15.10.2009
Elle, lui, eux: les intransigeants
*Elle, refuse qu'on la sodomise "sans prévenir".
*Lui, ne cédera jamais la priorité à ces enfoirés de piétons.
*Eux, affirment qu'il n'y a pas plus vertueux que le travail à la chaîne.
*Elle, n'acceptera jamais d'être trompée.
*Lui, clochard unijambiste et aviné, dort aux alentours de 16h sur un banc, face à l'office du tourisme, place d'armes, Metz.
*Eux, militent en faveur du retour des châtiments corporels, afin que "ces petits salopards de cinq ans sachent qui fait la loi".
*Elle, se demande si la maison de retraite dans laquelle elle a placé son vieux père est réputée pour autre chose que son chocolat chaud du dimanche soir.
*Lui, trompe régulièrement sa femme avec pour toute excuse "Mais je suis un homme, enfin quoi!"
*Eux, seraient d'avis que l'on émascule à coups de batte tous les pédophiles.
*Elle, patronne de café, ne se gène pas de dire que l'accident de voiture qui a coûté la vie à son concurrent était bien fait pour lui.
*Lui, homme en vue, détient la vérité quant au préservatif qui ne protégerait pas du sida.
*Eux, pensent être originaux en avançant qu'il n'y a d'art que pour l'art.
*Elle, achète exclusivement ses fringues aux Emmaüs pour ne pas participer à l'esclavage des petits Chinois.
*Lui, fait encore semblant d'aller au travail tous les matins alors que sa femme ne reçoit jamais de fiche de paie.
*Eux, brûlent des pneus imbibés d'essence à proximité des écoles primaires afin de protester contre le coût de la rentrée scolaire.
*Elle, pense intimement que tous les alcooliques battent leur femme, que tous les hommes sont des salauds ou des homos qui s'ignorent. Bref, toute une histoire.
*Lui, préfère rester célibataire encore dix ans plutôt que de régler son problème de timidité.
*Eux, se marrent bien en voyant le chien torturé pour la beauté de l'art.
*Elle, dit sans ciller à son fils de onze ans que c'est un accident. Apparemment, une histoire de cuite un vendredi soir qui avait mal tournée.
*Lui, vieil homme sourd, tire au lance-pierres sur les pigeons, au risque de briser une vitre ou deux. Automobilistes, roulez vitre close.
*Eux, dans leur camionnette, s'amusent à klaxonner toutes les petites salopes qui passent. Et plus les rires et les commentaires sont gras, mieux c'est.
*Elle, peut vivre encore bon nombre d'années avec ses deux chats, un point c'est tout.
*Lui, cherche une femme russe à acheter sur internet. Qui a dit que l'argent ne faisait pas le bonheur?
*Eux, flicards municipaux, vous expliquent qu'ils n'en ont rien à cirer que vous étiez à la pharmacie ou en train de vous torcher le cul. "Vous êtes garé comme un con, on vous aligne, c'est qu'on a des quotas à remplir."
*Elle, refuse à son mari le devoir conjugal du vendredi soir, puisqu'il n'a pas fait la vaisselle ces deux derniers jours.
*Lui, un des rares ophtalmologistes d'une petite ville, vous colle des dépassements d'honoraires exorbitants, sans aucuns scrupules, évidemment.
*Eux, n'hésitent pas à verser des litres et des litres de lait dans les rues sous prétexte qu'ils ne le vendent pas assez cher.
*Lui, pour qui la nouvelle excuse imparable est devenue "Pas de pitié, c'est comme ça que ça marche maintenant."
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28.12.2008
Elle, lui, eux: les qui-n'ont-rien-compris
*Elle, élève ses enfants avec de l’argent.
*Lui, reste persuadé que le communisme constitue le meilleur recours à n’importe quelle crise politico-financière.
*Eux, prétextent que le temps c’est de l’argent en expliquant qu’ils n’ont plus de temps pour eux.
*Elle, attend encore des nouvelles de son amant, parti acheter des cigarettes voilà plusieurs mois maintenant.
*Lui, dénonce les méfaits du réchauffement climatique en démarrant son 4X 4.
