21.01.2007

Zarathoustra le cabotin

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Durant une enième relecture du Zarathoustra de Nietzsche

J'avais lu Ainsi parlait Zarathoustra pour la première fois il y a deux ans et demis. J'étais excité, comme un petit enfant, ce que j'étais encore d'ailleurs, mais n'était pas parvenu à vraiment me défaire de mes convictions et de mes idées toutes faites pour tenter d'accepter ce que disait Nietzsche. Ce fut donc une lecture que l'on pourrait juger inutile, trop évasive, peu cadrée. Bien sûr, je ne dis pas par là qu'il faut lire une telle oeuvre dans l'intention de changer le cours de son existence, seulement le Zarathoustra est un texte qui a le don de bousculer, et la perception de ce livre évolue sans cesse.

A ma deuxième lecture, quelques temps après que l'on m'a tailladé le dos, j'ai fait la grossière erreur de donner crédit entier à Nietzsche. Erreur monumentale, un certain recul est nécessaire pour aborder cette oeuvre, et ne pas se laisser aspirer avec elle. Bien sûr que les concepts avancés sont alléchants, aussi bien la notion de sur-homme, stade auquel il faudrait parvenir pour être, que celle de dernier homme, qu'il faut à tout prix éviter.

"L'homme est un animal qui se doit dépasser."

A cette nouvelle lecture, je ne parviens plus à accorder que peu de crédit à Nietzsche, et son nihilisme ne m'apparaît plus que comme une utopie de plus. Zarathoustra ne semble être rien de plus qu'un crieur public, qui tente tant bien que mal de se faire entendre. Ce qui me frappe le plus, c'est la nécessité d'évoquer le dépassement de soi, car celui-ci ne concerne que l'individu. Bien évidemment que dans l'absolu, l'on demeure seul. Simplement, ce que Nietzsche avance consiste en un rejet quasi-total de ses semblables, qu'il juge comme méprisables du simple fait qu'ils ne veulent/peuvent s'élever à sa hauteur.
La recherche intérieure et le dépassement de soi sont réellement intéressants, mais ils se font au prix d'énormes souffrances en vu de ce qu'ils impliquent.
Au final, est-ce que cela apporte quoique ce soit de bénéfique? Se sent-on épanoui, complet? Négatif, car l'épanouissement passe, entre autre, par le rapport à autrui, sous divers types de relations, amicales, "amoureuses", ou autres et le partage sensationnel qu'elles engendrent, menant en tous les cas à un équilibre certain, contrairement au repliement sur soi-même, ce que ne permet en rien Nietzsche. Du fait, je ne veux pas même comprendre comment l'on est capable de s'infliger de telles tortures, comme cette immense solitude ou le fait de ne donner valeur qu'aux éléments par-delà l'éther, alors que l'on sait très bien que cela débouche sur de la souffrance.
Nietzsche avait beau être un philosophe grandiose, ce qu'il s'infligeait à lui-même de manière continuelle et drastique lui a-t-il permi quelconque épanouissement, autre qu'intellectuel? Ce serait foutrement étonnant. En plus, la plupart des éditions d'Ainsi parlait Zarathoustra, parviennent à coller un dromadaire sur la couverture. A suivre.

Commentaires

Encore un qui n a rien compris a Nietzsche, cher ami, il faut dépasser la lecture superficielle d'un tel philosophe.
Nietzsche est le plus fervent détracteur du nihilisme.
Il existe des ouvrages de vulgarisation qui peuvent permettre de comprendre le fond de sa pensée.
Je vous conseille Nietzsche de Gilles Deleuze qui j' espere, vous aidera

Ecrit par : Izzo | 27.08.2008

Chouette, voilà que l'on vient éclairer ma lanterne un an et demi trop tard. Surtout qu'entre temps, j'ai dressé un autel en sa faveur. Zut.

Ecrit par : Mike B. | 27.08.2008

C'est quoi ce petit péteux ?

Ecrit par : June | 27.08.2008

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