18.02.2008
Charles Bukowski: Souvenirs d'un pas grand-chose (brouillon de lecture)
*En quoi le roman qui se veut volontairement une autobiographie précise (enfance & scolarité, jusqu'à la période de Factotum), est-il à ce point révélateur de la personnalité de Bukowski à travers son double littéraire Henry Chinaski.
->En quoi est-il, avec "Le Capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau", débordant de sincèrité, plus "honnête" que le reste de l'oeuvre, tout au moins des divers recueils de nouvelles.
-> A voir la corrélation avec le dernier roman "Pulp".
*Dédicace de l'auteur: "Pour tous les pères."
-> Elément important dans la vie de Buk, par conséquent l'un des leitmotiv du roman.
Dès le début l'on constate que Hank déteste ce que représentent son père et la plupart des adultes, a contrario éprouve de la sympathie pour ceux qu'exècre son père: exemple des oncles Ben et John, auxquels le père reproche leur fainéantise, ainsi que leur amour des femmes et de l'alcool.
Cinq premiers chapitres: narration débute sur le premier souvenir de Bukowski enfant: sous une table, ne voyant que la nappe et les jambes des adultes; caché, sentiment de sécurité profonde. ( -> de même que les premières cuites procureront un sentiment de puissance et d'indifférence à toute épreuve)
-Souvenirs bienveillants des oncles et du grand-père.
Dans l'enfance, premières perceptions de ce qu'est l'alcool -> yeux brillants, de feu, "ressemblaient à des lumières qui m'auraient regardé".
Chapitre 1, introduction et contexte familial
-> le contexte économique (particulièrement post Grande Crise de 1929-1933) n'est évoqué que pour expliquer le comportement du père.
* L'ensemble du roman semble une confession, la source de toute l'existence
-Détestation de l'humain, principalement en raison de sa cruauté animale qui semble gratuite et sans limites (exemple des enfants qui coincent un chat dans une ruelle pour le faire mettre à mort par un bouledogue).
->Dès l'enfance, immense sentiment d'impuissance allant jusqu'à celui de malaise / mal-être
+ fait que personne n'aide Bukowski / Chinaski, difficile en particulier l'indifférence de la mère face aux rosses paternelles.
* (bis) sources des éléments qui se répéteront dans la vie, et par conséquent l'oeuvre de Bukowski:
->premières rixes à l'école, avec tous les gamins pauvres du quartier
-> cuites répétées et ce dès l'adolescence (découverte empirique de l'alcool et de ses effets vers l'âge de neuf ans)
-> besoin constant d'être hors-normes (ex: Période où il joue le nazillon et va jusqu'à être spectateur interne d'un groupuscule nazi, sans aucune valeur idéologique ni position vis-à-vis de la seconde WW, juste pour aller à l'encontre des anti-allemands de l'époque; simple besoin d'assouvir un esprit contradictoire.)
*Anecdote du jour où il se fait jeter du domicile familial -> père avait viré toutes ses affaires après avoir lu les premières nouvelles écrites par son fils; Buk. réagit surtout à la vue de ces papiers éparpillés dans la rue et le caniveau => importante place de l'écriture.
-> ami qui écrit, mais qui "parle trop de l'écriture"
-> machine à écrire comme principal bagage (anecdote de la chambre dans le quartier philippin, machine à écrire, unique compagnie valable qui peut servir d'arme ~> mais cela n'est de l'ordre que de l'interprétation)
* Souvenirs d'un pas grand chose; sorte de confessions? en le sens où Malraux l'entend dans le début du Miroir des Limbes , c'est-à-dire révélations de secrets et non de fautes, connaissance de soi-même à travers les questions que l'on se pose et non des réponses que l'on élude;
-> et ce après avoir connu le succès, les Contes de la folie ordinaire étant paru aux environs de 1972.
-> post "scandale" à Apostrophe (1978), d'autant qu'à travers ce livre, la démarche n'est pas de s'amender.
-> d'autant que la plupart des anecdotes de l'enfance & adolescence étaient déjà présentes dans les contes de la folie ordinaire et dans ses chroniques dans l'Outsider (Notes of a dirty old man.
-> nouvelles et romans de Buk étaient essentiellement de l'auto-fiction, et ce à travers le double littéraire d'Henry Chinaski (dont la première apparition se fait en 1965 dans Confessions of a Man Insane Enough to Live with Beasts.
Henry: premier prénom de Bukowski, et prénom du père, mort en 1958.
*Volonté d'une autobiographie complète?
->Souvenirs d'un pas grand-chose (1980) -> enfance jusque 7/12/1941.
-> Factotum (1974), période de petits boulots, jusqu'à l'entrée au service des postes (1952) + 1955 (fin postes, maladie, initiation aux champs de courses et relation avec Jane)
->Le Postier (1970) -> période allant de 1958 (mort de Jane, Buk mettra des années à s'en remettre) à 1970 -> seconde période dans l'administration des postes.
-> Women (1978), période générale (thème des femmes), pas vraiment daté
mais que l'on pourrait vaguement arrêter à 1971, année où Bukowski rencontre Linda King, sa dernière femme.
-> Hollywood (1989) -> période 86/87, réalisation et sortie de Barfly.
-> Capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau (1991/1992)
-> Pulp (1993), dernier roman et le seul à être de la pure fiction.
* Deux derniers ouvrages paraissent être les plus sincères d'autant que leur rédaction est comme "instantanée" et non à posteriori, contrairement à tout le reste de l'oeuvre dont la narration se situe de façon temporelle jusqu'à plusieurs années avant la rédaction -> sorte de prescription?
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| Tags : Littérature, Bukowski, Malraux, écriture |
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