*Eux, parviennent à soudoyer les mâtons de la prison de Metz-Queuleu en leur indiquant sur quel prisonnier il faudra parier pour le prochain combat à mort.
*Elle, fait du végétalisme un combat personnel, à vie, jusqu’à ce que mort s’ensuive.
*Lui, essaie les femmes, au sens « propre » du terme, avant d’établir avec une relation déjà vouée à l’échec.
*Eux, ne voient pas ce qu’il y a de mal à tromper son partenaire, quand bien même il ne l’accepterait pas. « Tant que personne ne le sait, pas de victime » disent-ils.
*Elle, retourne vers son ex pour lui dire qu’elle l’aime encore, plus que jamais.
*Lui, meilleur ami de la mariée, soulève sa robe pour lui mettre la main au panier.
*Eux, estiment que tout ce qui est culture de masse n'est pas de la vraie culture.
*Elle, peut se souvenir dans le moindre détail de toutes les queues qu’elle a sucées.
*Lui, persuadé que les récidivistes veulent à tous prix retourner en prison pour se faire éclater la rondelle toute la sainte journée.
*Eux, se la jouent artistes autoproclamés.
*Elle, aime encore son mari qui la bat et la trompe régulièrement.
*Lui, se demande pourquoi la doctrine nationale-socialisme est si mal perçue dans la société actuelle.
*Eux, disent ne pas aimer Noël alors qu’ils ouvrent leurs cadeaux avec avidité.
*Elle, a oublié de considérer qu’elle n’était qu’un trou pour la trentaine de mecs qu’elle a séduits.
*Lui, pense qu’il fera de bonnes affaires en mendiants au beau milieu du marché de Noël.
*Eux, offrent un « bon pour une vie heureuse » à leur pote, cancéreux en phase terminale. La déconne, ça les connaît.
*Elle, s’invente une vie virtuelle digne des plus mauvais téléfilms tragi-comiques.
*Lui, offre à sa sœur végétarienne un lapin empaillé.
*Eux, offrent à leur fils célibataire un abonnement de trois ans pour une agence matrimoniale sur le net.
*Lui, ne comprend pas forcément ceux du dessus.
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25.07.2008
Elle, lui, eux: les désabusés
*Elle, quadragénaire sur la descente, considère que son seul homme est le verre de whisky qu'elle s'envoie à 14h. Et les hommes, elle les collectionne.
*Lui, chauffeur de bus, passe tranquillement devant l'arrêt. Il n'y avait personne. Sans compter la jeune femme qui courait, en faisant de grands signes de la main.
*Eux, se remémorent toutes leurs premières fois, bien loin maintenant.
*Elle, refuse de soigner son cancer du poumon. Pour qui, pour quoi? Elle continue de fumer comme un sapeur, mais ce n'est pas pour autant qu'elle ne se plaint pas à tout va.
*Lui, boit comme un trou régulièrement, toujours accoudé au bar, à la même place. Pourquoi il fait cela? Il ne le sait plus vraiment lui-même.
*Eux, sont toujours prêts à manifester contre l'ordre établi. Sauf qu'ils n'y croient plus comme au premier jour, cela va sans dire.
*Elle, pour toute lecture, peut très bien se contenter des séries à l'eau-de-rose de magazines féminins. Ca lui permet de rêver encore un peu. Peut-être.
*Lui, trompe régulièrement sa femme, sans pouvoir avancer quelconque raison valable.
*Eux, regardent discrètement le cul des passantes. Pas si discrètement que cela, tous comptes faits.
*Elle, patronne de café entretenant des relations intermittentes avec les hommes, parle de son chien comme l'un de ceux dont il faut prendre soin. Très soin.
*Lui, pense que le commerce sexuel en Thaïlande n'est décidément plus ce qu'il était. Il est en effet de plus en plus difficile de trouver une fillette de cinq ans encore vierge.
*Eux,parents super-ouverts, montrent à leur enfant de sept ans des vidéos de leurs séances de sport quotidiennes. Et ce, en guise de réponse à la question «Comment on fait les bébés?»
*Elle, trouve qu'un seul homme dans son lit (ou comme elle le dit si bien, « en elle, bien profond», ce n'est pas suffisant. Plus il y en a, mieux c'est.
