03.06.2009

Discours réaliste

En allant récupérer la voiture après le travail, un vers trottait dans ma tête et me harcelait. "Aux enfants / qui ont rencontré l'injustice / au milieu d'un puzzle en plein soleil." A chaque pas cela s'intensifiait et cela devenait déterminant de m'en débarrasser d'une manière ou d'une autre, comme d'une faute d'orthographe, une erreur que l'on tente de ne plus reproduire.
L'opportunité de me retourner était insaisissable. Être au bord du gouffre, constamment à deux doigts de tout perdre, et toujours s'en tirer de justesse, il n'y a rien de meilleur. Vous vous sentez ainsi d'une liberté inébranlable, les possibilités se dégagent soudainement et vous ne pourrez rien laisser pour vous ralentir. Les obstacles sont à détruire ou à laisser derrière soi.

J'aime les défis, ils sont comme une course avec un inconnu dans la nuit messine. Il y a une semaine à peine, je me souviens de cet enfoiré qui me dépassait sur l'artère principale, devant piler net à chaque feu rouge. D'un coup tout s'affole et, dans la mesure du possible, je l'avais eu. Cette fois-ci, j'avais eu plus de couilles qu'un autre.
Être prêt à se sacrifier entièrement nourrit d'une manière considérable la sensibilité. Sans m'y attendre, je nettoie mon cerveau à coups d'alcool, jusqu'à m'élancer au plus profond de chaque son, de chaque couleur. De chaque seconde. "Au défi, alors, tu peux en avaler un de plus?"

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