces clameurs.
*Eux, prêts à casser du rital à la première occasion.
*Lui, qui se demande pourquoi l'on ne parle pas de la coupe handisport de football, d'ailleurs, existe-t-elle?
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