*Lui, crache dans un bénitier en jurant que Jean-Paul II n'est plus ce qu'il était depuis qu'il est mort.
*Eux, en soirée, s'en paient une bonne tranche en pensant aux prisonniers qui s'échangent les MST comme des cartes à collectionner. «Eh, tu veux mon hépatite, je l'ai en double.»
*Elle, considère qu'une femme doit pouvoir se débrouiller seule. Ca ne l'empêche cependant pas de demander à son mari d'aller chercher du pain et d'autres babioles.
*Lui, regrette juste qu'elle l'ait quitté peu de temps après qu'il lui a offert son cadeau d'anniversaire, par ailleurs asez coûteux.
*Eux, ne font plus attention lorsqu'on les insulte dans la rue. Question d'habitude.
*Elle, après avoir perdu quelques malheureux kilos, se permet de se moquer des grosses. Elle en fait pourtant toujours partie.
*Lui, ne se demande même plus depuis combien de temps sa femme n'est plus baisable.
*Eux, vivent dans la rue sans bagages.
*Lui, cherche le sommeil, sans ticket.
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12.03.2008
Elle, lui, eux: les innocents
*Elle, demande à ses clients si la musique d'Elvis Presley diffusée dans le bistrot ne les dérange pas.
*Lui, sexagénaire mal conservé et sus-dit client, affirme qu'on n'a rien fait de mieux depuis le King. Certainement pas.
*Eux, s'excusent en riant effrontément après que deux boules de billard ont traversé les lieux en planant, comme par magie, au-dessus de plusieurs tables. Nouvelle forme d'attentat?
*Elle, clame que la vingtaine, c'est beaucoup trop jeune pour avoir des enfants. Et d'ailleurs, il fallait bien que son congélateur serve à quelque chose.
*Lui, affirme avoir pensé que sa compagne faisait un brin d'humour en ayant répondu "notre bébé, mon amour", à la question "oh, chérie, on mange quoi à midi?"
*Eux, fervents militants anti-avortement, conviennent qu'il était peut-être mieux, finalement, que l'accusée ait procédé à l'IVG. Avec un peu de recul, ça ou qu'elle ait gâché le reste de son existence. Bah, il y a des cas isolés un peu partout.
*Elle, vraiment pas gâtée par la nature, commande timidement un grand café, ce lundi matin.
*Lui, employé simplet, raconte tout content le jour où il vola son jouet couinant à un chien. "Prends le, je n'en veux plus" qu'il m'a dit.
*Eux, chômeurs et alcooliques potentiels. C'est la faute à la société disent-ils. Ils ont, bien entendu, en partie raison.
*Elle, se lance dans la lecture de Proust durant ses quelques jours de congé.
*Lui, déclare qu'il n'aime pas téléphoner sur un portable. Cela coûte beaucoup trop cher.
*Eux, avouent leur innocence. Ils n'ont rien fait, bordel, rien fait. Ils le jurent. Tout comme une grande partie de la population carcérale.
*Elle, ne lit exclusivement que les tabloïds et les résumés de séries TV.
*Lui, au moment de l'accusation, s'écrie "Mais elle avait huit ans!"
*Eux, célibataires au foyer des Amis de Francis Heaulme, sont tous d'accord pour dire que les femmes ne sont que des putains que l'on ne paie pas.
*Elle, considère que les chats d'appartement sont une race à part entière.
*Lui, enfant de huit ans disant à son père "Papa, la madame toute nue dans ta chambre me fait peur."
*Eux, que presque personne n'avait prévenu qu'il y avait une grève des transports.
*Elle, qui parle toujours des mêmes choses.
*Lui, qui fait le grand nettoyage de son bistrot, parce qu'il n'y a personne.
*Eux, tenanciers d'un troquet totalement vide, et ex soixante-huitards pour qui ça a vraiment mal tourné.
*Lui, complètement à la masse. Mais vous ne pourrez jamais rien prouver.
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10.09.2007
Elle, lui, eux: les ignorants
*Elle, femme, tout simplement, et féministe convaincue qui plus est.
