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samedi, 10 mai 2008
Auto-acculement
Pourquoi s'interrompre, il faut aller le plus loin possible. Le bruit des glaçons qui se fendent au contact de l'alcool se répercute contre les murs tapissés de poudre. Les médicaments interagissent en une symbiose presque parfaite. Il faut y aller lentement, doucement se plonger dans la tiédeur des draps de ces autres mondes. Déconstruire une à une toutes les barrières, et taire désirs et angoisses. Avons-nous plu au ciel pour qu'il s'inonde caniculaire?
Ma main tremble alors qu'une gorgée de whisky s'insinue lentement dans mes veines, pour se voir prise dans la pompe du coeur révélateur. Je ne peux que détruire ce corps qui me fait trop souvent défaut. Sans doutes est-ce là l'une des raisons expliquant mes penchants pour l'excès. La fuite peut être une autre explication. Il me faut franchir les limites de la réalité, pénétrer le lieu où chaque nom se confond avec un autre, où l'essence de toute chose apparaît illusoire, avant de se remplacer par une multitude de possibles. Devenir l'encre qui s'écoule sur le ventre caché.
Je suis parvenu aux routes de chromes conduisant de l'autre côté. J'y découvre les désirs secrets et mets la main sur ce qui se cache au plus profond de mon être, avant de me repousser d'une pression sur l'épaule. Alors je parviendrai à comprendre l'essentiel. Alors je visiterai mes souvenirs et le présent, avec la précision d'une photographie.
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Commentaires
Le coeur révélateur...
Visiter le présent... j'aimerais de nouveau être de la partie. J'ai pu en faire la sensible expérience, une ou deux (ou trois) fois dans ma vie (à jeun, sans auxiliaire): si c'est troublant, c'est aussi difficile à (d)écrire!
Ecrit par : Philippe Leteissier | lundi, 12 mai 2008
L'on peut dire que certains états amènent à découvrir de nombreuses choses, principalement sur soi-même. De même, tout apparaît parfois comme transcendant, comme issu d'une inimaginable perfection qui s'échappe quoique l'on fasse (fort heureusement d'ailleurs) et dont il faut s'emparer avec une indéfectible précision.
Personnellement, c'est souvent dans ces moments que j'arrive le mieux à me situer par rapport à moi-même. Par exemple, je me découvre de nouvelles envies, voire besoins, et ce de façon toute récente. L'état second permet une infinité de possibles.
Ecrit par : Mike B. | mardi, 13 mai 2008
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