21.04.2007

Aiguilles de Lunes

L'on ne parvient pas à croire les distorsions prophétiques, épileptiques, lunatiques. Des impolitesses communes filent le long d'un bus au rythme des courants d'air froid, lorsqu'à l'arrêt, les portes s'ouvrent au service de loups meurtriers, foire grotesque qui se dresse en égoïsme. Petites vieilles d'une mélodie malade trottinent rageusement jusqu'à une place libre, y asseoient leur vieillesse splendide, avec un regard mauvais, de la sanie dans les yeux et des griffes à la place des doigts emballés dans du papier journal vieilli comme les archives d'un autodafé.

Des accords linéaires se fondent sur une voix d'écho qui demeurait jusqu'alors impensable. Le coeur se rétracte en un point qui reste, l'on ne sait comment, en suspension sur une douleur qui s'étend en secondes infectes, intermittences de tranquilité, et reprise des balbutiements, funambules sur un à-pic dont l'on ne connaît la chute. Rêve de mort en pleine nuit de chlore sur un canapé qui se fait phosphore au contact d'une peau. Dans le lit sursaute le poitrail obstrué par un mal certain. Disait-il qu'un coeur de jeune homme ne souffre que d'épuisement et de maltraitances continuellement subies et qui laissent une chance de survie. Mais jusque quand, quant à ces moments où le corps se mue en alternatives d'un lendemain, tant la brusquerie du malaise qui n'en est pas un, mais plonge à deux doigts de la tombée des pommes et d'étoiles au firmament d'une jeunesse de vieillard.

Le café, le tabac et la liqueur sont des sources de plaisir et d'énergie inépuisables, en plus d'être une automédication faramineuse à l'insomnie et, dans l'idée d'assimiler l'instant pour parcourir les moindres recoins, de supplanter les ignorances en donnant aux germes d'une culture une nourriture trouvée par soi-même, au gré de curiosités et de conseils. L'on suppute les terminaisons exagérées du corps en déviance, malade de consomption, le mal des romantiques, une peau de chagrin que, pleinement libre et conscient de cela, j'ai dessinée et apprivoisée.

Lunes nouvelles de jours pleins éparpillés le long de routes par delà les frontières immatérielles, rassemblent et unissent, tandis que le mégot se voit biaisé par le vent des consciences, grands esprits de tous temps, sentiment du sérieux lyrique.

The Doors "Waiting for the sun"

"Can't you feel it now that spring has come,
that it's time to live in the scattered sun?
(...)
Waiting for you to come along,
Waiting for you to hear my song,
Waiting for you to come along,
Waiting for you to tell me what went wrong.

This is the strangest life
I've ever known."

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