*Lui, au comptoir du vivre, détient la vérité, toute la vérité, sur l'enrichissement social par la télévision.
*Eux, subviennent à l'avenir des prisons dorées, sous les bonnes paroles de leurs aînés, devant les tableaux noirs.
*Elle, affirme que rien ne vaut les critiques culturelles du programme télé.
*Lui, estime que le baroque est la seule musique valable.
*Eux, de même que précédemment, mais pour d'autres genres musicaux.
*Elle, démontre sa culture supérieure en ayant lu et relu Proust.
*Lui, retient un seul discours: Dieu le Grand, Maître horloger de Pères en Fils, est notre seul Salut.
*Eux, ont voté Sarkozy aver ferveur, pour quelques heureux euros de plus.
*Elle, ne jure que par la connaissance de son compagnon, chien père ou amant.
*Lui, pour qui ceux qui ne connaissent pas l'intégral des Monty-Python ne sont que des nuls.
*Eux, à l'Arsenal de Metz, jettent leur condescendance sur les jeunots pour qui l'art de la musique est inconnu, et ne sont là que pour en apprécier les émotions volantes.
*Elle, loue l'intellect, qui surpasse tout.
*Lui, itou pour la sensibilité.
*Eux, affirment hautetfort que l'effort physique est le seul travail digne de ce nom.
*Elle, adore lorsque l'on l'écoute dire qu'elle entre en histoire des arts.
*Lui, effondré par sa rupture / encensé par sa relation.
*Eux, en petite troupe, et chacun s'affirmant que le copain de gauche est un demeuré.
*Lui, pour tout ce qu'il reste à apprendre et découvrir, et les secrets de la vie n° 15 498 et 15 499.
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31.05.2007
Elle, lui, eux: entre les étalages
*Elle, à la caisse, râle lorsque son compagnon demande un sachet plastique pour n'emballer qu'un paquet de gâteaux. Et les dauphins, qui y pense, à la fin?
*Lui, qui traîne le caddie typique du célibataire: litrons de rouge pas cher, une salade, quelques plats préparés, et nourriture pour chats.
*Eux, s'arrêtent à la sortie des caisses pour discuter de tout, surtout de rien, occupant un maximum de place. Alors que, derrière, une mère de famille se démène avec ses marmots et ses achats en pagaille.
*Elle, hésite à savoir envers qui porter ses envies de meurtres: ses marmots qui ne peuvent "rester tranquille un instant, nom de dieu!", la caissière aimable comme une porte de prison un lundi matin, ou "ces vieux cons qui n'ont rien de mieux à faire que de bloquer le passage! La canicule aura votre peau!"
*Lui, célibataire, obligé d'aller faire ses courses pour refaire des réserves de papier-rose et de litière parfumée. C'est dans ces moments-là que l'on regrette la présence d'une gentille petite femme, soupire-t-il.
*Eux, quinze ans et jeunes rebelles, ne connaissent du supermarché que les rayons de biscuits apéritifs et de bière bon marché. S'exhibant avec un pack format familial sur l'épaule, ils iront au bord de la Moselle, à deux pas du campus, pour un après-midi de folie, ahah.
*Elle, ne mange pas pour vivre mais vit pour manger grâce aux réductions, dont est plein son sac à main de bonne femme. Mais elle ne va pas jusqu'à peser les sacs de riz, se défend-elle.
*Lui, vagabond rencontré à Metz le lendemain matin du solstice d'été de l'an passé, connaît par coeur le rayon Vin de l'Atac du Centre Saint-Jacques.
*Eux, enfants d'hommes pressés et turbulents, consignés au rayon "Littérature jeunesse" afin de ne pas traîner dans les pattes des aînés.
*Elle, se plaint constamment des employés qui rangent les yoghourts et l'empêchent d'accéder à ceux dont elle est fanatique, et qui facilitent le transit intestinal.
*Lui, au moment de passer en caisse avec sa femme, la délaisse prétextant une petite commission au rayon mécanique, et s'en file directement aux toilettes du grand magasin, y enfiler sa maîtresse. J'en connais une qui rangera toute seule les courses dans le coffre.
*Eux, couple bien rôdé, n'ont aucuns scrupules à laisser leur fiston de quatre ans avec grand-maman, sur un ban, à l'entrée du grand magasin. Un peu de tranquilité, il était grand temps.
*Elle, la soixantaine, préfère aller chaque jour faire ses commissions, principalement aux heures de pointes. Après tout, elle fait ce qu'elle veut, elle est indépendante. Et un peu de marche est toujours bon à prendre pour l'arthrose. Même en plein mois d'août, vers quatorze heures?
*Lui, retraité, choisit sa caisse en fonction de son hôtesse, la plus souriante, la plus sympathique, la plus, tout, quoi. Lui permettrait-elle même de retrouver un peu de sa vigueur juvénile, qu'il y retournerait.
*Eux, les deux comparses, inventent un nouveau concours de beauté, l'élection de Miss Salade, lorsqu'ils aperçoivent au rayon fruit et légume une fille pulpeuse bien qu'un peu vulgaire et qui pourrait être, à n'en pas douter, l'employée du mois. Mais seulement si elle s'applique lors de ses fellations au poissonnier, seulement.
*Lui, qui n'est retourné seul au supermarché que pour y acheter un long pain. L'attente interminable à la caisse, une petite vieille qui lui frôle les fesses, par mégarde espérons, et une caissière aussi aimable qu'une contractuelle. Sur le retour, rien n'a changé. Comme quand il était enfant, il grignotait le croûton du pain. Ah si, une différence: morceau de pain, bouffée de cigarette, bouffé de cigarette, morceau de pain, bouffé de cigarette et caetera.
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16.05.2007
Elle, lui, eux: en voiture
*Elle, qui lorsqu'elle dit qu'elle reprend sa bête en main en apprenant à la rentrer au garage, se voit toujours obligée de préciser qu'il s'agit bel et bien de sa voiture.
*Lui, qui ne comprend pas la vengeance de son épouse sur sa chère et tendre, après qu'elle a appris ses infidèlités. "Mais merde, on ne touche pas à la bagnole d'un homme!"
*Eux, qui n'ont pas encore le permis de conduire, mais stoppent les riches automobilistes la nuit, en semaine, pour leurs dire "Ouah, respect la caisse monsieur, même le GPS et tout et tout, respect monsieur."
*Elle, jeune sexagénaire, n'hésite pas à monter sur un trottoir avec sa 305 pour passer une intersection durant les heures de pointes.
*Lui, prend son pied à bord de son 4X4 flambant neuf, fume un cigare au feu rouge et en tape les cendres avec dédain sur le capot d'à côté.
*Eux, qui passent leurs soirées à parler de leurs amours, pensant que leurs bonnes femmes pourront en profiter pour parler chiffons et produits ménagers. "Leurs trucs à elles, quoi!"
*Elle, passe son temps à vérifier son maquillage, tandis que le feu passe au vert, le truc classique. On klaxonne, elle s'énerve, d'autant qu'elle vient de se faire jeter par son prince charmant et qu'elle a la ferme intention d'emprunter l'autoroute à contresens.
*Lui, qui trouve la conductrice qui le précède bien jolie, ne comprend en rien la nécessité de se refaire une beauté au feu rouge et joue de l'avertisseur sonore comme pour dire en morse "Je ne vous connais mais déjà vous aime!"
*Eux, qui prennent à la rigolade les publicités de prévention routière, font les fiers vantant leur conduite parfaite, dans n'importe quelle situation. Et hop, trois grands sacs-poubelle à fermeture Eclair je vous prie.
*Elle, ne se prive pas des bons plaisirs de la vie, durant les heures de pointe, et n'hésite pas à grignoter du chocolat dont la tablette est posée sur le siège passager. Elle se sent coupable lorsqu'elle remarque qu'une demoiselle en noir, dans le bus de la file de gauche, la regarde en souriant gentiment.
*Lui, exagérant quelque peu, peste contre les interdictions au volant: "Mais attendez, ni manger ni fumer une clope, bientôt vous verrez, on ne pourra même plus se faire sucer!"
*Eux, n'hésitent pas, le vendredi soir, à se garer comme un convois de charretiers Place de la République. De toutes façons "Y'a pas de poulets ici, ils préfèrent foutre des prunes là où y'a personne." Elementaire.
*Elle, effectue un créneau parfait, et ce, dès la première tentative. "Héhé, qui a dit que les femmes ne savent pas conduire?" Ce qu'elle ne sait pas, c'est la tôle froissée à l'avant et à l'arrière de son véhicule, et dont elle n'a entendu le bruit à cause de l'autoradio qui beugle.
*Lui, jette son mégot par la vitre grande ouverte, sans pour autant être sûr qu'il se soit bien envolé loin derrière. Jusqu'au moment où il aperçoit une légère fumée venant de son entrejambe. L'on aura frôlé la catastrophe.
*Eux, effarés lorsqu'ils remarquent, pour la troisième fois en un laps de temps restreint, des flics qui enclenchent volontairement des gyrophares pour griller un feu rouge.
*Lui, qui aime à rouler hors de la ville, à travers les campagnes, où il y a toujours de chouettes coins à découvrir. En passant par la Lorraine...
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14.02.2007
Elle, lui, eux: les englués
*Elle, derrière son comptoir, discute avec les clients, fascinée par leurs vies pas rose du tout, et leur donne des conseils, avec la sagesse de celle qui a tout vu, tout entendu. Elle, derrière son comptoir, toujours à la même place.
*Lui, cloué sur sa coix depuis depuis plusieurs siècles, et le paysage ne change jamais.
*Eux, qui ne se lavent pas les mains à la sortie des toilettes, si vous voyez ce que je veux dire.
*Elle, qui déprime en voyant la pluie, derrière la fenêtre, et se dit qu'elle ne fera rien de sa journée.
*Lui, en pleine contemplation devant un tronc d'arbre, dans les jardins du Temple protestant. Et sa femme, de soupirer "pfff, regardez, il s'est fait avoir par cet attrape-nigauds".
*Eux, dont leur existence sur cette bonne vieille Terre ne sert qu'à servir une cause.
*Elle, qui lorsqu'elle fait le constat de sa vie sentimentale, proclame "les musiciens, finis pour moi!"
*Lui, qui n'en démord pas, affirme être fier d'être un fils de mineur. Il fut d'ailleurs profondément choqué par la fermeture des dernières mines de Lorraine.
*Eux, qui s'attroupent pour observer policiers et pompiers en plein travail, derrière les banderoles rouges et blanches, rue Serpenoise.
*Elle, qui organise sa vie suivant les prévisions de sa voyante habituelle, avec laquelle elle tisse des liens amicaux où le porte-feuilles n'a rien à voir, ça non.
*Lui, terne et le nez dans sa bière, débarasse les tables des autres clients. Il faut bien s'occuper.
*Eux, pour qui rien ne vaut un pique-nique au bord du lac Symphonie.
*Elle, qui attend son prochain homme selon des critères spécifiques: riche, serviable, et impuissant.
*Lui, le frère laissé à la tombe. S'il savait tout ce qu'il a manqué.
*Eux, livrant un match à mort pour observer les résultats des partiels.
*Elle, assise dans la salle d'attente des urgences, attend avec impatience que l'on vienne lui annoncer le début de son veuvage.
*Lui, qui ne veut pour rien au monde quitter son tendre amour. Si, vous savez, celle de la salle d'attente.
*Eux, qui attendent le bus, le train, le début des cours, leurs fins, le week-end, les vacances, la vie professionnelle, les marmots, la retraite. Vivons heureux en attendant la Mort, avait écrit Desproges. Pour eux, ce n'est pas le cas.
*Elle, qui n'a pas manqué un seul épisode des Feux de l'amour, depuis leur première diffusion en 1973.
*Lui, qui n'est jamais revenu auprès de sa femme et de ses enfants. "Mais il était seulement parti acheter un paquet de cigarettes", répètent-ils, les yeux larmoyants.
*Eux, qui ont ouvert les yeux grâce à la campagne anti-tabac, "sauvons la santé publique". Flanqués de leurs patchs en sortant de la pharmacie, et alors qu'ils traversent sur un passage piéton, un automobiliste leur prouve que la campagne auto-routière, quant à elle, n'a pas encore totalement fait ses preuves.
*Lui, qui patauge certaines fois avec difficulté. Mais, "Chut! Secret defense".
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26.12.2006
Elle, lui, eux: fêtent Noël
*Elle, pour qui les fêtes de foin damné sont l'occasion de jeter un regard sur sa vie ratée: vieille fille, aucune famille, toutes ses amies sont mariées. Mais il lui reste ses trois chats, et les enfants qu'elle guette de derrière le rideau.
*Lui, même cas que la précédente, mais qui a en plus raté sa vie professionnelle, n'a pas le courage d'aller voir les enfants issus de son divorce, et passera Noël en compagnie d'un pack de bière et d'une flasque de whisky. Peut être même aussi de Bretzels, parce que c'est Noël, faut bien fêter, bordel.
*Eux, qui ne tergiversent pas longtemps pour se dire qu'il ne faut pas inviter nos deux amis précédents, parce que non, ça ne se fait pas d'étaler son bonheur aseptisé aux yeux de ceux qui restent seuls.
*Elle, qui s'y prend deux ou trois mois à l'avance, pour tenter de se faire inviter par le plus de gens possibles, grâce à un numéro de chien battu bien rôdé, et décider ensuite de "où c'est que c'est qu'on mangera le mieux."
*Lui, qui pense à son père décédé il y a deux ans, et qui serre les poings lorsqu'il apprend que sa mère passe le réveillon avec son nouveau copain. Chez les Anciens, après la période de deuil d'un an, les principes moraux font leurs bagages.
*Eux, qui dans l'après-midi du réveillon vont boire un coup à leur bistrot préféré, parce qu'ils ne supportent pas les préparatifs.
*Elle, qui dit qu'elle ne veut aucun cadeau, car elle pense aux enfants défavorisés. Elle déchantera bien vite lorsqu'à minuit elle s'apercevra que l'on la prise aux mots, et qu'elle n'a rien. "Merde, s'écrie-t-elle, j'ai pas à me faire aovir à cause d'eux, c'est pas de ma faute s'ils sont pauvres ces cons, j'ai pas à me priver pour ça!"
*Lui, qui une fois qu'il aura eu le dernier jeu vidéo sorti, restera terré dans sa chambre jusqu'à la fin du réveillon, et toute la journée du 25, et du 26, si c'est un dur à cuire.
*Eux, qui tous les ans jouent leur anti-noël, pour certains parce que cela fait rebel, pour d'autres parce que c'est la carte d'identité de tout intellectuel qui se respecte.
*Elle, qui attache plus d'importance à la perfection des préparatifs qu'à la bonne entente familiale.
*Lui, qui une fois dans l'an parvient à mettre de côté metro et boulot et à se rappeler le nom de ses deux enfants.
*Eux, dont la famille les débecte tellement qu'ils se font passer pour mort à l'approche de mi-novembre.
*Elle, qui chaque jour va à la cathédrâle pour suivre l'avancée de la crèche de Noël, bien plus fidèle que celle place de la gare.
*Lui, qui plaisante sur le fait que son enfant, né un 25 décembre, puisse finir sur une croix pour ses trente-trois ans.
*Eux, qui profitent des fêtes pour faire du bénévolat avec zèle, et ainsis s'éviter toute culpabilité, et par la même laver les mauvaises actions de l'année.
*Lui, pour qui ces fêtes ne changent pas grand chose mais qui en profite pour dresser un " très très rapide" bilan de l'année, tenter de renouer avec son peu de famille, tout en regrettant l'innocence passée. D'ailleurs, une fois dans l'an, l'on ne va pas en faire un drame, si seulement cela ne commençait pas trois mois en avance.
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13.12.2006
Elle, lui, eux: clientèle des bars
*Elle, la cinquantaine, divorcée, quelques enfants, passe ses dimanches soirs à boire au bistrot du coin, vin rouge en fin de mois, Ricards© après le jour de paie. Son cabot, qu'elle cajole à tout va, c'est son homme, sa vie. Ses enfants? Le plus petit (13ans) se débrouille très bien tout seul. Lundi matin, l'on déplore plusieurs morts suite à un incendie dans le quartier.
*Lui, petit vieux timide, semble débarquer dans un autre monde lorsqu'il s'approche du comptoir, tente de se faire entendre de la serveuse qui prépare mon café, pour lui demander "un vittel menthe pas trop froid s'il vous plaît"
*Eux, mettent plusieurs minutes à se décider quant au choix des whiskies, pour la dégustation spéciale.
*Elle, qui connaît la patronne et sympathise avec, comme une deuxième mère.
*Lui, ronchonne, accoudé au comptoir, et ne dit pas merci lorsque l'on lui sert son demi. Une jeune personne lui signale que son téléphone portable est tombé à terre, il se contente de jeter un regard froid, avant de le ramasser.
*Eux, qui jouent au Yams pour pimenter une soirée,et n'hésitent pas à signaler tout haut leur victoire.
*Elle, jolie jeune femme, s'enivre dans un petit coin. Un chagrin d'amour, sans doutes. Besoin de réconfort, mademoiselle?
*Lui qui, ivre, déclame à qui veut l'entendre que le 17 janvier 2007, il ne boit plus un verre, et tapera sur la gueule à celui qui lui proposera une tulipe.
*Eux, habitués du dimanche soir, et qui enchaînent les parties de billard pour ne pas rester sur une égalité. Un peu d'amour propre, voyons.
*Elle, en grande Dame prend possession du bar et des clients, avant de s'allumer une cigarette, dont elle jette la fumée droit dans les lampes, et de s'enfiler son troisième verre de rosé, déclarera qu'elle n'a jamais été si heureuse.
*Lui, expose sa théorie selon laquelle "ouai l'état, il ferait mieux de nous dire ce que l'on a le droit de faire plutôt que d'ajouter des interdictions, c'est vrai, quoi!". C'est du plus logique, non?
*Eux, chaque jour, à la même heure, viennent entre collègues, cravates et chaussures cirées, accompagnés de leur repas à emporter made in Macdo. Une seule personne paie la tournée, et le lendemain, c'est au tour d'un autre. Merde, il faut bien briser la routine.
*Elle, dont les yeux fuient les regards. Je n'en mènerais pas large non plus, à sa place.
*Lui qui débarque, clope au bec, dépose sa saccoche de cuir, commande un café, paie, avale son café, pose sa blonde sur le cendrier, passe aux toilettes, reviens, termine son café et demande un verre d'eau, bu illico presto, écrase ca sigarette, reprend ses affaires, s'en va. Durée de la transaction: une dizaine de minutes, tout au plus. Et prendre le temps de vivre, dans tout cela?
*Eux, qui confondent café et chambre d'hôtel, et passent leur temps à se rouler des pelles sur la banquette en bois. Bien sûr, l'on n'interdira pas les gestes d'amour mais il ne faut pas confondre tendresse et exubérance.
*Elle, atterit et découvre l'endroit où il passe tant d'heures. Mais elle se retiendra de demander au serveur quel est son alcool favori.
*Lui, le futur ex-alcoolique de tout à l'heure qui vient demander à la demoiselle qu'il voit si souvent, dont il vient d'ailleurs d'apprendre que c'est un "beau" jeune homme, s'il "pourrait lui prendre une cigarette s'il te plaît, j'ai du tabac mais plus de feuilles, j'irai en acheter après." Depuis cet échange de fumeurs invétérés, il vient lui serrer la main chaque fois qu'il arrive.
*Eux, qui lors des samedis après-midis, se postent en sentinnelle et occupent la grande table du fond. Des rebelles en treillis, Rangers et T-Shirt de groupes à la mode, n'ont rien à faire, rien à se dire mais enfin, ils boivent "euh, ouah, un demi s'vous plait".
*Elle, qui manque à cette table, en face de lui.
*Lui, l'habitué des lieux depuis deux ans, vient à n'importe quel heure, avec ses inséparables mots et cigarettes, puiser inspiration et réconfort, ou observer, tout bonnement, des instants de vie simples et merveilleux.
00:45 Publié dans Elle, lui, eux | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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